Le Retour dans la Patrie
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 329-332).
LE RETOUR DANS LA PATRIE
Air : Suzon sortant de son village
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- Qu’il va lentement le navire
- À qui j’ai confié mon sort !
- Au rivage où mon cœur aspire,
- Qu’il est lent à trouver un port !
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- France adorée !
- Douce contrée !
- France adorée !
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- Qu’il va lentement le navire
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- Mes yeux cent fois ont cru te découvrir.
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- Qu’un vent rapide
- Soudain nous guide
- Qu’un vent rapide
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- Aux bords sacrés où je reviens mourir.
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- Mais enfin le matelot crie :
- Terre ! terre ! là bas, voyez !
- Ah ! tous mes maux sont oubliés.
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- Salut à ma patrie ! (ter.)
- Salut à ma patrie ! (ter.)
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- Mais enfin le matelot crie :
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- Oui, voilà les rives de France ;
- Oui, voilà le port vaste et sûr,
- Voisin des champs où mon enfance
- S’écoula sous un chaume obscur.
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- France adorée !
- Douce contrée !
- France adorée !
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- Oui, voilà les rives de France ;
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- Après vingt ans enfin je te revois ;
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- De mon village
- Je vois la plage,
- De mon village
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- Après vingt ans enfin je te revois ;
Je vois fumer la cime de nos toits.
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- Combien mon âme est attendrie !
- Là furent mes premiers amours ;
- Là ma mère m’attend toujours,
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- Salut à ma patrie !
- Salut à ma patrie !
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- Combien mon âme est attendrie !
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- Loin de mon berceau, jeune encore,
- L’inconstance emporta mes pas
- Jusqu’au sein des mers où l’aurore
- Sourit aux plus riches climats.
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- France adorée !
- Douce contrée !
- France adorée !
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- Loin de mon berceau, jeune encore,
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- Dieu te devait leurs fécondes chaleurs.
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- Toute l’année,
- Là, brille ornée,
- Toute l’année,
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- De fleurs, de fruits, et de fruits et de fleurs.
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- Mais là, ma jeunesse flétrie
- Rêvait à des climats plus chers ;
- Là, je regrettais nos hivers.
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- Salut à ma patrie !
- Salut à ma patrie !
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- Mais là, ma jeunesse flétrie
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- J’ai pu me faire une famille,
- Et des trésors m’étaient promis.
- Sous un ciel où le sang pétille,
- À mes vœux l’amour fut soumis.
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- France adorée !
- Douce contrée !
- France adorée !
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- J’ai pu me faire une famille,
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- Que de plaisirs quittés pour te revoir !
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- Mais sans jeunesse,
- Mais sans richesse,
- Mais sans jeunesse,
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- Si d’être aimé je dois perdre l’espoir ;
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- De mes amours, dans la prairie,
- Les souvenirs seront présents ;
- C’est du soleil pour mes vieux ans.
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- Salut à ma patrie !
- Salut à ma patrie !
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- De mes amours, dans la prairie,
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- Poussé chez des peuples sauvages
- Qui m’offraient de régner sur eux,
- J’ai dû défendre leurs rivages
- Contre des ennemis nombreux.
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- France adorée !
- Douce contrée !
- France adorée !
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- Poussé chez des peuples sauvages
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- Tes champs alors gémissaient envahis.
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- Puissance et gloire,
- Cris de victoire,
- Puissance et gloire,
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- Rien n’étouffa la voix de mon pays.
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- De tout quitter mon cœur me prie :
- Je reviens pauvre, mais constant.
- Une bêche est là qui m’attend.
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- Salut à ma patrie !
- Salut à ma patrie !
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- De tout quitter mon cœur me prie :
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- Au bruit des transports d’allégresse,
- Enfin le navire entre au port.
- Dans cette barque où l’on se presse,
- Hâtons-nous d’atteindre le bord.
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- France adorée !
- Douce contrée !
- France adorée !
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- Au bruit des transports d’allégresse,
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- Puissent tes fils te revoir ainsi tous !
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- Enfin j’arrive,
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- Et sur la rive
- Et sur la rive
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- Je rends au ciel, je rends grâce à genoux.
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- Je t’embrasse, ô terre chérie !
- Dieu ! qu’un exilé doit souffrir !
- Moi, désormais je puis mourir.
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- Salut à ma patrie !
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- Je t’embrasse, ô terre chérie !
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