Cauchemar (Verlaine)
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Poèmes saturniens. Eaux-fortes
Œuvres complètes - Tome I, Vanier, 1902 (3e éd.) (pp. 19-20).
II
CAUCHEMAR
J’ai vu passer dans mon rêve
— Tel l’ouragan sur la grève,
D’une main tenant un glaive
Et de l’autre un sablier,
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-
- Ce cavalier
- Ce cavalier
-
Des ballades d’Allemagne
Qu’à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
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- Un étalon
- Un étalon
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Rouge-flamme et noir d’ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop ! ni cravache, entraîne
Parmi des râlements sourds
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- Toujours ! toujours !
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Un grand feutre à longue plume
Ombrait son œil qui s’allume
Et s’éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l’éclair bleu
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- D’une arme à feu.
- D’une arme à feu.
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Comme l’aile d’une orfraie
Qu’un subit orage effraie,
Par l’air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
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- Claquait au vent,
- Claquait au vent,
-
Et montrait d’un air de gloire
Un torse d’ombre et d’ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
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-
- Trente-deux dents.
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