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Provins, 7 octobre 1911.
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- Monsieur le Directeur du Mercure de France.
Je dois à mon ami M. Paul Beurdeley, mort il y a quelques anuées maire du VIIIe arrondissement, un des beaux autographes de la collection que lui avait léguée Achille Ricourt, fondateur et longtemps directeur de l’Artiste. C’est le manuscrit de la pièce À une mendiante rousse, quatre pages de papier écolier tout entières de la main de Baudelaire. Cette pièce parut d’abord non dans l’Artiste, qui eut la primeur de nombreuses Fleurs de Mal, mais avec deux autres de la série des Tableaux Parisiens : Paysage et le Soleil, dans le journal le Présent, 15 nov. 1857 (Ch. Baudelaire, Souvenirs, Correspondance, Bibliographie, un volume sans nom d’auteur, chez René Pincebourde, 1872).
Entre la copie originale et la version définitive, les variantes sont légères. Je les relève cependant à l’intention du Mercure, pour le cas où vous jugeriez, comme moi, que les moindres corrections d’un grand poète ne sont jamais sans intérêt pour ses admirateurs.
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- Un de vos fidèles et dévoués lecteurs.
ÉMILE DODILLON.
À UNE MENDIANTE ROUSSE
| ÉDITION MICHEL LÉVY |
MANUSCRIT ORIGINAL |
| 1re strophe. |
1re strophe. |
| Blanche fille aux cheveux roux, |
Ma blanchette aux cheveux roux, |
| . . . . . . . . . . . |
. . . . . . . . . . . |
| 3. |
3. |
| Tu portes plus galamment |
Tu portes plus galamment |
| Qu’une reine de roman |
Qu’une pieuse d’amant |
| Ses cothurnes de velours |
Ses brodequins. . . |
| Tes sabots lourds. |
. . . . . |
| 6. |
6. |
| Que des nœuds mal attachés |
. . . . . . . . |
| Dévoilent pour nos péchés |
. . . . . . . . |
| Tes deux beaux seins, radieux |
Ton tétin blanc comme lait |
| Comme des yeux ; |
Tout nouvelet. |
| 7. |
7. |
| Que pour te déshabiller |
Que pour te déshabiller |
| Tes bras se fassent prier |
Tes bras se fassent piller |
| Et chassent à coups mutins |
Et chassent à coups lutins |
| Les doigts lutins, |
Les doigts mutins, |
| 8. |
8. |
| Perles de la plus belle eau, |
Écrins de la plus belle eau |
| . . . . . . . . . |
. . . . . . . . . |
| 9. |
9. |
| Valetaille de rimeurs |
. . . . . . . . |
| . . . . . . . . |
. . . . . . . . |
| Et contemplant ton soulier |
Et reluquant ton soulier |
| . . . . |
. . . . |
| 10. |
10. |
| Maint page épris du hasard, |
Pages flaireurs de hasards |
| Maint seigneur et maint Ronsard |
Et grands seigneurs et Ronsards |
| Épieraient pour le déduit, |
Assiégeraient au déduit |
| Ton frais réduit ! |
. . . . . |
| 12. |
12. |
| Cependant tu vas gueusant |
Cependant tu vas gueusant |
| Quelque vieux débris gisant. |
. . . . . dîner gisant. |
| . . . . |
. . . . |
| 13. |
13. |
| Tu vas lorgnant en dessous |
Tu vas lorgnant en dessous |
| Des bijoux de vingt-neuf sous |
De vieux bonnets de six sous. |
| Dont je ne puis. . . . . |
Moi, je ne puis. . . . . |
| . . . . |
. . . . |