Les Champs
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 244-246).
LES CHAMPS
Air : Mon amour était pour Marie
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- Rose, partons ; voici l’aurore :
- Quitte ces oreillers si doux.
- Entends-tu la cloche sonore
- Marquer l’heure du rendez-vous ?
- Cherchons loin du bruit de la ville,
- Pour le bonheur un sûr asile.
- Viens aux champs couler d’heureux jours ;
- Les champs ont aussi leurs amours.
- Rose, partons ; voici l’aurore :
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- Viens aux champs fouler la verdure,
- Donne le bras à ton amant ;
- Rapprochons-nous de la nature
- Pour nous aimer plus tendrement.
- Des oiseaux la troupe éveillée
- Nous appelle sous la feuillée.
- Viens aux champs couler d’heureux jours ;
- Les champs ont aussi leurs amours.
- Viens aux champs fouler la verdure,
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- Nous prendrons les goûts du village ;
- Le jour naissant t’éveillera :
- Le jour mourant sous le feuillage
- À notre couche nous rendra.
- Nous prendrons les goûts du village ;
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- Puisses-tu, maîtresse adorée !
- Te plaindre encor de sa durée !
- Viens aux champs couler d’heureux jours ;
- Les champs ont aussi leurs amours.
- Puisses-tu, maîtresse adorée !
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- Quand l’été vers un sol fertile
- Conduit des moissonneurs nombreux ;
- Quand, près d’eux, la glaneuse agile
- Cherche l’épi du malheureux ;
- Combien, sur les gerbes nouvelles,
- De baisers pris aux pastourelles !
- Viens aux champs couler d’heureux jours ;
- Les champs ont aussi leurs amours.
- Quand l’été vers un sol fertile
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- Quand des corbeilles de l’automne
- S’épanche à flots un doux nectar,
- Près de la cuve qui bouillonne
- On voit s’égayer le vieillard ;
- Et cet oracle du village
- Chante les amours d’un autre âge.
- Viens aux champs couler d’heureux jours ;
- Les champs ont aussi leurs amours.
- Quand des corbeilles de l’automne
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- Allons visiter des rivages
- Que tu croiras des bords lointains.
- Je verrai, sous d’épais ombrages,
- Tes pas devenir incertains.
- Le désir cherche un lit de mousse ;
- Le monde est loin, l’herbe est si douce !
- Viens aux champs couler d’heureux jours ;
- Les champs ont aussi leurs amours.
- Allons visiter des rivages
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- C’en est fait ! Adieu, vains spectacles !
- Adieu, Paris, où je me plus ;
- Où les beaux-arts font des miracles,
- Où la tendresse n’en fait plus !
- Rose, dérobons à l’envie
- Le doux secret de notre vie.
- Viens aux champs couler d’heureux jours ;
- Les champs ont aussi leurs amours.
- C’en est fait ! Adieu, vains spectacles !
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