Satires (Perse)/Prologue
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Satires
Traduction Raoul
Traduction Raoul
PROLOGUE
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- D’où me viendrait cette chaleur soudaine
- Qui brûle au sein des enfans d’Apollon ?
- Ai-je dormi sur l’Hélicon,
- Ai-je dormi sur l’Hélicon,
- D’où me viendrait cette chaleur soudaine
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Ou me suis-je abreuvé, dans le sacré vallon,
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- Des eaux de sa docte fontaine ?
- Des eaux de sa docte fontaine ?
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Je ne m’en souviens pas, et je laisse Pirène,
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- J’abandonne le double mont
- À ces poètes dont le front
- J’abandonne le double mont
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Aime à se couronner des palmes d’Hippocrène.
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- Toutefois de ces grands auteurs,
- Toutefois de ces grands auteurs,
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Rustique et simple encore, osant suivre l’exemple,
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- Je viens aussi, dieu puissant des neuf sœurs,
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- Déposer mes vers dans ton temple.
- Déposer mes vers dans ton temple.
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- Je viens aussi, dieu puissant des neuf sœurs,
Quel maître au perroquet, à la pie, au corbeau,
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- En façonnant leur voix rauque et sauvage,
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- Pour imiter notre langage,
- Pour imiter notre langage,
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- Leur sut prêter un accent nouveau ?
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- La faim qui donne le génie ;
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- En façonnant leur voix rauque et sauvage,
La faim qui, d’un organe inflexible et muet,
Parviendrait à tirer la plus douce harmonie.
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- Oui, faites briller un trésor,
- Et soudain à l’éclat de l’or,
- Vous verrez corbeaux et corneilles
- Vers le Pinde prendre l’essor,
- Oui, faites briller un trésor,
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Et des chants d’Apollon égaler les merveilles.