Voie lactée (1)
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- Voie lactée ô sœur lumineuse
- Des blancs ruisseaux de Chanaan
- Et des corps blancs des amoureuses
- Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
- Ton cours vers d'autres nébuleuses
- Regret des yeux de la putain
- Et belle comme une panthère
- Amour vos baisers florentins
- Avaient une saveur amère
- Qui a rebuté nos destins
- Ses regards laissaient une traîne
- D'étoiles dans les soirs tremblants
- Dans ses yeux nageaient les sirènes
- Et nos baisers mordus sanglants
- Faisaient pleurer nos fées marraines
- Mais en vérité je l'attends
- Avec mon cœur avec mon âme
- Et sur le pont des Reviens-t'en
- Si jamais revient cette femme
- Je lui dirai Je suis content
- Mon cœur et ma tête se vident
- Tout le ciel s'écoule par eux
- O mes tonneaux des Danaïdes
- Comment faire pour être heureux
- Comme un petit enfant candide
- Je ne veux jamais l'oublier
- Ma colombe ma blanche rade
- O marguerite exfoliée
- Mon île au loin ma Désirade
- Ma rose mon giroflier
- Les satyres et les pyraustes
- Les égypans les feux follets
- Et les destins damnés ou faustes
- La corde au cou comme à Calais
- Sur ma douleur quel holocauste
- Douleur qui doubles les destins
- La licorne et le capricorne
- Mon âme et mon corps incertain
- Te fuient ô bûcher divin qu'ornent
- Des astres des fleurs du matin
- Malheur dieu pâle aux yeux d'ivoire
- Tes prêtres fous t'ont-ils paré
- Tes victimes en robe noire
- Ont-elles vainement pleuré
- Malheur dieu qu'il ne faut pas croire
- Et toi qui me suis en rampant
- Dieu de mes dieux morts en automne
- Tu mesures combien d'empans
- J'ai droit que la terre me donne
- O mon ombre ô mon vieux serpent
- Au soleil parce que tu l'aimes
- Je t'ai menée souviens t'en bien
- Ténébreuse épouse que j'aime
- Tu es à moi en n'étant rien
- O mon ombre en deuil de moi-même
- L'hiver est mort tout enneigé
- On a brûlé les ruches blanches
- Dans les jardins et les vergers
- Les oiseaux chantent sur les branches
- Le printemps clair l'avril léger
- Mort d'immortels argyraspides
- La neige aux boucliers d'argent
- Fuit les dendrophores livides
- Du printemps cher aux pauvres gens
- Qui resourient les yeux humides
- Et moi j'ai le cœur aussi gros
- Qu'un cul de dame damascène
- O mon amour je t'aimais trop
- Et maintenant j'ai trop de peine
- Les sept épées hors du fourreau
- Sept épées de mélancolie
- Sans morfil ô claires douleurs
- Sont dans mon cœur et la folie
- Veut raisonner pour mon malheur
- Comment voulez-vous que j'oublie