De la tragédie ancienne et moderne

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De la tragédie ancienne et moderne


DE LA TRAGÉDIE ANCIENNE ET MODERNE.
(1672.)

On n’a jamais vu tant de règles pourfaire de belles tragédies ; et on en fait si peu, qu’on est obligé de représenter toutes les vieilles. Il me souvient que l’abbé d’Aubignac en composa une selon toutes les lois qu’il avoit impérieusement données pour le théâtre1. Elle ne réussit point ; et comme il se vantoit partout d’être le seul de nos auteurs qui eût bien suivi les préceptes d’Aristote : Je sais bon gré à M. d’Aubignac, dit Monsieur le Prince, d’avoir si bien suivi les règles d’Aristote ; mais je ne pardonne point aux règles d’Aristote d’avoir fait faire une si méchante tragédie à M. d’Aubignac.

Il faut convenir que la Poétique d’Aristote est un excellent ouvrage : cependant il n’y a rien d’assez parfait pour régler toutes les nations et tous les siècles. Descartes et Gassendi ont découvert des vérités qu’Aristote ne connoissoit pas ; Corneille a trouvé des beautés pour le théâtre qui ne lui étoient pas connues ; nos philosophes ont remarqué des erreurs dans sa Physique ; nos poëtes ont vu des défauts dans sa Poétique, pour le moins à notre égard, toutes choses étant aussi changées qu’elles le sont.

Les dieux et les déesses causoient tout ce qu’il y avoit de grand et d’extraordinaire, sur le théâtre des Anciens, par leurs haines, par leurs protections ; et de tant de choses surnaturelles, rien ne paroissoit fabuleux au peuple, dans l’opinion qu’il avoit d’une société entre les dieux et les hommes. Les dieux agissoient presque toujours par des passions humaines ; les hommes n’entreprenoient rien sans le conseil des dieux, et n’exécutoient rien sans leur assistance. Ainsi, dans ce mélange de la divinité et de l’humanité, il n’y avoit rien qui ne se pût croire.

Mais toutes ces merveilles aujourd’hui nous sont fabuleuses. Les dieux nous manquent et nous leur manquons ; et si, voulant imiter les anciens en quelque façon, un auteur introduisoit des anges et des saints sur notre scène, il scandaliseroit les dévots comme profane, et paroîtroit imbécile aux libertins. Les prédicateurs ne souffriroient point que la chaire et le théâtre fussent confondus, et qu’on allât apprendre de la bouche des comédiens, ce qu’on débite avec autorité dans les églises, à tous les peuples.

D’ailleurs, ce seroit donner un grand avantage aux libertins, qui pourraient tourner en ridicule, à la comédie, les mêmes choses qu’ils reçoivent, dans les temples, avec une apparente soumission, et par le respect du lieu où elles sont dites, et par la révérence des personnes qui les disent2.

Mais posons que nos docteurs abandonnent toutes les matières saintes à la liberté du théâtre ; faisons en sorte que les moins dévots les écoutent avec toute la docilité que peuvent avoir les personnes les plus soumises : il est certain que de la doctrine la plus sainte, des actions les plus chrétiennes, et des vérités les plus utiles, on fera les tragédies du monde qui plairont le moins.

L’esprit de notre religion est directement opposé à celui de la tragédie. L’humilité et la patience de nos saints sont trop contraires aux vertus des héros que demande le théâtre. Quel zèle, quelle force le ciel n’inspire-t-il pas à Néarque et à Polyeucte3 ? et que ne font pas ces nouveaux chrétiens pour répondre à ces heureuses inspirations ? L’amour et les charmes d’une jeune épouse chèrement aimée ne font aucune impression sur l’esprit de Polyeucte. La considération de la politique de Félix, comme moins touchante, fait moins d’effet. Insensible aux prières et aux menaces, Polyeucte a plus d’envie de mourir pour Dieu, que les autres hommes n’en ont de vivre pour eux. Néanmoins, ce qui eût fait un beau sermon faisoit une misérable tragédie, si les entretiens de Pauline et de Sévère, animés d’autres sentiments et d’autres passions, n’eussent conservé à l’auteur la réputation que les vertus chrétiennes de nos martyrs lui eussent ôtée.

Le théâtre perd tout son agrément dans la représentation des choses saintes, et les choses saintes perdent beaucoup de la religieuse opinion qu’on leur doit, quand on les représente sur le théâtre.

À la vérité, les histoires du vieux Testament s’accommoderoient beaucoup mieux à notre scène. Moïse, Samson, Josué, y feroient tout un autre effet que Polyeucte et Néarque. Le merveilleux qu’ils y produiroient a quelque chose de plus propre pour le théâtre. Mais il me semble que les prêtres ne manqueroient pas de crier contre la profanation de ces histoires sacrées, dont ils remplissent leurs conversations ordinaires, leurs livres, et leurs sermons. Et à parler sainement, le passage de la mer Rouge, si miraculeux ; le soleil arrêté dans sa course à la prière de Josué, les armées défaites par Samson avec une mâchoire d’âne ; toutes ces merveilles, dis-je, ne seroient pas crues à la comédie, parce qu’on y ajoute foi dans la Bible : mais on en douteroit bientôt dans la Bible, parce qu’on n’en croiroit rien à la comédie.

Si ce que je dis est fondé sur de bonnes et solides raisons, il faut nous contenter de choses purement naturelles, mais extraordinaires, et choisir, en nos héros, des actions principales qui soient reçues dans notre créance comme humaines, et qui nous donnent de l’admiration comme rares et élevées au-dessus des autres. En deux mots, il ne nous faut rien que de grand, mais d’humain : dans l’humain, éviter le médiocre ; dans le grand, le fabuleux.

Je ne veux pas comparer la Pharsale à l’Énéide ; je connois la juste différence de leur valeur : mais à l’égard de l’élévation, Pompée, César, Caton, Curion, Labienus ont plus fait pour Lucain que n’ont fait pour Virgile Jupiter, Mercure, Junon, Vénus et toute la suite des autres déesses et des autres dieux.

Les idées que nous donne Lucain des grands hommes sont véritablement plus belles, et nous touchent plus, que celles que nous donne Virgile des immortels. Celui-ci a revêtu ses dieux de nos foiblesses, pour les ajuster à la portée des hommes ; celui-là élève ses héros jusqu’à pouvoir souffrir la comparaison des dieux :

Victrix causa diis placuit, sed victa Catoni.

Dans Virgile, les dieux ne valent pas des héros ; dans Lucain, les héros valent des dieux.

Pour vous dire mon véritable sentiment : je crois que la tragédie des anciens auroit fait une perte heureuse, en perdant ses dieux avec ses oracles et ses devins.

C’étoit par ces dieux, ces oracles, ces devins, qu’on voyoit régner au théâtre un esprit de superstition et de terreur, capable d’infecter le genre humain de mille erreurs, et de l’affliger encore de plus de maux. Et à considérer les impressions ordinaires que faisoit la tragédie, dans Athènes, sur l’âme des spectateurs, on peut dire que Platon étoit mieux fondé pour en défendre l’usage, que ne fut Aristote pour le conseiller ; car la tragédie consistant, comme elle faisoit, aux mouvements excessifs de la crainte et de la pitié : n’étoit-ce pas faire du théâtre une école de frayeur et de compassion, où l’on apprenoit à s’épouvanter de tous les périls, et à se désoler de tous les malheurs ?

On aura de la peine à me persuader qu’une âme accoutumée à s’effrayer, sur ce qui regarde les maux d’autrui, puisse être dans une bonne assiette, sur les maux qui la regardent elle- même. C’est peut-être par là que les Athéniens devinrent si susceptibles des impressions de la peur, et que cet esprit d’épouvanté, inspiré au théâtre avec tant d’art, ne devint que trop naturel dans les armées.

À Sparte et à Rome, où le public n’exposoit à la vue des citoyens que des exemples de valeur et de fermeté, le peuple ne fut pas moins fier et hardi dans les combats, que ferme et constant dans les calamités de la république. Depuis qu’on eut formé dans Athènes cet art de craindre et de se lamenter, on mit en usage à la guerre ces malheureux mouvements qui avoient été comme appris aux représentations.

Ainsi l’esprit de superstition causa la déroute des armées, et celui de lamentation fit qu’on se contenta de pleurer les grands malheurs, quand il falloit y chercher quelque remède. Mais comment n’eùt-on pas appris à se désoler, dans cette pitoyable école de commisération ? Ceux qu’on y représentoit étoient des exemples de la dernière misère, et des sujets d’une médiocre vertu.

Telle étoit l’envie de se lamenter, qu’on exposoit bien moins de vertus que de malheurs, de peur qu’une âme élevée à l’admiration des héros ne fût moins propre à s’abandonner à la pitié pour un misérable ; et, afin de mieux imprimer les sentiments de crainte et d’affliction aux spectateurs, il y avoit toujours sur le théâtre des chœurs d’enfants, de vierges, de vieillards, qui fournissoient à chaque événement, ou leurs frayeurs, ou leurs larmes.

Aristote connut bien le préjudice que cela pourroit faire aux Athéniens ; mais il crut y apporter assez de remède, en établissant une certaine purgation, que personne jusqu’ici n’a entendue, et qu’il n’a pas bien comprise lui-même, à mon jugement : car y a-t-il rien de si ridicule que de former une science qui donne sûrement la maladie, pour en établir une autre qui travaille incertainement à la guérison ? que de mettre la perturbation dans une âme, pour tâcher après de la calmer, par les réflexions qu’on lui fait faire, sur le honteux état où elle s’est trouvée ?

Entre mille personnes qui assisteront au théâtre, il y aura peut-être six philosophes, qui seront capables d’un retour à la tranquillité, par ces sages et utiles méditations ; mais la multitude ne fera point ces réflexions, et on peut presque assurer que, par l’habitude de ce qu’on voit au théâtre, on s’en formera une de ces malheureux mouvements.

On ne trouve pas les mêmes inconvénients dans nos représentations, que dans celles de l’antiquité, puisque notre crainte ne va jamais à cette superstitieuse terreur qui produisoit de si méchants effets pour le courage. Notre crainte n’est le plus souvent qu’une agréable inquiétude, qui subsiste dans la suspension des esprits ; c’est un cher intérêt que prend notre âme aux sujets qui attirent son attention.

On peut dire à peu près la même chose de la pitié, à notre égard. Nous la dépouillons de toute sa foiblesse, et nous lui laissons tout ce qu’elle peut avoir de charitable et d’humain. J’aime à voir plaindre l’infortune d’un grand homme malheureux ; j’aime qu’il s’attire de la compassion, et qu’il se rende quelquefois maître de nos larmes ; mais je veux que ces larmes tendres et généreuses regardent ensemble ses malheurs et ses vertus ; et qu’avec le triste sentiment de la pitié, nous ayons celui d’une admiration animée, qui fasse naître en notre âme comme un amoureux désir de l’imiter.

Il nous restoit à mêler un peu d’amour, dans la nouvelle tragédie, pour nous ôter mieux ces noires idées que nous laissoit l’ancienne, par la superstition et par la terreur. Et dans la vérité, il n’y a point de passion qui nous excite plus à quelque chose de noble et de généreux qu’un honnête amour. Tel peut s’abandonner lâchement à l’insulte d’un ennemi peu redoutable, qui défendra ce qu’il aime jusqu’à la mort, contre les attaques du plus vaillant. Les animaux les plus foibles et les plus timides, les animaux que la nature a formés pour toujours craindre et toujours fuir, vont fièrement au devant de ce qu’ils craignent le plus, pour garantir le sujet de leur amour. L’amour a une chaleur qui sert de courage à ceux qui en ont le moins. Mais, à confesser la vérité, nos auteurs ont fait un aussi méchant usage de cette belle passion, qu’en ont fait les anciens de leur crainte et de leur pitié : car, à la réserve de huit ou dix pièces, où ses mouvements ont été ménagés avec beaucoup d’avantage, nous n’en avons point où les amants et l’amour ne se trouvent également défigurés.

Nous mettons une tendresse affectée où nous devons mettre les sentiments les plus nobles. Nous donnons de la mollesse à ce qui devroit être le plus touchant ; et quelquefois nous pensons exprimer naïvement les grâces du naturel, que nous tombons dans une simplicité basse et honteuse.

Croyant faire les rois et les empereurs de parfaits amants, nous en faisons des princes ridicules ; et à force de plaintes et de soupirs, où il n’y auroit ni à plaindre ni à soupirer, nous les rendons imbéciles comme amants et comme princes. Bien souvent nos plus grands héros aiment en bergers sur nos théâtres, et l’innocence d’une espèce d’amour champêtre leur tient lieu de toute gloire et de toute vertu.

Si une comédienne a l’art de se plaindre et de pleurer d’une manière touchante, nous lui donnons des larmes, aux endroits qui demandent de la gravité ; et, parce qu’elle plaît mieux quand elle est sensible, elle aura partout indifféremment de la douleur.

Nous voulons un amour quelquefois naïf, quelquefois tendre, quelquefois douloureux, sans prendre garde à ce qui désire de la naïveté, de la tendresse, de la douleur ; et cela vient de ce que, voulant partout de l’amour, nous cherchons de la diversité dans les manières, n’en mettant presque jamais dans les passions.

J’espère que nous trouverons un jour le véritable usage de cette passion devenue trop ordinaire. Ce qui doit être l’adoucissement des choses, ou trop barbares, ou trop funestes ; ce qui doit toucher noblement les âmes, animer les courages et élever les esprits, ne sera pas toujours le sujet d’une petite tendresse affectée, ou d’une imbécile simplicité. Alors nous n’aurons que faire de porter envie aux anciens. Sans un amour trop grand pour l’antiquité, ou un trop grand dégoût pour notre siècle, on ne fera point des tragédies de Sophocle et d’Euripide les modèles des pièces de notre temps.

Je ne dis point que ces tragédies n’aient eu ce qu’elles devoient avoir pour plaire au goût des Athéniens ; mais qui pourroit traduire en françois, dans toute sa force, l’Œdipe même, ce chef-d’œuvre des anciens, j’ose assurer que rien au monde ne nous paroîtroit plus barbare, plus funeste, plus opposé aux vrais sentiments qu’on doit avoir.

Notre siècle a du moins cet avantage, qu’il y est permis de haïr librement les vices, et d’avoir de l’amour pour les vertus. Comme les dieux causoient les plus grands crimes, sur le théâtre des anciens, les crimes captivoient le respect des spectateurs, et on n’osoit pas trouver mauvais ce qui étoit abominable. Quand Agamemnon sacrifia sa propre fille, et une fille tendrement aimée, pour appaiser la colère des dieux, ce sacrifice barbare fut regardé comme une pieuse obéissance, comme le dernier effet d’une religieuse soumission.

Que si l’on conservoit, en ce temps-là, les vrais sentiments de l’humanité, il falloit murmurer contre la cruauté des dieux, en impie ; et si l’on vouloit être dévot envers les dieux, il falloit être cruel et barbare envers les hommes : il falloit faire, comme Agamemnon, la dernière violence à la nature et à son amour :

Tantum Relligio potuit suadere malorum,

dit Lucrèce, sur ce sacrifice barbare.

Aujourd’hui nous voyons représenter les hommes sur le théâtre, sans l’intervention des dieux, plus utilement cent fois pour le public et pour les particuliers ; car il n’y aura dans nos tragédies, ni de scélérat qui ne se déteste, ni de héros qui ne se fasse admirer. Il y aura peu de crimes impunis, peu de vertus qui ne soient récompensées. Avec les bons exemples que nous donnons au public, sur le théâtre ; avec ces agréables sentiments d’amour et d’admiration, discrètement ajoutés à une crainte et à une pitié rectifiées, on arrivera chez nous à la perfection que désire Horace :

Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci ;

ce qui ne pouvoit jamais être, selon les règles de l’ancienne Tragédie.

Je finirai par un sentiment hardi et nouveau : c’est qu’on doit rechercher à la tragédie, devant toutes choses, une grandeur d’âme bien exprimée, qui excite en nous une tendre admiration. Il y a dans cette sorte d’admiration quelque ravissement pour l’esprit ; le courage y est élevé, l’âme y est touchée.


NOTES DE L’ÉDITEUR

1. François Hédelin, abbé d’Aubignac, né en 1604, mort en 1676. Il publia en 1657 un traité de la Pratique du théâtre, qui obtint assez de succès et d’autorité. Quelque temps après, il donna une tragédie en prose, intitulée Zénobie, qui fut sifflée ; c’est d’elle qu’il s’agit.

2. C’est ce qu’on a vu dans le quinzième et le seizième siècle, où les histoires de l’Ancien et du Nouveau Testament étoient représentées, ou, pour parler le langage de ce temps-là, étoient jouées par personnages sur des théâtres publics. Caslelvetro dit qu’on jouoit à Rome la Passion de Jésus-Christ de telle manière, que les spectateurs éclatoient de rire. On la jouoit aussi en France, et j’ai vu une pièce imprimée en 1541, sous ce titre : S’ensuit le mystère de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, nouvellement reveu et corrigé, oultre les précédentes impressions, avec les additions faictes par très-éloquent et scientifique docteur maistre Jean Michel ; lequel mystère fut joué à Angiers moult triumphamment, et dernièrement à Paris ; avec le nombre des personnages qui sont à la fin dudit livre et sont en nombre CXII.

On jouoit de même les Actes des Apôtres. Cet ouvrage, qui contient deux volumes, est intitulé : Le premier volume des catholiques Œuvres et Actes des Apostres rédigé en escript par saint Luc, évangeliste et hystoriographe deputé par le Sainct Esperit : icellui sainct Luc escripvant à Théophile, avecques plusieurs histoires en icellui inserez des gestes des Césars… le tout veu et corrigé bien et duement, selon la vraie vérité, et joué par personnages à Paris, en l’hostel de Flandres, l’an mil cinq cens XLI, avec privilège du Roy, etc. M. Bayle en a donné quelques extraits dans le Supplément de son Dictionnaire, à l’article Choquet (Louis).

Les désordres causés par ces sortes de Jeux furent représentés au Parlement de Paris d’une manière très-vive et très-forte, en 1541, par le procureur du roi. « Pendant lesdits Jeux (dit-il, parlant du Mystère de la Passion et des Actes des Apôtres), le commun peuple, dès huit à neuf heures du matin, és jours de festes, délaissoit sa messe paroissiale, sermon et vespres, pour aller esdits Jeux garder sa place, et y être jusqu’à cinq heures du soir ; eut cessé la prédication, car n’eussent eu les prédicateurs qui les eust escouté. Et retournant desdits Jeux, se mocquoient hautement et publiquement par les rues desdits Jeux et des joueurs, contrefaisant quelque langage impropre qu’ils avoient ouïs desdits Jeux ou autre chose mal faite, criant par dérision que le Saint Esprit n’avoit pas voulu descendre, et par d’autres mocqueries. Et le plus souvent les prêtres des paroisses, pour avoir leur passe-temps d’aller esdits Jeux, ont délaissé dire vespres les jours de fêtes, ou les ont dites tous seuls dès l’heure de midy, heure non accoustumée : et même les chantres ou chappellains de la sainte chapelle de ce palais, tant que lesdits Jeux ont duré (il avoit dit auparavant qu’on les avoit fait durer l’espace de six ou sept mois), ont dit vespres les jours de festes, à l’heure de midy, et encore les disoient en poste et à la légère, pour aller esdits Jeux, etc. » (Des Maizeaux.)

3. Voy. le Polyeucte de Corneille.