Le Jour des Morts (Béranger)
La bibliothèque libre.
H. Fournier, 1839 (1, pp. 103-104).
LE JOUR DES MORTS
Air : Mirliton
(Les deux premiers vers de l’air sont doublés)
-
-
-
-
- Amis, entendez les cloches
- Qui par leurs sons gémissants
- Nous font de bruyants reproches
- Sur nos rires indécents.
- Il est des âmes en peine,
- Dit le prêtre intéressé :
- Amis, entendez les cloches
-
-
-
- C’est le jour des morts, mirliton, mirlitaine ;
-
-
-
- Resquiescant in pace !
- Resquiescant in pace !
-
-
-
-
-
-
-
- Qu’en ce jour la poésie
- Sème les tombeaux de fleurs ;
- Qu’à nos yeux l’hypocrisie
- Les arrose de ses pleurs.
- Je chante au sort qui m’entraîne
- Sur les traces du passé :
- Qu’en ce jour la poésie
-
-
-
- C’est le jour des morts, mirliton, mirlitaine ;
-
-
-
- Resquiescant in pace !
- Resquiescant in pace !
-
-
-
-
-
-
-
- Méchants, redoutez les diables :
- Mais qu’il soit un paradis
- Pour les filles charitables,
- Pour les buveurs francs amis ;
- Méchants, redoutez les diables :
-
-
-
-
-
-
-
- Que saint Pierre aux gens sans haine
- Ouvre d’un air empressé.
- Que saint Pierre aux gens sans haine
-
-
-
- C’est le jour des morts, mirliton, mirlitaine ;
-
-
-
- Resquiescant in pace !
- Resquiescant in pace !
-
-
-
-
-
-
-
- Le souvenir de nos pères
- Nous doit-il mettre en souci ?
- Ils ont ri de leurs misères ;
- Des nôtres rions aussi.
- Lise n’est point inhumaine ;
- Mon flacon n’est point cassé.
- Le souvenir de nos pères
-
-
-
- C’est le jour des morts, mirliton, mirlitaine ;
-
-
-
- Resquiescant in pace !
- Resquiescant in pace !
-
-
-
-
-
-
-
- Je ne veux point qu’on me pleure,
- Moi, le boute-en-train des fous.
- Puissé-je, à ma dernière heure,
- Voir nos fils plus gais que nous !
- Qu’ils chantent à perdre haleine,
- Sur le bord du grand fossé :
- Je ne veux point qu’on me pleure,
-
-
-
- C’est le jour des morts, mirliton, mirlitaine ;
-
-
-
- Resquiescant in pace !
-
-
-