L’Ouest-Éclair n° 16
|
Source : Page:L’Ouest-Éclair n° 16 1899-08-17.pdf/1
DEUXIÈME ÉDITION
L’AFFAIRE DREYFUS
Les Assurances de bestiaux Le Directeur de l’Ouest-Eclair est un vaillant à qui c’est un devoir de passer la main ; l’œuvre qu’il tente à Rennes revêt une telle importance qu’elle doit rallier toutes les âmes sincères en quête du bien moral à faire et d’infortunes à relever. Je lui suis, personnellement, trop dévoué, et j’aime trop le paysan pour me dérober. En avant donc pour une chronique rurale hebdomadaire. Mais j’y veux dire seulement des choses pratiques, y parler d’organisation réelle. Si nos lecteurs y cherchent autre chose, je les en préviens, ils seraient déçus. L’Ouest-Eclair est déjà une force. Cette force doit se démontrer. Le moyen efficace me semble être la formation d’un faisceau d’œuvres nombreuses, qui seront la résultante des idées que le journal sèmera partout où il aura accès, et comme le côté extérieur, apparent, qui manifestera l’excellence de cette œuvre de presse. Mes efforts, ici, tendront précisément vers ce but, en stimulant autant qu’il sera en mon pouvoir, les initiatives locales, et en les organisant ensuite en une fédération provinciale de grand effet. De toutes les œuvres rurales que j’ai vu essayer, et que j’ai essayées personnellement, celle qui réussit le mieux parmi les paysans est sans contredit la caisse de secours mutuels contre la mortalité du bétail. Tout le monde connaît l’attachement du paysan pour ses bêtes. Le chansonnier lui met dans la bouche qu’il aime Jeanne sa femme - ce n’est pas étonnant - mais qu’il aimerait mieux la voir mourir que de voir mourir ses bœufs. Exagération sans doute. Il n’en est pas moins vrai que son âme s’attache, comme naturellement, au cheval, au bœuf qui sont à la fois les compagnons de sa vie et les instruments de sa fortune. « Regardes, José, la belle jument blanche : Tu ne la reverras pus mésé. » C’était un brave paysan qui disait ce mot devant moi à son fils, un jeune homme de 25 ans, en livrant sa bête à l’acheteur. Il arrive souvent, hélas, que les bêtes du fermier disparaissent autrement qu’après un marché. C’est un cheval qui à la colique et qui meurt, une vache qui crève en « vélant » que sais-je encore ? Les accidents arrivent si vite, emportant à chaque coup qu’ils frappent un morceau du cœur et du porte-monnaie du cultivateur. Comment ne seriez-vous pas bénis de cet homme, vous qui lui offrez un moyen infaillible de se tirer d’affaire quand il est victime d’un sinistre ? Sans aucun conteste, la Caisse rurale a une importance sociale beaucoup plus grande que les sociétés dont je parle présentement, car offrir du crédit à un laboureur c’est faciliter son affranchissement. Elle est quand même beaucoup moins considérée, les avantages qu’elle présente n’étant pas aussi évidents. Il existe déjà en Bretagne un certain nombre de sociétés locales d’assurance-bétail. Je cite de mémoire : PORDIC, TINTÉNIAC, BONNEMAIN, SAINT-MELOIR-DES-ONDES, PLOUDANIEL, PLEUMEUR-GAUTHIER, PLOUENOUR-LANVERN. A l’exception de la Société fondée à PLEUMEUR-GAUTHIER, qui est une véritable société d’assurances, ces sociétés ne sont que des caisses de secours mutuels contre la mortalité du bétail annexées à un syndicat agricole. Je les préfère d’ailleurs pour de nombreuses raisons à l’assurance proprement dite. Ces caisses n’ont pas les mêmes statuts et ne fonctionnent pas non plus d’après un type unique. Le moins compliqué me parait être celui qui est en usage dans le Société de Tinténiac, dont M. François Saget est le zélé président. Chaque sociétaire verse une cotisation de tant pour cent de la valeur de ses bêtes. A la fin de l’année, le total de ces cotisations, augmenté de leurs intérêts, des subventions recueillies, est partagé entre tous les sinistrés proportionnellement à la perte nette qu’ils ont éprouvée. L’indemnité toutefois ne peut jamais dépasser les 4/5 de cette perte nette. Expérience faite, j’ai constaté qu’il suffisait d’une cotisation de 0 fr. 75 p. 0/0 de la valeur des bêtes de l’espèce bovine pour assurer cette indemnité quand on opère un total de 500 à 800 bêtes ; pour l’espèce chevaline, la cotisation ne peut inférieure à 1 fr. 25 p. 0/0 pour une moyenne de 100 à 200 chevaux assurés. Longtemps, j’hésitai avant de me lancer dans cette œuvre d’assurances de bétail, par crainte de l’imprévu. Elle n’existait pas encore dans nos contrées, et ce que je savais je le connaissais par des articles de revues et des journaux. Je le dis pour inspirer confiance aux amis des paysans : ma défiance n’étant pas justifiée. L’expérience m’a encore révélé qu’il était beaucoup plus facile de réussir une caisse de secours contre la mortalité qu’une caisse rurale. Une caisse rurale ne marche bien que si l’on prend la peine de faire l’éducation du paysan relativement à ces opérations de crédit qu’il ignore et dont il ne sait pas tirer parti. Tandis qu’une caisse de secours marche toute seule une fois qu’elle est fondée. Il y a quelques courses à faire aux débuts, quelques esprits indolents à stimuler de temps en temps. Et, en somme c’est à peu près tout. Voilà la saison avantageuse pour étudier un projet d’assurance-bétail. J’espère en convaincre les amis de l’Ouest-Eclair et arriver en janvier prochain avec une dizaine de sociétés nouvelles. La prochaine fois, j’entrerai dans le détail, et j’examinerai les diverses objections qu’on aura bien voulu me présenter. F. Moustier.
La circulation a été rétablie rue de Chabrol. M. Lasies, député, et M. Massard, directeur de la Patrie, sont allés ce matin au ministère de l’intérieur, pour s’entretenir avec M. Demagny, secrétaire général, sur les conditions dans lesquelles pourrait être effectuer l’arrestation de Guérin. M. Lasies est ensuite allé voir M. Guérin et a fait dans l’après-midi de nombreuses courses entre la rue de Chabrol et le ministère. On n’attend rien de nouveau avant ce soir. Au tirage de Panama, le n° 876.515 gagne 500,000 francs. Le n° 842.129 gagne 100,000 francs. M. Prax-Paris, député de Tarn-et-Garonne, écrit à M. Deschanel pour réclamer la convocation des Chambres. C’est une nécessité qui s’impose en présence des difficultés politiques actuelles. Encore un crime dû à la surexcitation des esprits. Dans la matinée, rue Marcadet, le nommé Bonnet, ouvrier serrurier, passait tranquillement, lorsqu’un inconnu s’approcha de lui et s’écria : — Tiens, voilà une sale tête de youpin, faut que je la crève ! Et il tira sur l’ouvrier serrurier un coup de revolver qui l’atteignit au bas-ventre. La pauvre victime fut transporté à l’hôpital. Le coupable est en fuite. Dans sa plaidoirie, Me Demange s’attachera surtout à la discussion technique, aux écritures, à la cryptographie et au bordereau. Me Labori veut surtout s’attacher aux contradictions qui existent entre les déclarations des généraux Mercier et Gonse. Il donnera également de très grands développements sur le mystère Henry. M. Scheurer-Kestner a adressé au colonel Jouaust une protestation contre la déposition du général Billot. Il nie être l’ami de la famille Dreyfus et avoir jamais entretenu le général Billot des affaires concernant le colonel Picquart. Dans sa déposition, le général Roget dit qu’il considérera toujours Esterhazy comme un traitre. A ce sujet la Liberté prétend que ce propos serait motivé par ce fait que les amis de Dreyfus auraient entamé des pourparlers avec Esterhazy pour qu’il envoyât au président du conseil de guerre une sorte d’acte d’accusation reprochant à Dreyfus de l’avoir livré à la justice. En agissant ainsi, Esterhazy s’avouerait ainsi l’auteur de la trahison. HAVAS. Séance du 17 août Changement dans le décor. Les dessinateurs, auparavant sur le devant des bancs de la presse, ont été relégués aujourd’hui derrière les journalistes. Il paraitrait que plusieurs témoins se seraient plaints du voisinage de ces messieurs qui les crayonnaient avec un véritable sans-gêne et faisaient leur caricature, c’est le cas de dire, à leur nez et à leur barbe. reprend la suite de sa déclaration. Un agent fut spécialement attaché à la surveillance d’Esterhazy. On le connaissait sous le nom de Durand, et personne ne se doutait dans les bureaux, de quelle mission il était chargé. Pendant cette surveillance, on a perquisitionné, enlevé des lettres, sans mandat régulier. On apprend également qu’Esterhazy a une maîtresse qui reçoit une partie de sa correspondance. Pour couronner ces manœuvres, M. Picquart proposa à ses chefs d’envoyer à Esterhazy une dépêche en termes convenus avec son correspondant habituel, et de lui adresse un télégramme l’invitant à venir à Paris au plus tôt pour le frein à air. Ce projet ne fut pas adopté par les bureaux de la guerre, et le surveillance exercée contre Esterhazy se termina sans avoir donné de résultat appréciable. Le général Roget cite plusieurs exemples de la légèreté avec laquelle le lieutenant-colonel Picquart remplissait ses fonctions au bureau des renseignements : on envoyait sur la frontière allemande des individus absolument insuffisants pour prendre des vues des établissements militaires. Le général Roget arrive à Dreyfus qui n’a été qu’indirectement sous ses ordres puisqu’il avait à l’état major pour chef de direct le commandant Bertall. Dreyfus était connu du témoin comme très-curieux, indiscret et toujours disposé à s’enquérir de faits qui ne concernaient nullement sons service. C’est alors que le général Roget donne sur lui les notes suivantes : Officier très actif, très intelligent, d’une assimilation extraordinairement facile, mais qu’il vaudrait mieux ne pas laisser aux bureaux des renseignements de l’état-major. Dreyfus fut changé de service et le général Roget n’eut plus à s’occuper de lui pour le moment. Me Demange demande au général Roget de donner des renseignements sur le rôle joué par M. du Paty de Clam dans l’affaire Dreyfus. Le général Roget répond qu’il croit, sans en avoir aucune preuve cependant, que M. du Paty de Clam a dû écrire lui-même la dépêche signée Speranza adressée à Esterhazy. Au moment où l’on procédait à l’enquête Dreyfus, Esterhazy faisait publier dans les journaux qu’il était en possession de la pièce dite le document révélateur, et qu’il l’avait mise en lieu sûr en Angleterre. Or, Esterhazy n’a dû avoir la pièce que pendant très peu de temps, et plus tard il a dû chercher à induire en erreur son propre défenseur. En tout cas, ce n’était qu’une des photographies tirées à un certain nombre d’exemplaires. Un soir, un inconnu − on crut que c’était Esterhazy lui-même, − venait apporter au ministère un pli cacheté qu’il remit aux garçons de bureau ; sous l’enveloppe on trouva la photographie de la pièce qui rentrait ainsi au ministère. Me Demange. − Si Esterhazy était innocent, comment expliquer l’intervention auprès de lui de M. du Paty de Clam ? Le général répond que l’on croyait à l’innocence d’Esterhazy, et du Paty de Clam s’était mis à sa disposition pour l’aider à se laver de cette accusation. Me Demange demande au général Roget ce qu’il pense du commandant Esterhazy allant trouver un agent étranger pour intervenir auprès de la famille Dreyfus et faire dire à celle-ci que lui-même Esterhazy était innocent. Le général Roget répond qu’il n’a pas eu connaissance de ce fait, et qu’un simple racontar de Me du Paty de Clam ne lui permet pas d’avoir une idée bien déterminée. Me Demange demande comment il se fait que le petit bleu, qui était intact en sortant des mains de Picquart, était devenu l’objet d’un grattage dans les bureaux, ce qui devait le rendre évidemment suspect. Le général Roget a bien vu ce grattage mais il n’a pu se rendre compte du travail opéré : « J’ignore ce qu’ont pu dire les experts. Il est évident que l’on a modifié le nom d’Esterhazy. Il semblerait que celui qui a fait le cliché ait, sans le vouloir et sans le savoir, fait disparaître la correction. En tout cas, j’ai quitté le ministère le 20 septembre et je ne sais pas ce qui a pu s’y passer depuis. Je dois ajouter que personne n’avait remarqué le truquage du petit bleu, et c’était moi-même qui m’en suis aperçu longtemps après l’instruction ». Me Demange demande au général Roget des renseignements sur l’incident Lajoue, un homme renvoyé du ministère pour |
malversations et aujourd’hui à la solde du service des renseignements.
M. le commissaire du gouvernement, s’oppose à ce que la question posée, le général Roget n’ayant pas eu connaissance de ce fait.
Le colonel président dit que la question ne sera posée que plus tard, lorsque viendront les témoins qui ont connu de l’incident de Lajone.
Ce petit échange d’observations entre l’accusation, la défense et le président cause une certaine émotion dans la salle.
Il est bien [illisible] que Me Demange désire poser des questions multiples au général Roget pour amener une confusion dans ses déclarations. Ce serait un excellent appoint pour la défense. Mais d’autre part, il serait juste de ne pas poser aux témoins des questions se rattachant à des faits auxquels ils ont été absolument étrangers.
Me Demange. - Comment le général Roget a-t il su qu’on avait offert 800,00 francs à Esterhasy ?
Le général. - C’est lui-même qui l’a déclaré au conseil d’enquête devant lequel il avait été appelé.
Me Demange. - Le général nous a dit que le bordereau était déchiré en menus morceaux…
Le général (vivement). - Ah, pardon, je ne suis pas un orateur : une expression peut dépasser ma pensée ; le bordereau était peu déchiré et roulé en boule.
Me Demande demande au général ce qu’il entend par les « récriminations vagues » de Dreyfus pendant son séjour à la Guyane.
Le général. - Si j’étais accusé d’une trahison que je n’aurais pas commise, je trouverais des arguments décisifs pour faire ressortir mon innocence.
Dreyfus. - Dans tout ce que le Conseil a entendu hier, il n’y a pas un mot de vérité.
juge d’instruction à Paris, à la voix grave si grave même qu’elle ne dépasse pas la ligne de ses courtes moustaches. Sténographes et journalistes trépignent car pas un mot ne parvient jusqu’à eux.
Le geste est beau ; il vaudrait mieux que le témoin en fit moins et elevât le ton davantage. Nous allons assister à une simple pantomine jouée par M. le juge d’instruction.
M. le commissaire du Gourvernement. - Nous n’entendons pas un mot.
M. Bertulus. - C’est que j’ai l’habitude de parler ainsi dans mon cabinet.
Me Demange. - Le témoin pourrait recommencer, car de tout ce qu’il vient de dire, il ne nous est pas arrivé un traître mot.
Et M. Bertulus recommence son ronron. Pourvu que la représentation de Guignol ne dure pas trop longtemps !
Ce serait à croise que le témoi rapporte des choses qu’il ne faut pas faire connaître à tout le monde. La voix de M. Bertulus nous rappelle un tuyau d’orgues qui corne ; encore le son en est-il bien faible.
Voici un mot qui nous parvient : « On a prétendu que je ne dis pas la vérité ! »
Ce n’est certainement pas nous qui émettrons une pareille opinion, car nous serions embarrassés s’il fallait dire ce que raconte le témoin.
Si le public n’est pas toujours d’une sagesse exemplaire, il faut reconnaître qu’aujourd’hui il montre une patience admirable. Voilà deux heures qu’un témoin parle sans que l’on entende la moindre syllabe.
Il est vrai que dans l’assistance quelques yeux se ferment tandis que les bouchent s’ouvrent demesurément dans des bâillements significatifs.
On transporte au service médical un de nos plus sympathiques avocats rennais Me [illisible], pris dans la salle d’une indisposition subite.
La séance est suspendue à dix heures.
A dix heures un quart la séance est reprise.
M. Bertulus revient au fauteuil des témoins.
Me Demange demande au témoin s’il peut indiquer les scellés qui contiennent la pièce Bâle et Cie.
Le témoin répond que les notes ont été données à la Cour de Cassation.
D’après M. Bertulus, un nommé Souffrain, qui avait été soupçonné d’être l’auteur de certains télégrammes, est complètement étranger à toute l’affaire.
Me Demange. - Y a-t-il dans les dossiers un élément nouveau qui pourrait jeter un jour nouveau sur la situation d’Esterhazy ?
M. Bertulus continue à ronronner.
Mme Henry demande la parole :
Le 18 juillet, mon mari m’a dit que M. Bertulus l’avait reçu à bras ouvert et l’avait comblé de félicitations.
Je fus surprise de cet accueil, et je dis à mon mari : Je crains bien que les baisers de cet homme soient ceux d’un Judas, et en effet cet homme ici présent a été pour mon mari un Judas.
M. Bertulus - Je ne puis répondre à cette femme… ?
?
La manifestation du 14 juillet. - Les ? gens poursuivis en justice de paix pour avoir le 14 juillet, ? du citoyen ? comparu à l’audience du lundi 14 courant de ? M. G ?, juge de paix du canton nord-est.
Ils ont été condamnés chacun a ? franc d’amende et ?.
16 août. - Marira-Augustine-Juliette Corbes, faubourg de Nantes.
Jeanne-Marin Alexandrine Renon, à l aPoterie en ?
Joseph ?, faubourg de Paris, ?
François Marie Joseph Crugé, route de Redon, 30.
15 août. - Jean-Marie Gauthier, maçon, marié, 75 ans, Hôtel-Dieu.
Mme veuve Bourdon, née Jeanne-Marie Lesné, 85 ans, impasse Ponthieu ?.
Mme Gorien, née ? ans 5 mois, rue de la Bletterie, à Saint-Cyr.
16 août. - Edmond Alfred Henri Morin, 18 jours, rue Saint-Hélier, 29.
Anne Désirée-Jeanne-Marie Guitton, 2 ans 1/2, rue Saint-Hélier, 10.
Louis François Bertelle, 6 mois, rue Champ Dolent, 4.
Pierre Charles Hubert, 7 semaines, rue de la Barbais.
Eugénie Augustine Marie Jourdan, 4 mois, Champ de Justice.
Yvonne Léauté, 5 ans 3 mois, rue Champ-Dolent, 13.
Mme veuve Bertin, née Marie-Louise Richoimme, 65 ans, rue de Paris, 1.
François-Marie Denis, sans profession, 55 ans 3 mois, faubourg de Paris, 72.
Un inconnu du sexe masculin, 35 ans environ, trouvé mort canal d’Ille-et-Rance.
Pierre Marie Auguste Fouesnel, 4 ans 8 mois, au Chêne-Vert, route de Vern.
16 août. - Paul-Marie Névot, serrurier, célibataire, 20 ans, rue Duhamel, 5.
François Pierre Darron, propriétaire, veuf, 70 ans 7 mois, place du Bas des Lices, 8.
Anne-Françoise Perrot, sans profession, célibataire, 64 ans 2 mois, boulevard de la Liberté, 32.
Louise-Julie Mélanie Lucas, 13 ans 1/2, rue de la Santé, 4.
Jean-Baptiste Denis, laboureur, célibataire, 33 ans, à la Fleuriais, en Saint-Étienne.
Prudence Marie Louis, religieuse de chœur de l’ordre des Clarisses, célibataire, 24 ans 4 mois, rue de Brizeux, 20.
Jospeh Duvoisin, frère de l’instruction chértienne, célibataire, 56 ans, rue Belair, 15.
Ille-et-Vilaine
Épouvantable accident à Saint-Marc-Vendel. - Nous avons annoncé dans l’Ouest-éclair, le pénible accident qui s’est produit, il y a quelques jours, sur la route de Rennes à Fougères. Voici les détails complémentaires que nous avons pu obtenir à ce sujet :
L’accident a eu lieu exactement au point kilométrique 34,060 au passage du train n°6, qui arrive à Fougères à 7 heures 30. A ce moment arrivait une charrette montée par deux hommes : M. Joseph Henry, âgé de 58 ans, maréchal ferrant à Saint-Hilaire-des-Landes, et M. Louis Neveu, âgé de 65 ans, cultivateur au Clos.
La voiture, chargée de deux lourdes barres de fer de six mètres de long, dépassant d’une certain longueur de chaque côté, venait en sens inverse du train.
Dès que le mécanicien Mathieu aperçut la charrette, il fit fonctionner le sifflet de locomotive. A ce bruit le cheval tourna brusquement et l’une des barres de fer vint heuter l’avant de la machine. Le choc vu si violent que les brancards de la voiture se ? les compagnies de l’Ouest et d’Orléans, les trains partant e Paris-Saint-Lazare pour la ? à 10 heures du soir et du Croisic pour Paris-Saint-Lazare à 5h 40 du soir, ainsi que les trains partant de Paris-Saint-Lazare pour Quimper à 9 heures 2 du soir et de Quimper pour Paris-Montparnasse à 4 heures 21 du soir, ? de voitures à couloir et à couchettes.
Les voyageurs peuvent y prendre place en payant un franc par personne et ? les compartiments à couchettes moyennant ? qui sait la longueur du parcours.
La compagnie ? à MM. les voyageurs de vouloir ?
afin d’éviter les erreurs de direction et d’inscrire sur ?
et le nom de la gare destination.
Pour ? cette inscription, MM. les voyageurs trouveront aux bibliothèques des gares des carnets d’étiquettes gommées au prix de 0 fr. 05 le carnet de 10 étiquettes.
Nous rappelons à nos lecteurs que le compagnie de l’Ouest a commencé depuis quelques temp l’émission d’Obligation nouvelles, remboursables à 500 fr. rapportant au nominatif 12 fr. d’intérêt et au porteur 11 fr. 10 environ. Au prix d’émission actuel, ces titres offrent une prime de remboursement d’environ 80 fr. qui vient s’ajouter au revenu des coupons annuels. Toutes les Obligations bénéficieront de cette prime, à une date plus ou moins rapprochée, pendant la durée de la concession de la Compagnie.
Suivant les cas, le revenu supplémentaire procurré par la prime de 80 fr. ?.
Si le remboursement s’effectue au bout de 5 ans, à fr. 80/5 égal 16 fr.
Si le remboursement s’effectue au bout de 10 ans, à fr. 80/10 égal 8 fr.
Si le remboursement s’effectue au bout de 15 ans, à fr. 80/15 égal 5 fr. 35.
Si le remboursement s’effectue au bout de 20 ans, à fr. 80/20 égal 4 fr.
Et alors même que le remboursement ne s’effectuerait que plus tard, les cours tendront, par leur plus value, vers le même résultat.
Le rendement total sera donc, dans ces diverses hypothèses, respectivement, pour les Obligations nominatives, de :
12 fr. plus 16 fr. égal 28 fr. ou 6 fr. 65 %.
12 fr. plus 8 fr. égal 20 fr. ou 4 fr. 75 %.
12 fr. plus 5 fr. 35 égal 27 fr. 35 ou 4 fr. 15 %.
12 fr. plus 4 fr. égal 16 fr. ou 3 fr. 80 %.
C’est là un revenu des plus rémunérateurs pour des valeurs de premier ? de la garantie de l’Etat, ? en Bourse, et dont ? par voie d’emprunt avec la plus grande facilité.
Les souscriptions sont réglées, sans aucun frais, dans les gares de : Rennes, Betton, Noyal-Acigné, Retiers, Janzé, Vern, Corps-Nuds, Martingé-Ferchaud, La Guerche-de-Bretagne, Argentré, Bonnemain, Monfort-sur-Meu, Vitré, Combourg, Ploërmel, Mauron, St-Méen, Bruz, Guichen-Bourg-des-Comptes, Bain-Lohéac, Messac, Fougeray, Langon, Avessac, Redon, Montauban-de-Bretagne, Caulnes, Plenée-Jugon, Broons, Châteaubourg.
Ces gares livrent des titres au porteur ou nominatifs, selon le choix des ?.
La compagnie de l’Ouest fait délivrer, de mai à octobre, des billets à prix réduits dit « d’excursion » à itinéraires fixes, valables pendant 1 mois et pouvant être prolongés d’un nouveau mois moyennant un supplément de 10 pour 100.
Ces billets comprennent 14 itinéraires différents sur lesquels 10 peuvent être utilisés au départ de Rennes.
Ils donnent droit au parcours et après ? et doivent être demandés 3 jours au moins à l’avance à la gare de Rennes.
1° 1re classe 80 fr. 2e classe 60 fr. - Rennes, Vitré, Fougères, Laval, Le Mans, Chartres, Paris, Dreux, ?, Granville, Avranches, Mont-Saint-Michel, Dol, Saint-Malo, Dinard, Dinan, (Lamballe ou Saint-Brieuc moyennant supplément), Rennes.
2°
3°
4°
5°
6°
7°
8°
9°
10°
Imprimerie Bretonne
-
-
-
- Le gérant : V. Thieulant.
-
-