La Bonne Vieille
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 270-271).
LA BONNE VIEILLE
Air de Wilhem
ou Muse des bois et des plaisirs champêtres
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- Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse !
- Vous vieillirez, et je ne serai plus.
- Pour moi le temps semble, dans sa vitesse,
- Compter deux fois les jours que j’ai perdus.
- Survivez-moi ; mais que l’âge pénible
- Vous trouve encor fidèle à mes leçons ;
- Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible,
- De votre ami répétez les chansons.
- Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse !
-
- Lorsque les yeux chercheront sous vos rides
- Les traits charmants qui m’auront inspiré,
- Des doux récits les jeunes gens avides
- Diront : Quel fut cet ami tant pleuré ?
- De mon amour peignez, s’il est possible,
- L’ardeur, l’ivresse, et même les soupçons ;
- Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible,
- De votre ami répétez les chansons.
- Lorsque les yeux chercheront sous vos rides
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- On vous dira : Savait-il être aimable ?
- Et sans rougir vous direz : Je l’aimais.
- D’un trait méchant se montra-t-il capable ?
- Avec orgueil vous répondrez : Jamais.
- On vous dira : Savait-il être aimable ?
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- Ah ! dites bien qu’amoureux et sensible,
- D’un luth joyeux il attendrit les sons ;
- Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible,
- De votre ami répétez les chansons.
- Ah ! dites bien qu’amoureux et sensible,
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- Vous que j’appris à pleurer sur la France,
- Dites sur-tout aux fils des nouveaux preux
- Que j’ai chanté la gloire et l’espérance
- Pour consoler mon pays malheureux.
- Rappelez-leur que l’aquilon terrible,
- De nos lauriers a détruit vingt moissons ;
- Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible,
- De votre ami répétez les chansons.
- Vous que j’appris à pleurer sur la France,
-
- Objet chéri, quand mon renom futile
- De vos vieux ans charmera les douleurs ;
- À mon portrait, quand votre main débile,
- Chaque printemps, suspendra quelques fleurs,
- Levez les yeux vers ce monde invisible
- Où pour toujours nous nous réunissons ;
- Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible,
- De votre ami répétez les chansons.
- Objet chéri, quand mon renom futile