L’Hiver (Béranger)
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 224-226).
L’HIVER
Air : Une fille est un oiseau
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- Les oiseaux nous ont quittés ;
- Déjà l’hiver qui les chasse
- Étend son manteau de glace
- Sur nos champs et nos cités.
- À mes vitres scintillantes
- Il trace des fleurs brillantes ;
- Il rend mes portes bruyantes,
- Et fait grelotter mon chien.
- Réveillons, sans plus attendre,
- Mon feu qui dort sous la cendre.
- Chauffons-nous, chauffons-nous bien. (bis.)
- Les oiseaux nous ont quittés ;
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- Ô voyageur imprudent !
- Retourne vers ta famille.
- J’en crois mon feu qui pétille ;
- Le froid devient plus ardent.
- Moi, j’en puis braver l’injure :
- Rose, en douillette, en fourrure,
- Ici, contre la froidure
- Vient m’offrir un doux soutien.
- Rose, tes mains sont de glace ;
- Ô voyageur imprudent !
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- Sur mes genoux prends ta place.
- Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
- Sur mes genoux prends ta place.
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- L’ombre s’avance, et la nuit
- Roule son char sur la neige.
- Rose, l’amour nous protége ;
- C’est pour nous que le jour fuit.
- Mais un couple nous arrive ;
- Joyeux amis, beauté vive,
- Entrez tous deux sans qui-vive !
- Le plaisir n’y perdra rien.
- Moins de froid que de tendresse,
- Autour du feu qu’on se presse.
- Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
- L’ombre s’avance, et la nuit
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- Les caresses ont cessé
- Devant la lampe indiscrète.
- Un festin que Rose apprête,
- Gaîment par nous est dressé.
- Notre ami s’est fait, à table,
- D’un brigand bien redoutable
- Et d’un spectre épouvantable
- Le fidèle historien.
- Tandis que le punch s’allume,
- Beau du feu qui le consume,
- Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
- Les caresses ont cessé
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- Sombre hiver, sous tes glaçons
- Ensevelis la nature ;
- Ton aquilon, qui murmure,
- Ne peut troubler nos chansons.
- Notre esprit, qu’amour seconde,
- Sombre hiver, sous tes glaçons
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- Au coin du feu crée un monde
- Qu’un doux ciel toujours féconde,
- Où s’aimer tien lieu de bien.
- Que nos portes restent closes,
- Et, jusqu’au retour des roses,
- Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
- Au coin du feu crée un monde
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