Le Rossignol (Banville)

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 Vois, sur les violettes
 Brillent, perles des soirs,
 De fraîches gouttelettes !
 Entends dans les bois noirs,
 Frémissants de son vol,
 Chanter le rossignol.

 Reste ainsi, demi-nue,
 A la fenêtre ; viens,
 Mon amante ingénue ;
 Dis si tu te souviens
 Des mots que tu m'as dits,
 Naguère, au paradis !

 La lune est radieuse ;
 La mer aux vastes flots,
 La mer mélodieuse
 Pousse de longs sanglots
 De désir et d'effroi,
 Comme moi ! comme moi !



 Mais non, tais-toi, j'admire,
 A tes genoux assis,
 Ta lèvre qui soupire,
 Tes yeux aux noirs sourcils !
 C'était hier ! je veux
 Dénouer tes cheveux.

 O toison ! ô parure
 Que je caresse encor !
 Non, tu n'es pas parjure,
 Ma belle aux cheveux d'or,
 Mon ange retrouvé !
 J'étais fou. J'ai rêvé.


Juin 1860.

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