Le Sénateur
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 6-8).
LE SÉNATEUR
1813
Air : J’ons un curé patriote
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- Mon épouse fait ma gloire :
- Rose a de si jolis yeux !
- Je lui dois, l’on peut m’en croire,
- Un ami bien précieux.
- Le jour où j’obtins sa foi
- Un sénateur vint chez moi.
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- Quel honneur !
- Quel bonheur !
- Quel honneur !
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- Ah ! monsieur le sénateur,
- Mon épouse fait ma gloire :
- Je suis votre humble serviteur.
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- De ses faits je tiens registre :
- C’est un homme sans égal.
- L’autre hiver, chez un ministre,
- Il mena ma femme au bal.
- S’il me trouve en son chemin,
- Il me frappe dans la main.
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- Quel honneur !
- Quel bonheur !
- Quel honneur !
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- Ah ! monsieur le sénateur,
- De ses faits je tiens registre :
- Je suis votre humble serviteur.
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- Près de Rose il n’est point fade,
- Et n’a rien de freluquet.
- Lorsque ma femme est malade,
- Il fait mon cent de piquet.
- Il m’embrasse au jour de l’an ;
- Il me fête à la saint-Jean.
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- Quel honneur !
- Quel bonheur !
- Quel honneur !
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- Ah ! monsieur le sénateur,
- Près de Rose il n’est point fade,
- Je suis votre humble serviteur.
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- Chez moi qu’un temps effroyable
- Me retienne après dîner,
- Il me dit d’un air aimable :
- « Allez donc vous promener ;
- « Mon cher, ne vous gênez pas,
- « Mon équipage est là-bas. »
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- Quel honneur !
- Quel bonheur !
- Quel honneur !
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- Ah ! monsieur le sénateur,
- Chez moi qu’un temps effroyable
- Je suis votre humble serviteur.
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- Certain soir à sa campagne
- Il nous mena par hasard ;
- Il m’enivra de champagne,
- Et Rose fit lit à part :
- Mais de la maison, ma foi,
- Le plus beau lit fut pour moi.
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- Quel honneur !
- Quel bonheur !
- Quel honneur !
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- Ah ! monsieur le sénateur,
- Certain soir à sa campagne
- Je suis votre humble serviteur.
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- À l’enfant que Dieu m’envoie
- Pour parrain je l’ai donné.
- C’est presque en pleurant de joie
- Qu’il baise le nouveau-né ;
- Et mon fils, dès ce moment,
- Est mis sur son testament.
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- Quel honneur !
- Quel bonheur !
- Quel honneur !
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- Ah ! monsieur le sénateur,
- À l’enfant que Dieu m’envoie
- Je suis votre humble serviteur.
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- À table il aime qu’on rie ;
- Mais parfois j’y suis trop vert.
- J’ai poussé la raillerie
- Jusqu’à lui dire au dessert :
- On croit, j’en suis convaincu,
- Que vous me faites c…
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- Quel honneur !
- Quel bonheur !
- Quel honneur !
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- Ah ! monsieur le sénateur,
- À table il aime qu’on rie ;
- Je suis votre humble serviteur.
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