Le Fer

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Poésies de Sully Prudhomme
Alphonse Lemerre, éditeur, 1872 (1866-1872, p. 54).
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Nous avons oublié combien la terre est dure :
Au pas lent de nos bœufs le fer tranchant du soc
L’entame en retournant le chaume et la verdure,
La divise, et soulève un gros et large bloc.

Ce labeur dont les mains saignaient, le fer l’endure.
Plus souple que l’ormeau, plus ferme que le roc,
Il tient sans trahison tant que sa tâche dure.
Patient sous l’effort, inaltérable au choc.

O vous tous, bienfaiteurs par amour ou génie,
De tous les temps, de race ou maudite ou bénie,
Sans choix je vous salue, et, si j’osais trier,

J’admirerais surtout les nouveaux qu’on renomme,
Mais je proclamerais premier sauveur de l’homme
Tubalcaïn, l’enfant du premier meurtrier !

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