L’Auberge
La bibliothèque libre.
Jadis et naguère
-
-
-
- À Jean Moréas
- Murs blancs, toit rouge, c’est l’Auberge fraîche au bord
- Du grand chemin poudreux où le pied brûle et saigne,
- L’auberge gaie avec le Bonheur pour enseigne.
- Vin bleu, pain tendre, et pas besoin de passeport.
- Ici l’on fume, ici l’on chante, ici l’on dort.
- L’hôte est un vieux soldat, et l’hôtesse qui peigne
- Et lave dix marmots roses et pleins de teigne
- Parle d’amour, de joie et d’aise, et n’a pas tort !
- La salle au noir plafond de poutres, aux images
- Violentes, Maleck Adel et les Rois Mages,
- Vous accueille d’un bon parfum de soupe aux choux.
- Entendez-vous ? C’est la marmite qu’accompagne
- L’horloge du tic tac allègre de son pouls.
- Et la fenêtre s’ouvre au loin sur la campagne.