ÉPISODE DE LA GUERRE DU PARAGUAY
(Édition de 1891)
SIRE,
Votre Majesté a inauguré dans l’Amérique du Sud, à la prise d’Uruguayana, la guerre humanitaire, celle qui épargne et sauve les prisonniers, celle qui prend soin des blessés ennemis à l’égal des nationaux, celle qui, considérant l’effusion du sang humain comme une déplorable nécessité, n’impose aux peuples que les sacrifices indispensables pour le solide établissement de la paix.
Et c’est principalement à ce point de vue que j’ose me croire autorisé à placer sous l’auguste patronage impérial le simple récit de la retraite de Laguna, cette œuvre de constance et de discipline où les officiers de Votre Majesté, ayant à défendre au milieu d’obstacles de toute espèce les étendards et les canons qui leur avaient été confiés, n’ont cessé, autant qu’ils l’ont pu, de contenir le légitime ressentiment de braves soldats poussés à bout par les fureurs de l’ennemi, et de faire obstacle à la cruauté traditionnelle d’auxiliaires indiens qui ne respiraient que vengeance.
Ce reflet d’un grand acte d’initiative souveraine est le plus beau souvenir que nous puissions jamais invoquer entre compagnons d’armes ; j’ai l’honneur d’en offrir l’hommage à Votre Majesté.
Le très humble et très obéissant serviteur et sujet,
Alfred d’Escragolle-Taunay.
| Préface de cette troisième édition, par Ernest Aimé | IX |
| Préface de la deuxième édition, par Xavier Raymond | XIX |
| Préface de la première édition, par l’auteur | XXVI |
| CHAPITRE PREMIER. | |
| Formation d’un corps d’armée destiné à agir par le Nord sur le Paraguay supérieur. — Distances et difficultés d’organisation | 1 |
| CHAPITRE II. | |
| Miranda. — Départ de la colonne. — De Miranda à Nioac. | 8 |
| CHAPITRE III. | |
| Nioac. — Le colonel Carlos de Moraes Camisäo. — Le guide José Francisco Lopès | 18 |
| CHAPITRE IV. | |
| Marche en avant sur la frontière du Paraguay. — Conseil de guerre | 28 |
| CHAPITRE V. | |
| Reconnaissance. — Fausse alerte. — Retour de captifs échappés des mains de l’ennemi. — Le guide Lopès et son fils. — En avant ! | 35 |
| CHAPITRE VI. | |
| En marche.— Disposition de la colonne.— Vue de la frontière. | 44
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| CHAPITRE VII. | |
| Passage de l’Apa. — Premier engagement. — Occupation de la Machorra | 53 |
| CHAPITRE VIII. | |
| Occupation de Bella Vista. — Les Paraguéens font le vide autour de la colonne. — Tentative pour entrer en pourparlers. — Elle échoue. — Les vivres deviennent rares. — Marche sur Laguna | 66 |
| CHAPITRE IX | |
| Ordre de marche et disposition do corps expéditionnaire. — Le marchand italien. — Le commandant Gonçalvès. — Surprise et enlèvement du camp paraguéen de Laguna | 79 |
| CHAPITRE X. | |
| Marche en arrière sur l’Apa-Mi. — Escarmouches et combats avec la cavalerie paraguéenne qui entoure de tous côtés le corps d’armée | 92 |
| CHAPITRE XI. | |
| Fausse alerte. — Dernières illusions. — Le lieutenant Victor Baptiste. — Passage de l’Apa. — Rentrée sur le territoire brésilien | 105 |
| CHAPITRE XII. | |
| Vigoureuse attaque de rennemi. — Elle est repoussée, mais le troupeau se disperse au bruit du combat. — Scènes du champ de bataille. — La négresse Anna. — Le blessé paraguéen. — Les vivres vont manquer | 118 |
| CHAPITRE XIII. | |
| Délibération sur la route à suivre. — Premier incendie dans la prairie. | 130
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| CHAPITRE XIV. | |
| La marche continue. — L’ennemi prend l’avance. — Nouveau sacrifice de bagages. — Les vivres manquent. -— Incendies et orages de pluies dans la prairie. — Escarmouches incessantes | 141 |
| CHAPITRE XV. | |
| Incertitude sur la route à suivre. — Nouvel incendie, nouvelle attaque des Paraguéens. — Elle est repoussée. — Dénuement de la colonne. — On retrouve la route. — Passage de la rivière des Croix. — La marche est reprise. — Nouveau passage de rivière. — La famine se fait ressentir. — Les femmes qui suivent la colonne. | 156 |
| CHAPITRE XVI. | |
| Lueur d’espérance aussitôt évanouie. — Le choléra. — L’ennemi réparait. — Toujours l’incendie. — Le choléra redouble. — Une ressource, les choux palmistes. — Terrible passage d’un marais. — Le lieutenant dos Santos Soïza. — Bivouac ; on réussit à allumer des feux | 171 |
| CHAPITRE XVII. | |
| Arrivée sur les limites de la propriété du guide Lopès. — Passage du Prata. — L’ennemi suit toujours, mais poursuit mollement. — Ravages du choléra — Perplexités du colonel Camisao. — On abandonne les malades. — La séparation. — Le lieutenant-colonel Juvencio, le colonel Camisao sont pris à leur tour par la maladie. — Mort du fils de Lopès. — On continue à marcher. — Arrivée sur la ferme de Lopès ; il y meurt du choléra. — Son tombeau | 187 |
| CHAPITRE XVIII. | |
| Arrivée sur les bords du Miranda. — L’ennemi se tient à distance pour éviter la contagion du choléra. — Le Miranda n’est d’abord pas guéable. — Quelques hommes le passent cependant à la nage et apportent la bonne nouvelle de l’existence d’un grand bois d’orangers couverts de fruits mûrs. — Les chasseurs reçoivent l’ordre de tenter le passage en corps. — Ils réussissent. — Mort du lieutenant-colonel Juvencio. — Mort du colonel Camisao. — Il est remplacé dans le commandement par J. T. Gonçalvès. — Un va-et-vient est établi sur la rivière. — Les oranges arrivent en abondance. — Leur effet bienfaisant sur les affamés et les cholériques. | 204
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| CHAPITRE XIX. | |
| La confiance renaît. — La discipline se rétablit. — Passage du Miranda. — Les canons. — Encore l’ennemi, — On lui prend quelques bœufs qui sont d’une grande ressource. — Marche forcée. — On fait sept lieues ! — Caninde | 219 |
| CHAPITRE XX. | |
| Marche sur Nioac qui n’est plus qu’à deux lieues île distance. — L’ennemi rode toujours autour de la colonne. — Le marchand italien Saraco | 231 |
| CHAPITRE XXI. | |
| Nioac. — Déception ; il a été pillé, incendié et presque entièrement détruit par les Paraguéens. — Infernale ruse de guerre. — L’ennemi disparaît définitivement — Rentrée paisible du corps d’armée. — Ordre du jour sur cette campagne de trente-cinq jours | 342 |
| ANNEXES. | |
| El semanario | 357 |