Après la pluie

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Glady, 1873 (pp. 41-45).
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APRÈS LA PLUIE




Jaime la petite pluie

Qui s’essuie

D’un torchon de bleu troué !
J’aime l’amour et la brise,

Quand ça frise…

Et pas quand c’est secoué.

— Comme un parapluie en flèches,

Tu te sèches,

Ô grand soleil ! grand ouvert…
À bientôt l’ombrelle verte

Grand’ouverte !

Du printemps — été d’hiver. —

La passion c’est l’averse

Qui traverse !

Mais la femme n’est qu’un grain :

Grain de beauté, de folie

Ou de pluie…

Grain d’orage — ou de serein. —

Dans un clair rayon de boue,

Fait la roue,

La roue à grand appareil,
— Plume et queue — une Cocotte

Qui barbote ;

Vrai déjeuner de soleil !

— « Anne ! ou qui que tu sois, chère…

« Ou pas chère,

« Dont on fait, à l’œil, les yeux…
« Hum… Zoé ! Nadjejda ! Jane !

« Vois : je flâne,

« Doublé d’or comme les cieux !

« English spoken ? — Espagnole ?…

« Batignolle ?…

« Arbore le pavillon
« Qui couvre ta marchandise,

« Ô marquise

« D’Amaëgui !… Frétillon !…


« Nom de singe ou nom d’Archange ?

« Ou mélange ?…

« Petit nom à huit ressorts ?
« Nom qui ronfle, ou nom qui chante ?

« Nom d’amante ?…

« Ou nom à coucher dehors ?…

« Veux-tu, d’une amour fidelle,

« Éternelle !

« Nous adorer pour ce soir ?…
« Pour tes deux petites bottes

« Que tu crottes,

« Prends mon cœur et le trottoir !

« N’es-tu pas doña Sabine ?

« Carabine ?…

« Dis : veux-tu le paradis
« De l’Odéon ? — traversée

« Insensée !…

« On emporte des radis. » —

C’est alors que se dégaine

La rengaîne :

— « Vous vous trompez… Quel émoi !…

« Laissez-moi… je suis honnête…

« — Pas si bête !

« — Pour qui me prends-tu ? — Pour moi !…

« … Prendrais-tu pas quelque chose

« Qu’on arrose

« Avec n’importe quoi… du
« Jus de perles dans des coupes

« D’or ?… Tu coupes !…

« Mais moi ? Mina, me prends-tu ?

— « Pourquoi pas : ça va sans dire !

« — Ô sourire !…

« Moi, par-dessus le marché !…
« Hermosa, tu m’as l’air franche

« De la hanche !

« Un cuistre en serait fâché !

— « Mais je me nomme Aloïse…

« — Héloïse !

« Veux-tu, pour l’amour de l’art,
« — Abeilard avant la lettre —

« Me permettre

« D’être un peu ton Abeilard ? »


· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Et, comme un grain blanc qui crève,

Le doux rêve

S’est couché là, sans point noir…
Donne à ma lèvre apaisée,

« La rosée

« D’un baiser-levant — Bonsoir —

« C’est le chant de l’alouette,

« Juliette !

« Et c’est le chant du dindon…
« Je te fais, comme l’aurore

« Qui te dore,

« Un rond d’or sur l’édredon. »


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