La Bonne Fille, ou les Mœurs du temps
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 31-33).
LA BONNE FILLE
OU
LES MŒURS DU TEMPS
1812
Air : Il est toujours le même
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- Je sais fort bien que sur moi l’on babille,
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- Que soi-disant
- Que soi-disant
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- J’ai le ton trop plaisant ;
- Mais cet air amusant
- Sied si bien à Camille !
- Philosophe par goût,
- Et toujours et de tout
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- Je ris, je ris, tant je suis bonne fille.
- Je sais fort bien que sur moi l’on babille,
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- Pour le théâtre ayant quitté l’aiguille,
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- À mon début,
- À mon début,
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- Craignant quelque rebut,
- Je me livre en tribut
- Au censeur Mascarille,
- Et ce cuistre insolent
- Dénigre mon talent ;
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- Mais moi j’en ris, tant je suis bonne fille.
- Pour le théâtre ayant quitté l’aiguille,
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- Un sénateur, qui toujours apostille,
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- Dit : je voudrais
- Dit : je voudrais
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- Servir tes intérêts.
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- Un sénateur, qui toujours apostille,
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- Lors j’essaie à grands frais
- D’échauffer le vieux drille.
- Quoi qu’il fît espérer,
- Je n’en pus rien tirer ;
- Lors j’essaie à grands frais
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- Mais j’en ai ri, tant je suis bonne fille.
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- Un chambellan, qui de clinquant pétille,
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- Après qu’un jour
- Après qu’un jour
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- Il m’eut fait voir la cour,
- Enrichit mon amour
- De ce jonc qui scintille.
- J’en fais voir le chaton :
- C’est du faux, me dit-on ;
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- Et moi j’en ris, tant je suis bonne fille.
- Un chambellan, qui de clinquant pétille,
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- Un bel esprit, beau de l’esprit qu’il pille,
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- Grâce à moi fut
- Grâce à moi fut
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- Nommé de l’Institut.
- Quand des voix qu’il me dut
- Vient l’éclat dont il brille,
- Avec moi que de fois
- Il a manqué de voix !
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- Mais j’en ai ri, tant je suis bonne fille.
- Un bel esprit, beau de l’esprit qu’il pille,
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- Un lycéen, qui sort de sa coquille,
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- Tout triomphant,
- Tout triomphant,
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- Dans ses bras m’étouffant,
- De me faire un enfant
- Me proteste qu’il grille ;
- Et le petit morveux,
- Au lieu d’un, m’en fait deux ;
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- Mais moi j’en ris, tant je suis bonne fille.
- Un lycéen, qui sort de sa coquille,
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- Trois auditeurs me disent : Viens, Camille,
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- Soupe avec nous ;
- Soupe avec nous ;
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- Que nous fassions les fous.
- J’étais seule pour tous :
- L’un d’eux me déshabille.
- Puis le vin met dedans
- Nos petits intendants ;
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- Et moi j’en ris, tant je suis bonne fille.
- Trois auditeurs me disent : Viens, Camille,
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- Telle est ma vie ; et sur mainte vétille
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- J’aurais ici
- J’aurais ici
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- Pu glisser, Dieu merci !
- Dans ses jupons aussi
- Je sais qu’on s’entortille ;
- Mais les restrictions,
- Mais les précautions,
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- Moi je m’en ris, tant je suis bonne fille.
- Telle est ma vie ; et sur mainte vétille