Familières

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Familières

[modifier] I

Faut-il que je revienne à toi ?

C’est en vain que l’on cherche…

L’oiseau va retrouver le toit

Où son instinct le perche.


On songe devant le foyer

À la barque amarrée,

Mais l’archet veut toujours choyer

Sa corde préférée.

[modifier] II

Elle aimait ceux dont le gousset

Chante comme un orchestre

Et ne m’entr’ouvrait son corset

Qu’au début du trimestre.


Un soir — j’avais quatorze sous,

Oh ! que l’argent va vite —

Deux vieux dignes, aux trois quarts saouls,

Lui firent une invite.


Elle eut ce grand geste qui dit :

« L’or est une chimère ».

Puis murmura : « Ce soir ? Mardi !

Je rentre chez ma mère. »


Et je restai, le cœur léger,

Sur la place des Ternes

Où vont les fiacres échanger

Les rires des lanternes.

[modifier] III

Marsyas, ô divin écorché,

Il t’en coûta la vie…

Ma flûte est un roseau caché

Et que nul ne m’envie.


Qui, hors Monsieur Gaston Deschamps

— Las ! Perdu pour l’alène —

Entendrait gémir dans ces chants

La voix du grand Verlaine ?


[modifier] IV

Tu veux, par les Messieurs en vert,

Muse, être couronnée ?

J’attends, pour leur porter mes vers,

Encore une autre année.


Certes, la gloire, un peu plus d’or

Dans notre tirelire…

Mais laisse que je prenne encor

Quelques leçons de lyre.

[modifier] V

Puisque le maréchal-ferrant

Ressemelle Pégase,

Viens te coucher, poète errant,

Ventre sur l’herbe rase.


Voici l’ombrage et les troupeaux,

Le chien gronde et s’étire.

Viens. Ce lourd berger sans pipeaux

Ne connaît pas Tityre.


Si Diane venait se baigner,

Tu le verrais peut-être

Aller quérir pour s’indigner

Notre garde-champêtre.


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