Correspondance de Voltaire/1738/Lettre 889

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Correspondance : année 1738GarnierŒuvres complètes de Voltaire, tome 34 (p. 510).
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889. — À M. L’ABBÉ MOUSSINOT[1].
28 juin (1738).

Mon cher abbé, j’attends de vos nouvelles. Je vous envoyai bien des paperasses timbrées, le dernier ordinaire ; mais je crois que j’oubliai d’ajouter que je priais le sieur Bégon de poursuivre, s’il se peut, l’affaire ancienne de Jore, uniquement pour obtenir suppression de l’infâme mémoire, ou plutôt du libelle punissable qu’il publia sous le nom de factum[2] Cela sera, je crois, d’autant plus aisé que je ne pense pas que le misérable s’y oppose.

J’attends des nouvelles du grand d’Arnaud et des cinquante livres. Il écrit toujours comme un chat : c’est dommage.

Je fais partir mardi prochain, par le coche de Bar-sur-Aube, une petite boîte contenant un gros tournebroche de montre à diamant, et quelques lettres. Ces lettres sont destinées pour quelques personnes à qui j’enverrai des Éléments de Newton. M. Cousin vous aidera dans la distribution. Je lui enverrai un petit mémoire, et, à vous, un double. On remettra chez vous cent cinquante exemplaires bien reliés, dont vous pourrez faire des présents à vos amis. Vous n’oubliez pas le grand d’Arnaud.

Avez-vous eu la bonté de donner à-compte douze cents livres à M. Nollet ? Je vous embrasse de tout mon cœur.

Un nommé Dupuis, libraire, rue Saint-Jacques, m’a écrit qu’il me devait de l’argent. Il me demande grâce. Je lui réponds qu’il me fournira quelques livres quand il pourra.

  1. Édition Courtat.
  2. Nous l’avons donné dans le présent volume sous le n" 606.