Les Fleurs du mal/1857/L’Invitation au voyage
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Les Fleurs du mal (1857)
Poulet-Malassis et de Broise, 1857 (pp. 115-117).
XLIX
L’INVITATION AU VOYAGE
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- Mon enfant, ma sœur,
- Songe à la douceur
- Mon enfant, ma sœur,
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D’aller là-bas vivre ensemble ;
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- — Aimer à loisir,
- Aimer et mourir
- — Aimer à loisir,
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Au pays qui te ressemble !
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- Les soleils mouillés
- De ces ciels brouillés
- Les soleils mouillés
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Pour mon esprit ont les charmes
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- Si mystérieux
- De tes traîtres yeux,
- Si mystérieux
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Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
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- Des meubles luisants,
- Polis par les ans,
- Des meubles luisants,
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Décoreraient notre chambre ;
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- Les plus rares fleurs
- Mêlant leurs odeurs
- Les plus rares fleurs
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Aux vagues senteurs de l’ambre,
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- Les riches plafonds,
- Les miroirs profonds,
- Les riches plafonds,
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La splendeur orientale,
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- Tout y parlerait
- À l’âme en secret
- Tout y parlerait
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Sa douce langue natale.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
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- Vois sur ces canaux
- Dormir ces vaisseaux
- Vois sur ces canaux
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Dont l’humeur est vagabonde ;
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- C’est pour assouvir
- Ton moindre désir
- C’est pour assouvir
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Qu’ils viennent du bout du monde.
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- — Les soleils couchants
- Revêtent les champs,
- — Les soleils couchants
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Les canaux, la ville entière,
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- D’hyacinthe et d’or ;
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- — Le monde s’endort
- — Le monde s’endort
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Dans une chaude lumière.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.