La Passion (Rodenbach)

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1913 (pp. 157-158).
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Je dis comme le Christ au jardin des Olives ;
« Ô Seigneur, mon âme est triste jusqu’à la mort ! »
Ayant beaucoup souffert, je n’ai pas de remords,
Quand je trouve, le soir, que mes mains sont fautives.

Parfums de Madeleine, où vous répandez-vous ?
Il est enfin le temps où ma belle jeunesse
Passait ― comme Jésus monté sur une ânesse
Et sentant des rameaux caresser ses genoux.


Seigneur ! J’entends hurler une foule barbare !
Déjà plus d’un Judas m’a baissé le front
Et je sens dans mon cœur que ma Croix se prépare.

Mais, pour souffrir la haine et supporter l’affront,
Seigneur, donnez-moi donc cet espoir de revivre
Dans la mélancolique éternité du Livre.

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