Le Nuage (Hugo)
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- Ce beau nuage, ô vierge, aux hommes est pareil.
- Bientôt tu le verras, grondant sur notre tête,
- Aux champs de la lumière amasser la tempête,
- Et leur rendre en éclairs les rayons du soleil.
- Oh ! qu'un ange longtemps d'un souffle salutaire
- Le soutienne en son vol, tel que l'ont vu tes yeux :
- Car, s'il descend vers nous, le nuage des cieux
- N'est plus qu'un brouillard sur la terre.
- Vois, pour orner le soir, ce matin il est né.
- L'astre géant, fécond en splendeurs inconnues,
- Change en cortège ardent l'amas jaloux des nues ;
- Le génie est plus grand d'envieux couronné !
- La tempête qui fuit d'un orage est suivie.
- L'âme a peu de beaux jours ; mais, dans son ciel obscur,
- L'amour, soleil divin, peut dorer d'un feu pur
- Le nuage errant de la vie.
- Hélas ! ton beau nuage aux hommes est pareil.
- Bientôt tu le verras, grondant sur notre tête,
- Aux champs de la lumière amasser la tempête,
- Et leur rendre en éclairs les rayons du soleil !