La disgrâce de la Grande-Bretagne consommée!

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La disgrâce de la Grande-Bretagne consommée!

Le Canada vendu et abandonné!
Le bill des pertes de la rébellion passé!!
Oeufs pourris lancés sur le gouverneur!!!
25 avril, 1849


Cette après-midi, il circulait une rumeur en ville que le gouverneur général se rendrait à la Chambre et donnerait sanction à certains bills; mais on ne pouvais pas supposer que le bill de l'indemnité des pertes de la rébellion serait du nombre.

Honteux du rôle qu'il allait jouer, et espérant en imposer au sentiment public, lord Elgin vint ramper dans la Chambre une heure après le temps marqué et, quand on put croire qu'il avait changé d'intentions, il se montra dans la Chambre du Conseil législatif. Après la lecture de plusieurs bills de peu d'importance, le greffier lut d'un ton qui n'annonçait pas le désir d'attirer l'attention du public :

LE BILL DES PERTES DE LA RÉBELLION.

Et, à la honte éternelle de la Grande-Bretagne,

LA RÉBELLION EST LA LOI DU SOL.

Le bruit de ce fait a été accueilli par des cris de rage et des battements de pieds. Plusieurs autres bills ont reçu la sanction royale après cela, mais les galeries se vidèrent par dégoût, « murmurant et maugréant tout haut et tout bas » des malédictions qui auront effet quelque autre jour.

Les personnes qui s'étaient assemblées dans les environs, apprenant ce qui venait de se passer, éclatèrent en hurlements, cris de rage et d'indignation contre le « dernier gouverneur du Canada ». Quand lord Elgin (il ne mérite plus le titre d'Excellence) reparut dans les rues en sortant de la Chambre du Conseil, il fut reçu par les sifflets, les grognements et les cris d'indignation de la foule. On lui lança des œufs pourris, et lui et ses aides de camp furent arrosés de cette liqueur savoureuse, et sa voiture fut couverte du contenu dégoûtant des œufs et de boue. Quand la provision d'oeufs fut épuisée, on se servit de pierres pour saluer le départ du carrosse, et il fut emmené au galop au milieu des malédictions de ses compatriotes.

LA FIN A COMMENCÉ.

Anglo-Saxons, vous devez vivre pour l'avenir; votre sang et votre race seront désormais votre loi suprême, si vous êtes vrais à vous-mêmes. Vous serez Anglais, « dussiez-vous n'êtes plus Britanniques. » À qui et quelle est votre allégeance maintenant? Que chaque homme réponde pour lui-même.

La poupée du spectacle doit être rappelée, ou repoussée par le mépris universel du peuple.

Dans le langage de Guillaume IV, « LE CANADA EST PERDU ET LIVRÉ ». LA FOULE DOIT S'ASSEMBLER SUR LA PLACE D'ARMES, CE SOIR, À HUIT HEURES.

AU COMBAT, C'EST LE MOMENT!