Fleurs
Ton œil ne peut saisir les fleurs que tu fais naître
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- Quand tu daignes fouler le sol ;
- Quand tu daignes fouler le sol ;
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Il faut avoir mon cœur, vois-tu, pour les connaître
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- Il faut t’aimer d’un amour fol.
- Il faut t’aimer d’un amour fol.
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Elles soûlent mes yeux et je puis te les dire ;
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- J’en connais le parfum aussi ;
- J’en connais le parfum aussi ;
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Il est plus inouï que tout ce qu’on respire,
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- Si tu veux leurs noms, les voici :
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Ce sont d’abord des lis d’une blancheur suprême
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- Tels qu’il ne s’en trouve qu’aux cieux,
- Tels qu’il ne s’en trouve qu’aux cieux,
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Élégants comme toi, purs comme ta chair même
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- Et comme toi délicieux ;
- Et comme toi délicieux ;
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Ce sont de fins muguets dont les clochettes blanches
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- Pareilles à tes claires dents
- Pareilles à tes claires dents
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Tintinnabulent comme en Avril, dans les branches,
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- Le rire argentin du Printemps ;
- Le rire argentin du Printemps ;
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Ce sont des liserons, ce sont des églantines,
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- Des pavots qui vont s’embraser,
- Des pavots qui vont s’embraser,
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Et des roses pompon aux bouches enfantines
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- Qui te réclament un baiser ;
- Qui te réclament un baiser ;
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Ce sont des boutons d’or et puis des chrysanthèmes,
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- Des pervenches et des barbeaux
- Des pervenches et des barbeaux
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Aussi bleus que tes yeux qui le sont plus eux-mêmes
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- Que le ciel : pense s’ils sont beaux !
- Que le ciel : pense s’ils sont beaux !
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Des menthes, des œillets et de la marjolaine,
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- Des parfums de toute saison
- Des parfums de toute saison
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Qui mettent sur ma lèvre un peu de ton haleine
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- En me prenant de ma raison ;
- En me prenant de ma raison ;
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D’ardents coquelicots, de sourdes scabieuses
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- Qui veulent des mains de velours
- Qui veulent des mains de velours
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Pour les cueillir ; fleurs qui, de ta grâce envieuses
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- Ont près de toi des gestes lourds.
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Ainsi comme l’on voit à la naissante aurore
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- Croître une à une les couleurs,
- Croître une à une les couleurs,
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De même on voit germer et se hâter d’éclore
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- Sur ton chemin toutes les fleurs.
- Sur ton chemin toutes les fleurs.
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Mais la terre aussitôt redevient morne et nue
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- Quand tu n’y poses plus tes pas
- Quand tu n’y poses plus tes pas
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Bienfaisants ; ce n’est plus pour moi qu’une inconnue :
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- Rien ne fleurit où tu n’es pas.
- Rien ne fleurit où tu n’es pas.
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