Feuillets parisiens
NINA DE VILLARS
Feuillets Parisiens
POESIES
Avec un Portrait à l’Eau-Forte
par Guérard
PARIS
LIBRAIRIE HENRI MESSAGER
Boulevard St-Michel, 105
1885 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/8 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/9 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/10 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/11 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/12 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/13
I
DEUX SONNETS
O timide héros oublieux de mon rang,
Vous n’avez pas daigné saluer votre dame !
Vos yeux bleus sont restés attachés sur la rame.
Osez voir sur mon front la fureur d’un beau sang.
J’observe le pilote assoupi sur son banc,
Afin que le navire où vient neiger la lame
Nous conduise tout droit devant l’épitalame.
Je suis le blanc gardien de votre honneur tout blanc.
Qu’éclate sans pitié ma tendresse étouffée !
Buvez, Tristan. Je suis la fille d’une fée ;
Ce breuvage innocent ne contient que la mort.
Je bois, faisant pour vous ce dont je suis capable.
O charme, enchantement, joie, ivresse, remord !
Je renferme l’amour, ce breuvage coupable.
n savant visitait l’Egypte ; ayant osé
Pénétrer dans l’horreur des chambres violettes,
Où les vieux rois Thébains, en de saintes toilettes,
Se couchaient sous le roc, profondément creusé,
Il vit un pied de femme, et le trouva brisé
Par des Bédouins voleurs de riches amulettes.
Le beaume avait saigna le long des bandelettes,
Le henné ravivait les doigts d’un ton rosé.
Car ce pied conservait dans ses nuits infernales
Le charme doux et froid des choses virginales :
L’amour d’un jeune dieu l’avait pris enfantin.
Ayant baisé ce pied posé dans l’autre monde,
Le savant fut saisi d’une terreur profonde
Et mourut furieux, le lendemain matin.
II
PAGES DÉTACHÉES
’arbre déraciné, grand cadavre verdi,
Sur un chariot lourd est traîné par les rues.
Les oiseaux sont partis d’un coup d’aile hardi,
Les nids sont renversés, les chansons disparues.
Les branchages souillés dans le faubourg malsain
Traînent lugubrement leur chevelure verte.
Ainsi sous le couteau cruel d’un assassin
S’échevèle une femme à la blessure ouverte.
Hautaine, l’œil plein de menace,
Sein de lys et cœur indompté,
Blagueuse, rouée et tenace,
Mais pure par férocité.
ière comme Junon, comme Froufou vêtue,
Vous me représentez, madame, une statue,
Qui, prise par le spleen en l’olympe natal,
Pour s’habiller chez Worth a fui son piédestal.
III
BOUQUET
Je suis le témoin des plaisirs flétris,
Je suis le témoin du bonheur qui reste,
Je suis la fleur simple, ignorée, agreste…
-
-
-
-
- Je suis myosotis.
-
-
-
IV
DIXAINS
a, n’espère jamais ressembler à ces mères
Qui font verser à l’Ambigu larmes amères ;
Tu n’es pas solennelle et tu ne saurais pas
Maudire, avec un geste altier de l’avant-bras ;
Tu n’as jamais cousu, jamais soigné mon linge,
Tu t’occupes bien moins de moi que de ton singe ;
Mais, malgré tout cela, les soirs de bonne humeur,
C’est avec toi que je rirai de meilleur cœur ;
Ensemble nous courrons premières promenades,
Car je te trouve le plus chic des camarades.
uand la lampe Carcel sur la table s’allume,
Le bouilli brun parait, escorté du légume,
Blanc navet, céleri, carotte à la rougeur
D’aurore, et doucement, moi je deviens songeur ;
Ce plat fade me plaît, me ravit ; il m’enchante :
C’est son jus qui nous fait la soupe succulente ;
En la mangeant, je pense, avec recueillement,
A l’épouse qui, pour nourrir son rose enfant,
Perd sa beauté, mais gagne à ce labeur austère
Un saint rayonnement trop pur pour notre terre.
V
MONOLOGUES
VI
LE MOINE BLEU
Le Moine bleu n’appartient pas tout entier à Nina de Villard, qui eut pour collaborateurs, en cette circonstance, deux ou trois poètes amis. L’éditeur peut nommer avec certitude
MM. Jean Richepin et Germain Nouveau. Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/83 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/84 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/85 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/86 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/87 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/88 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/89 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/90 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/91 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/92 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/93 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/94 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/95 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/96 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/97 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/98 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/99 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/100 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/101 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/102 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/103 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/104 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/105 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/106 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/107 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/108 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/109 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/110 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/111 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/112 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/113 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/114 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/115 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/116 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/117 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/118 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/119 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/120 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/121 Page:Nina de Villard - Feuillets parisiens, 1885.djvu/122TABLE DES MATIÈRES
Notice.
Testament.
I
SONNETS
II
PAGESDÉTACHÉES
La Chatte
A Saturine
Une Russe
L’Enterrement d’un Arbre
Berceuse
Impromptu
Vers a Peindre
Les Saisons
Poésie de Campagne
Madrigal
III
BOUQUET
i. Lilas
ii. Giroflée
iii. Camélia
iv. Muguet
v. Myosotis
IV
DIXAINS
A Maman
Intérieur
Préférence
Souhait
Le Petit Marchand
Octobre
Le Fiacre
L’Employé
Journaux Illustrés
La Tête de Cire
Regrets Filiaux
Le Soir
V
MONOLOGUES
Le Clown
L’Accordeur
LE Gommeux devant son conseil de famille
Les Adieux de la petite Diva
La Duchesse Diane
VI
LE MOINE BLEU