Les Bohémiens (Béranger)
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H. Fournier, 1839 (2, pp. 313-316).
LES BOHÉMIENS
Air : Mon pèr’ m’a donné un mari
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- Sorciers, bateleurs ou filous,
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- Reste immonde
- Reste immonde
- D’un ancien monde ;
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- Sorciers, bateleurs ou filous,
- Gais Bohémiens, d’où venez-vous ?
- Sorciers, bateleurs ou filous,
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- D’où nous venons ? l’on n’en sait rien.
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- L’hirondelle
- L’hirondelle
- D’où vous vient-elle ?
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- D’où nous venons ? l’on n’en sait rien.
- Où nous irons, le sait-on bien ?
- D’où nous venons ? l’on n’en sait rien.
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- Sans pays, sans prince et sans lois,
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- Notre vie
- Notre vie
- Doit faire envie :
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- Sans pays, sans prince et sans lois,
- L’homme est heureux un jour sur trois.
- Sans pays, sans prince et sans lois,
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- Tous indépendants nous naissons,
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- Sans église
- Sans église
- Qui nous baptise ;
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- Tous indépendants nous naissons
- Au bruit du fifre et des chansons.
- Tous indépendants nous naissons,
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- Nos premiers pas sont dégagés,
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- Dans ce monde
- Dans ce monde
- Où l’erreur abonde ;
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- Nos premiers pas sont dégagés
- Du vieux maillot des préjugés.
- Nos premiers pas sont dégagés,
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- Au peuple, en butte à nos larcins,
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- Tout grimoire
- Tout grimoire
- En peut faire accroire ;
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- Au peuple, en butte à nos larcins,
- Il faut des sorciers et des saints.
- Au peuple, en butte à nos larcins,
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- Trouvons-nous Plutus en chemin,
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- Notre bande
- Notre bande
- Gaîment demande ;
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- Trouvons-nous Plutus en chemin,
- En chantant nous tendons la main.
- Trouvons-nous Plutus en chemin,
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- Pauvres oiseaux que Dieu bénit !
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- De la ville
- De la ville
- Qu’on nous exile ;
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- Pauvres oiseaux que Dieu bénit,
- Au fond des bois pend notre nid.
- Pauvres oiseaux que Dieu bénit !
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- À tâtons l’Amour, chaque nuit,
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- Nous attèle
- Nous attèle
- Tous pêle-mêle ;
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- À tâtons l’Amour, chaque nuit,
- Nous attèle au char qu’il conduit.
- À tâtons l’Amour, chaque nuit,
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- Ton œil ne peut se détacher,
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- Philosophe
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- Ton œil ne peut se détacher,
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- De mince étoffe ;
- De mince étoffe ;
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- Ton œil ne peut se détacher
- Du vieux coq de ton vieux clocher.
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- Voir c’est avoir. Allons courir !
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- Vie errante
- Vie errante
- Est chose enivrante.
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- Voir c’est avoir. Allons courir !
- Car tout voir c’est tout conquérir.
- Voir c’est avoir. Allons courir !
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- Mais à l’homme on crie en tout lieu,
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- Qu’il s’agite,
- Qu’il s’agite,
- Ou croupisse au gîte ;
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- Mais à l’homme on crie en tout lieu
- « Tu nais, bonjour ; tu meurs, adieu. »
- Mais à l’homme on crie en tout lieu,
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- Quand nous mourons, vieux ou bambin,
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- Homme ou femme,
- Homme ou femme,
- À Dieu soit notre âme !
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- Quand nous mourons, vieux ou bambin,
- On vend le corps au carabin.
- Quand nous mourons, vieux ou bambin,
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- Nous n’avons donc, exempts d’orgueil,
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- De lois vaines,
- De lois vaines,
- De lourdes chaînes ;
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- Nous n’avons donc, exempts d’orgueil,
- Ni berceau, ni toit, ni cercueil.
- Nous n’avons donc, exempts d’orgueil,
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- Mais, croyez-en notre gaîté,
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- Noble ou prêtre,
- Noble ou prêtre,
- Valet ou maître ;
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- Mais, croyez-en notre gaîté,
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- Mais, croyez-en notre gaîté,
- Le bonheur c’est la liberté.
- Mais, croyez-en notre gaîté,
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- Oui, croyez-en notre gaîté,
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- Noble ou prêtre,
- Noble ou prêtre,
- Valet ou maître ;
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- Oui, croyez-en notre gaîté,
- Le bonheur c’est la liberté.
- Oui, croyez-en notre gaîté,
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