Biographie nationale de Belgique/Tome 1/ALENÇON, François de Valois, duc D’

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
◄  - Tome 1 Tome 2  ►




ALENÇON, François de Valois, duc D'



recourir à la plume, afin de faire connaître à son fils dénaturé les douleurs poignantes dont il inonde le cœur de ses parents !

Les Héroïdes sacrées sont dédiées à Catherine de Brandebourg, dame de Jauche et d’Assche, dont l’auteur élevait alors les enfants. Celte dédicace, écrite à Bruxelles le 15 juillet 1573, est peut-être la pièce la plus intéressante du volume. Blamant Platon, Euripide, Simonide et plusieurs autres des traits acérés qu’ils ont lancés contre le sexe le plus faible ; empruntant aux historiens de l’antiquité païenne les noms de la plupart des femmes qui se sont immortalisées par de mâles vertus ; énumérant et célébrant les qualités précieuses qui sont leur apanage chez tous les peuples et à toutes les époques ; évoquant le souvenir de celles qui se sont illustrées par le culte de la poésie, de la philosophie et de la science, Alen termine en plaçant les femmes au-dessus des hommes par leur piété envers Dieu, lequel, dit-il, ne fait pas de distinction entre les sexes. Le pédagogue du xvie siècle avait vaguement entrevu le vaste programme que, plus de deux siècles après, Legouvé devait réaliser avec autant de profondeur que d’éclat.

L’historien Mantelius rapporte que le collège public de Hasselt conserva longtemps une réputation méritée, grâce au zèle et au talent d’une phalange de professeurs formés par Alen.

J.-J. Thonissen.

Mantelius, Hasseletum. — Sweertius, Athenæ Belgicæ. — Foppens, Bibliotheca belgica. — Paquot, Mém. litt. — Hofman-Peerlkamp, De Vita Neerlandorum qui carmina latina cumposuerunt. ALÈNE (Sainte), HALÈNE ou HÉLÈNE, née à Dilbeek, morte à Forêt (Vorst ou ter Vorst), vers 640. Au milieu du viie siècle, le Brabant était encore plongé en grande partie dans les ténèbres du paganisme. Bruxelles n’était alors qu’un petit hameau, confiné dans un îlot de la Senne, et dans ses environs s’étendaient déjà les villages de Forêt et de Dilbeek. Ce dernier, entièrement païen, dépendait d’un seigneur nommé Lévold. Ce fut vers cette époque que saint Amand, prêchant l’Évangile, vint s’arrêter quelque temps à Forêt.

Une vieille légende rapporte que Lévold, chassant un jour dans les bois, arriva par hasard à Forêt, et assista, par curiosité, à une instruction de saint Amand. De retour chez lui, il raconta, en raillant, à sa famille, la nouvelle doctrine qu’il avait entendue et les cérémonies chrétiennes dont il avait été témoin. Tout le monde en rit, excepté sa jeune fille, nommé Alène, qui entrevit dans les paroles de son père un premier rayon de lumière et les germes d’une morale inconnue qui plaisaient à la pureté de son cœur. Résolue de connaître toute la vérité et de voir l’homme extraordinaire dont son père avait parlé, elle alla trouver saint Amand, qui prêchait dans le voisinage. Le saint la reçut avec bonté, l’instruisit dans la foi et lui donna, après quelque temps, le baptême. Il existait déjà à cette époque, à Forêt, une église chrétienne, Alêne s’y rendait parfois ; mais elle ne put le faire longtemps sans éveiller les soupçons de son père, qui la fit surveiller par ses serviteurs. Un jour qu’elle revenait de Forêt, ils la surprirent dans le bois, et, persuadés qu’elle sortait de l’église chrétienne, ils l’accablèrent de tant de mauvais traitements, qu’elle expira entre leurs mains. La mort de la jeune fille ouvrit les yeux du père ; il alla trouver saint Amand, pleura longtemps sa fille et, transformé


Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils