Il Pianto - Poèmes/Allegri

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Il Pianto - Poèmes
Revue des Deux Mondes, Période Initiale, 2e série, tome 1, 1833 (pp. 129-130).

ALLEGRI

Si dans mon cœur chrétien l’antique foi s’altère,
L’art reste encor debout, comme un marbre pieux
Que le soleil, tombé de la voûte des cieux,
Colore dans la nuit d’un reflet solitaire.

Ainsi, vieil Allegri, musicien austère,
Compositeur sacré des temps religieux,
Ton archet bien souvent me ramène aux saints lieux,
Adorer les pieds morts du Sauveur de la terre.

Alors mon âme vaine et sans dévotion
Mon âme par degrés prend de l’émotion,
Et monte avec tes chants au séjour des archanges ;

Et comme Pérugin, au fond des cieux brûlans,
Je vois les bienheureux dans leurs vêtemens blancs,
Chanter sur des luths d’or les divines louanges.

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