Le Commencement du Voyage

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H. Fournier, 1839 (1, pp. 82-83).


LE COMMENCEMENT DU VOYAGE


chanson


CHANTÉE SUR LE BERCEAU D’UN ENFANT NOUVEAU-NÉ


Air du Vaudeville des Chevilles de Maître Adam


Voyez, amis, cette barque légère
Qui de la vie essaie encor les flots :
Elle contient gentille passagère ;
Ah ! soyons-en les premiers matelots.
Déjà les eaux l’enlèvent au rivage,
Que doucement elle fuit pour toujours !
Nous qui voyons commencer le voyage,
Par nos chansons égayons-en le cours.


Déjà le Sort a soufflé dans les voiles ;
Déjà l’Espoir prépare les agrès,
Et nous promet, à l’éclat des étoiles,
Une mer calme et des vents doux et frais.
Fuyez, fuyez, oiseaux d’un noir présage :
Cette nacelle appartient aux Amours.
Nous qui voyons commencer le voyage,
Par nos chansons égayons-en le cours.


Au mât propice attachant leurs guirlandes,
Oui, les amours prennent part au travail.
Aux chastes sœurs on a fait des offrandes,
Et l’Amitié se place au gouvernail.
Bacchus lui-même anime l’équipage,
Qui des plaisirs invoque le secours.
Nous qui voyons commencer le voyage,
Par nos chansons égayons-en le cours.


Qui vient encor saluer la nacelle ?
C’est le Malheur bénissant la Vertu,
Et demandant que du bien fait par elle
Sur cet enfant le prix soit répandu.
À tant de vœux dont retentit la plage,
Sûrs que jamais les dieux ne seront sourds,
Nous qui voyons commencer le voyage,
Par nos chansons égayons-en le cours.
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