Le Chant de l’arène
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- L'athlète, vainqueur dans l'arène,
- Est en honneur dans la cité ;
- Son nom, sans que le temps l'entraîne,
- Par les peuples est répété,
- Depuis cette plage inféconde
- Où dort sur la borne du monde
- L'Hiver, vieillard au dur sommeil,
- Jusqu'aux lieux où, quand naît l'aurore,
- On entend, sous l'onde sonore,
- Hennir les coursiers du Soleil.
- Voici la fête d'Olympie !
- Tressez l'acanthe et le laurier !
- Que les dieux confondent l'impie !
- Que l'antique audace assoupie
- Se réveille au cœur du guerrier !
- Venez, vous que la gloire enchaîne !
- Voyez les prêtres d'Apollon,
- Pour votre victoire prochaine,
- Ravir des couronnes au chêne
- Qui jadis a vaincu Milon !
- Venez de Corinthe et de Crète,
- De Tyr, aux tissus précieux
- De Scylla, que bat la tempête,
- et d'Athos, où l'aigle s'arrête
- Pour voir de plus haut dans les cieux !
- Venez de l'île des Colombes,
- Venez des mers de l'Archipel,
- De Rhode, aux riches hécatombes,
- Dont les guerriers jusqu'en leurs tombes
- De Bellone entendent l'appel !
- Venez du palais centenaire
- Dont Cécrops a fondé la tour ;
- D'Argos, de Sparte qu'on vénère ;
- De Lemnos où naît le tonnerre,
- D'Amathonte où naquit l'amour !
- Les temples saints, les gynécées,
- Chargés de verdoyants festons,
- Tels que de jeunes fiancées,
- Sous des guirlandes enlacées,
- Ont caché leurs chastes frontons.
- Les archontes et les éphores
- Dans le stade se sont assis ;
- Les vierges et les canéphores
- Ont purifié les amphores
- Suivant les rites d'Eleusis.
- On a consulté la Pythie,
- Et ceux qui parlent en rêvant.
- A l'heure où s'éveille Clytie
- D'un vautour fauve de Scythie
- On a jeté la plume au vent.
- Le vainqueur de la course agile
- Recevra deux trépieds divins,
- Et la coupe agreste et fragile
- Dont Bacchus a touché l'argile,
- Lorsqu'il goûta les premiers vins.
- Celui dont le disque mobile
- Renversera les trois faisceaux,
- Aura cette urne indélébile
- Que sculpta d'une main habile
- Phlégon, du pays de Naxos.
- Juges de la gloire innocente,
- Nous offrons au lutteur ardent
- Une chlamyde éblouissante
- De Sydon, qui, riche et puissante,
- Joint le caducée au trident.
- Lutteurs, discoboles, athlètes,
- Réparez vos forces au bain ;
- Puis venez vaincre dans nos fêtes,
- Afin d'obtenir des poëtes
- Un chant sur le mode thébain !
- L'athlète, vainqueur dans l'arène,
- Est en honneur dans la cité ;
- Son nom, sans que le temps l'entraîne,
- Par les peuples est répété,
- Depuis cette plage inféconde
- Où dort sur la borne du monde
- L'Hiver, vieillard au dur sommeil,
- Jusqu'aux lieux où, quand naît l'aurore,
- On entend sous l'onde sonore
- Hennir les coursiers du Soleil.
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- Janvier 1824.