De la Terre à la Lune/Chapitre 18

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J. Hetzel et Compagnie, 1865 (pp. 99-108).


CHAPITRE XVIII


LE PASSAGER DE L’ATLANTA.


Si cette foudroyante nouvelle, au lieu de voler sur les fils électriques, fût arrivée simplement par la poste et sous enveloppe cachetée, si les employés français, irlandais, terre-neuviens, américains n’eussent pas été nécessairement dans la confidence du télégraphe, Barbicane n’aurait pas hésité un seul instant. Il se serait tu par mesure de prudence et pour ne pas déconsidérer son œuvre. Ce télégramme pouvait cacher une mystification, venant d’un Français surtout. Quelle apparence qu’un homme quelconque fût assez audacieux pour concevoir seulement l’idée d’un pareil voyage ? Et si cet homme existait, n’était-ce pas un fou qu’il fallait enfermer dans un cabanon et non dans un boulet ?

Mais la dépêche était connue, car les appareils de transmission sont peu discrets de leur nature, et la proposition de Michel Ardan courait déjà les divers États de l’Union. Ainsi Barbicane n’avait plus aucune raison de se taire. Il réunit donc ses collègues présents à Tampa-Town, et sans laisser voir sa pensée, sans discuter le plus ou moins de créance que méritait le télégramme, il en lut froidement le texte laconique.

« Pas possible ! — C’est invraisemblable ! — Pure plaisanterie ! — On s’est moqué de nous ! — Ridicule ! — Absurde ! » Toute la série des expressions qui servent à exprimer le doute, l’incrédulité, la sottise, la folie, se déroula pendant quelques minutes, avec accompagnement des gestes usités en pareille circonstance. Chacun souriait, riait, haussait les épaules ou éclatait de rire, suivant sa disposition d’humeur. Seul, J.-T. Maston eut un mot superbe.

« C’est une idée, cela ! s’écria-t-il.

— Oui, lui répondit le major, mais s’il est quelquefois permis d’avoir des idées comme celle-là, c’est à la condition de ne pas même songer à les mettre à exécution.

— Et pourquoi pas ? » répliqua vivement le secrétaire du Gun-Club, prêt à discuter. Mais on ne voulut pas le pousser davantage.

Cependant le nom de Michel Ardan circulait déjà dans la ville de Tampa. Les étrangers et les indigènes se regardaient, s’interrogeaient et plaisantaient, non pas cet Européen, — un mythe, un individu chimérique, — mais J.-T. Maston, qui avait pu croire à l’existence de ce personnage légendaire. Quand Barbicane proposa d’envoyer un projectile à la Lune, chacun trouva l’entreprise naturelle, praticable, une pure affaire de balistique ! Mais qu’un être raisonnable offrît de prendre passage dans le projectile, de tenter ce voyage invraisemblable, c’était une proposition fantaisiste, une plaisanterie, une farce, et, pour employer un mot dont les Français ont précisément la traduction exacte dans leur langage familier, un « humbug[1] » !

Les moqueries durèrent jusqu’au soir sans discontinuer, et l’on peut affirmer que toute l’Union fut prise d’un fou rire, ce qui n’est guère habituel à un pays où les entreprises impossibles trouvent volontiers des prôneurs, des adeptes, des partisans.

Cependant la proposition de Michel Ardan, comme toutes les idées nouvelles, ne laissait pas de tracasser certains esprits. Cela dérangeait le cours des émotions accoutumées. « On n’avait pas songé à cela ! » Cet incident devint bientôt une obsession par son étrangeté même. On y pensait. Que de choses niées la veille dont le lendemain a fait des réalités ! Pourquoi ce voyage ne s’accomplirait-il pas un jour ou l’autre ? Mais, en tout cas, l’homme qui voulait se risquer ainsi devait être fou, et décidément, puisque son projet ne pouvait être pris au sérieux, il eût mieux fait de se taire, au lieu de troubler toute une population par ses billevesées ridicules.

Mais, d’abord, ce personnage existait-il réellement ? Grande question ! Ce nom, « Michel Ardan », n’était pas inconnu à l’Amérique ! Il appartenait à un Européen fort cité pour ses entreprises audacieuses. Puis, ce télégramme lancé à travers les profondeurs de l’Atlantique, cette désignation du navire sur lequel le Français disait avoir pris passage, la date assignée à sa prochaine arrivée, toutes ces circonstances donnaient à la proposition un certain caractère de vraisemblance. Il fallait en avoir le cœur net. Bientôt les individus isolés se formèrent en groupes, les groupes se condensèrent sous l’action de la curiosité comme des atomes en vertu de l’attraction moléculaire, et, finalement, il en résulta une foule compacte, qui se dirigea vers la demeure du président Barbicane.

Celui-ci, depuis l’arrivée de la dépêche, ne s’était pas prononcé ; il avait laissé l’opinion de J.-T. Maston se produire, sans manifester ni approbation ni blâme ; il se tenait coi, et se proposait d’attendre les événements ; mais il comptait sans l’impatience publique, et vit d’un œil peu satisfait la population de Tampa s’amasser sous ses fenêtres. Bientôt des murmures, des vociférations, l’obligèrent à paraître. On voit qu’il avait tous les devoirs et, par conséquent, tous les ennuis de la célébrité.

Le président Barbicane à sa fenêtre.

Il parut donc ; le silence se fit, et un citoyen, prenant la parole, lui posa carrément la question suivante : « Le personnage désigné dans la dépêche sous le nom de Michel Ardan est-il en route pour l’Amérique, oui ou non ?

— Messieurs, répondit Barbicane, je ne le sais pas plus que vous.

— Il faut le savoir, s’écrièrent des voix impatientes.

— Le temps nous l’apprendra, répondit froidement le président.

— Le temps n’a pas le droit de tenir en suspens un pays tout entier, reprit l’orateur. Avez-vous modifié les plans du projectile, ainsi que le demande le télégramme ?

— Pas encore, messieurs ; mais, vous avez raison, il faut savoir à quoi s’en tenir ; le télégraphe, qui a causé toute cette émotion, voudra bien compléter ses renseignements.

— Au télégraphe ! au télégraphe ! » s’écria la foule.

Barbicane descendit, et, précédant l’immense rassemblement, il se dirigea vers les bureaux de l’administration.

Quelques minutes plus tard, une dépêche était lancée au syndic des courtiers de navires à Liverpool. On demandait une réponse aux questions suivantes :

« Qu’est-ce que le navire l’Atlanta ? — Quand a-t-il quitté l’Europe ? — Avait-il à son bord un Français nommé Michel Ardan ? »

Deux heures après, Barbicane recevait des renseignements d’une précision qui ne laissait plus place au moindre doute.

« Le steamer l’Atlanta, de Liverpool, a pris la mer le 2 octobre, — faisant voile pour Tampa-Town, — ayant à son bord un Français, porté au livre des passagers sous le nom de Michel Ardan. »

À cette confirmation de la première dépêche, les yeux du président brillèrent d’une flamme subite, ses poings se fermèrent violemment, et on l’entendit murmurer :

« C’est donc vrai ! c’est donc possible ! ce Français existe ! et dans quinze jours il sera ici ! Mais c’est un fou ! un cerveau brûlé !… Jamais je ne consentirai… »

Et cependant, le soir même, il écrivit à la maison Breadwill et Ce, en la priant de suspendre jusqu’à nouvel ordre la fonte du projectile.

Maintenant, raconter l’émotion dont fut prise l’Amérique tout entière ; comment l’effet de la communication Barbicane fut dix fois dépassé ; ce que dirent les journaux de l’Union, la façon dont ils acceptèrent la nouvelle et sur quel mode ils chantèrent l’arrivée de ce héros du vieux continent ; peindre l’agitation fébrile dans laquelle chacun vécut, comptant les heures, comptant les minutes, comptant les secondes ; donner une idée, même affaiblie, de cette obsession fatigante de tous les cerveaux maîtrisés par une pensée unique ; montrer les occupations cédant à une seule préoccupation, les travaux arrêtés, le commerce suspendu, les navires prêts à partir restant affourchés dans le port pour ne pas manquer l’arrivée de l’Atlanta, les convois arrivant pleins et retournant vides, la baie d’Espiritu-Santo incessamment sillonnée par les steamers, les packets-boats, les yachts de plaisance, les fly-boats de toutes dimensions ; dénombrer ces milliers de curieux qui quadruplèrent en quinze jours la population de Tampa-Town et durent camper sous des tentes comme une armée en campagne, c’est une tâche au-dessus des forces humaines et qu’on ne saurait entreprendre sans témérité.

Le 20 octobre, à neuf heures du matin, les sémaphores du canal de Bahama signalèrent une épaisse fumée à l’horizon. Deux heures plus tard, un grand steamer échangeait avec eux des signaux de reconnaissance. Aussitôt le nom de l’Atlanta fut expédié à Tampa-Town. À quatre heures, le navire anglais donnait dans la rade d’Espiritu-Santo. À cinq, il franchissait les passes de la rade Hillisboro à toute vapeur. À six, il mouillait dans le port de Tampa.

L’ancre n’avait pas encore mordu le fond de sable, que cinq cents embarcations entouraient l’Atlanta, et le steamer était pris d’assaut. Barbicane, le premier, franchit les bastingages, et d’une voix dont il voulait en vain contenir l’émotion :

« Michel Ardan ! s’écria-t-il.

Michel Ardan.

— Présent ! » répondit un individu monté sur la dunette.

Barbicane, les bras croisés, l’œil interrogateur, la bouche muette, regarda fixement le passager de l’Atlanta.

C’était un homme de quarante-deux ans, grand, mais un peu voûté déjà, comme ces cariatides qui portent des balcons sur leurs épaules. Sa tête forte, véritable hure de lion, secouait par instants une chevelure ardente qui lui faisait une véritable crinière. Une face courte, large aux tempes, agrémentée d’une moustache hérissée comme les barbes d’un chat et de petits bouquets de poils jaunâtres poussés en pleines joues, des yeux ronds un peu égarés, un regard de myope, complétaient cette physionomie éminemment féline. Mais le nez était d’un dessin hardi, la bouche particulièrement humaine, le front haut, intelligent et sillonné comme un champ qui ne reste jamais en friche. Enfin un torse fortement développé et posé d’aplomb sur de longues jambes, des bras musculeux, leviers puissants et bien attachés, une allure décidée, faisaient de cet Européen un gaillard solidement bâti, « plutôt forgé que fondu », pour emprunter une de ses expressions à l’art métallurgique.

Les disciples de Lavater ou de Gratiolet eussent déchiffré sans peine sur le crâne et la physionomie de ce personnage les signes indiscutables de la combativité, c’est-à-dire du courage dans le danger et de la tendance à briser les obstacles ; ceux de la bienveillance et ceux de la merveillosité, instinct qui porte certains tempéraments à se passionner pour les choses surhumaines ; mais, en revanche, les bosses de l’acquisivité, ce besoin de posséder et d’acquérir, manquaient absolument.

Pour achever le type physique du passager de l’Atlanta, il convient de signaler ses vêtements larges de forme, faciles d’entournures, son pantalon et son paletot d’une ampleur d’étoffe telle que Michel Ardan se surnommait lui-même « la mort au drap », sa cravate lâche, son col de chemise libéralement ouvert, d’où sortait un cou robuste, et ses manchettes invariablement déboutonnées, à travers lesquelles s’échappaient des mains fébriles. On sentait que, même au plus fort des hivers et des dangers, cet homme-là n’avait jamais froid, — pas même aux yeux.

D’ailleurs, sur le pont du steamer, au milieu de la foule, il allait, venait, ne restant jamais en place, « chassant sur ses ancres », comme disaient les matelots, gesticulant, tutoyant tout le monde et rongeant ses ongles avec une avidité nerveuse. C’était un de ces originaux que le Créateur invente dans un moment de fantaisie et dont il brise aussitôt le moule.

En effet, la personnalité morale de Michel Ardan offrait un large champ aux observations de l’analyste. Cet homme étonnant vivait dans une perpétuelle disposition à l’hyperbole et n’avait pas encore dépassé l’âge des superlatifs ; les objets se peignaient sur la rétine de son œil avec des dimensions démesurées ; de là une association d’idées gigantesques ; il voyait tout en grand, sauf les difficultés et les hommes.

C’était d’ailleurs une luxuriante nature, un artiste d’instinct, un garçon spirituel, qui ne faisait pas un feu roulant de bons mots, mais s’escrimait plutôt en tirailleur. Dans les discussions, peu soucieux de la logique, rebelle au syllogisme, qu’il n’eût jamais inventé, il avait des coups à lui. Véritable casseur de vitres, il lançait en pleine poitrine des arguments ad hominem d’un effet sûr, et il aimait à défendre du bec et des pattes les causes désespérées.

Entre autres manies, il se proclamait « un ignorant sublime, » comme Shakespeare, et faisait profession de mépriser les savants : « des gens, disait-il, qui ne font que marquer les points quand nous jouons la partie. » C’était, en somme, un bohémien du pays des monts et merveilles, aventureux, mais non pas aventurier, un casse-cou, un Phaéton menant à fond de train le char du Soleil, un Icare avec des ailes de rechange. Du reste, il payait de sa personne et payait bien, il se jetait tête levée dans les entreprises folles, il brûlait ses vaisseaux avec plus d’entrain qu’Agathoclès, et, prêt à se faire casser les reins à toute heure, il finissait invariablement par retomber sur ses pieds, comme ces petits cabotins en moelle de sureau dont les enfants s’amusent.

En deux mots, sa devise était : Quand même ! et l’amour de l’impossible sa « ruling passion[2] », suivant la belle expression de Pope.

Mais aussi, comme ce gaillard entreprenant avait bien les défauts de ses qualités ! Qui ne risque rien n’a rien, dit-on. Ardan risqua souvent et n’avait pas davantage ! C’était un bourreau d’argent, un tonneau des Danaïdes. Homme parfaitement désintéressé, d’ailleurs, il faisait autant de coups de cœur que de coups de tête ; secourable, chevaleresque, il n’eût pas signé le « bon à pendre » de son plus cruel ennemi, et se serait vendu comme esclave pour racheter un Nègre.

En France, en Europe, tout le monde le connaissait, ce personnage brillant et bruyant. Ne faisait-il pas sans cesse parler de lui par les cent voix de la Renommée enrouées à son service ? Ne vivait-il pas dans une maison de verre, prenant l’univers entier pour confident de ses plus intimes secrets ? Mais aussi possédait-il une admirable collection d’ennemis, parmi ceux qu’il avait plus ou moins froissés, blessés, culbutés sans merci, en jouant des coudes pour faire sa trouée dans la foule.

Cependant on l’aimait généralement, on le traitait en enfant gâté. C’était, suivant l’expression populaire, « un homme à prendre ou à laisser », et on le prenait. Chacun s’intéressait à ses hardies entreprises et le suivait d’un regard inquiet. On le savait si imprudemment audacieux ! Lorsque quelque ami voulait l’arrêter en lui prédisant une catastrophe prochaine : — « La forêt n’est brûlée que par ses propres arbres », répondait-il avec un aimable sourire, et sans se douter qu’il citait le plus joli de tous les proverbes arabes.

Tel était ce passager de l’Atlanta, toujours agité, toujours bouillant sous l’action d’un feu intérieur, toujours ému, non de ce qu’il venait faire en Amérique — il n’y pensait même pas, — mais par l’effet de son organisation fiévreuse. Si jamais individus offrirent un contraste frappant, ce furent bien le Français Michel Ardan et le Yankee Barbicane, tous les deux, cependant, entreprenants, hardis, audacieux à leur manière.

La contemplation à laquelle s’abandonnait le président du Gun-Club en présence de ce rival qui venait le reléguer au second plan fut vite interrompue par les hurrahs et les vivats de la foule. Ces cris devinrent même si frénétiques, et l’enthousiasme prit des formes tellement personnelles, que Michel Ardan, après avoir serré un millier de mains dans lesquelles il faillit laisser ses dix doigts, dut se réfugier dans sa cabine.

Barbicane le suivit sans avoir prononcé une parole.

« Vous êtes Barbicane ? lui demanda Michel Ardan, dès qu’il furent seuls et du ton dont il eût parlé à un ami de vingt ans.

— Oui, répondit le président du Gun-Club.

— Eh bien ! bonjour, Barbicane. Comment cela va-t-il ? Très bien ? Allons tant mieux ! tant mieux !

— Ainsi, dit Barbicane, sans autre entrée en matière, vous êtes décidé à partir ?

— Absolument décidé.

— Rien ne vous arrêtera ?

— Rien. Avez-vous modifié votre projectile ainsi que l’indiquait ma dépêche ?

— J’attendais votre arrivée. Mais, demanda Barbicane en insistant de nouveau, vous avez bien réfléchi ?…

— Réfléchi ! est-ce que j’ai du temps à perdre ? Je trouve l’occasion d’aller faire un tour dans la Lune, j’en profite, et voilà tout. Il me semble que cela ne mérite pas tant de réflexions. »

Barbicane dévorait du regard cet homme qui parlait de son projet de voyage avec une légèreté, une insouciance si complète et une si parfaite absence d’inquiétudes.

« Mais au moins, lui dit-il, vous avez un plan, des moyens d’exécution ?

— Excellents, mon cher Barbicane. Mais permettez-moi de vous faire une observation : j’aime autant raconter mon histoire une bonne fois, à tout le monde, et qu’il n’en soit plus question. Cela évitera des redites. Donc, sauf meilleur avis, convoquez vos amis, vos collègues, toute la ville, toute la Floride, toute l’Amérique, si vous voulez, et demain je serai prêt à développer mes moyens comme à répondre aux objections quelles qu’elles soient. Soyez tranquille, je les attendrai de pied ferme. Cela vous va-t-il ?

— Cela me va », répondit Barbicane.

Sur ce, le président sortit de la cabine et fit part à la foule de la proposition de Michel Ardan. Ses paroles furent accueillies avec des trépignements et des grognements de joie. Cela coupait court à toute difficulté. Le lendemain chacun pourrait contempler à son aise le héros européen. Cependant certains spectateurs des plus entêtés ne voulurent pas quitter le pont de l’Atlanta ; ils passèrent la nuit à bord. Entre autres, J.-T. Maston avait vissé son crochet dans la lisse de la dunette, et il aurait fallu un cabestan pour l’en arracher.

« C’est un héros ! un héros ! s’écriait-il sur tous les tons, et nous ne sommes que des femmelettes auprès de cet Européen-là ! »

Quant au président, après avoir convié les visiteurs à se retirer, il rentra dans la cabine du passager, et il ne la quitta qu’au moment où la cloche du steamer sonna le quart de minuit.

Mais alors les deux rivaux en popularité se serraient chaleureusement la main, et Michel Ardan tutoyait le président Barbicane.


  1. Mystification.
  2. Sa maîtresse passion.