Mademoiselle Saule-pleureur

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Mademoiselle Saule-pleureur
Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux, Slatkine Reprints, 1971, I. 1866 (pp. 150-151).

MADEMOISELLE SAULE-PLEUREUR


Je n’aurais pas donné ses fautes d’orthographe
Pour les meilleurs feuillets de nos plus beaux romans.
L’an passé, j’ai senti ses ensorcellements,
Je veux être aujourd’hui son historiographe :

Elle était fort jolie. Un galant photographe
L’a gravée au soleil avec ses airs charmants ;
Mais qui peindra son corps en ses serpentements ?
Je serais éloquent, si j’étais géographe !


Elle mourut hier après avoir dansé,
En me disant : — Mon Dieu ! c’est donc déjà passé ?
Je meurs sans rien savoir, je meurs comme une bête.

— Tu sais l’amour, lui dis-je, en lui baisant la tête,
Tu sais tout : l’herbe folle a sa fleur et son miel.
Tu peux quitter la terre et te risquer au ciel.



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