La Chanson du rouet

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Alphonse Lemerre, éditeur, s.d. (après 1886 ou 1891) (p. 302).
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II


LA CHANSON DU ROUET.



Ô mon cher rouet, ma blanche bobine,
Je vous aime mieux que l’or et l’argent !
Vous me donnez tout, lait, beurre et farine,
Et le gai logis, et le vêtement.
Je vous aime mieux que l’or et l’argent,
Ô mon cher rouet, ma blanche bobine !

Ô mon cher rouet, ma blanche bobine,
Vous chantez dès l’aube avec les oiseaux ;
Été comme hiver, chanvre ou laine fine,
Par vous, jusqu’au soir, charge les fuseaux
Vous chantez dès l’aube avec les oiseaux,
Ô mon cher rouet, ma blanche bobine.

Ô mon cher rouet, ma blanche bobine,
Vous me filerez mon suaire étroit,
Quand, près de mourir et courbant l’échine.
Je ferai mon lit éternel et froid.
Vous me filerez mon suaire étroit,
Ô mon cher rouet, ma blanche bobine !

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