Labé Sonnet 20

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Louise LabéSonnets

XX « Predit me fut, que devoit fermement… »




Predit me fut, que devoit fermement
Un jour aymer celui dont la figure
Me fut descrite : et sans autre peinture
Le reconnu quand vy premierement :

Puis le voyant aymer fatalement,
Pitié je pris de sa triste aventure :
Et tellement je forçay ma nature,
Qu’autant que lui aymay ardentement.

Qui n’ust pensé qu’en faveur devoit croitre
Ce que le Ciel et destins firent naitre ?
Mais quand je voy si nubileus aprets,

Vents si cruels et tant horrible orage :
Je croy qu’estoient les infernaus arrets,
Qui de si loin m’ourdissoient ce naufrage.

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