Les Fleurs du mal/1857/Le Poison
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Les Fleurs du mal (1857)
Poulet-Malassis et de Broise, 1857 (pp. 105-106).
XLV
LE POISON
Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
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- D’un luxe miraculeux,
- D’un luxe miraculeux,
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Et fait surgir plus d’un portique fabuleux
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- Dans l’or de sa vapeur rouge,
- Dans l’or de sa vapeur rouge,
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Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.
L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes,
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- Projette l’illimité,
- Projette l’illimité,
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Approfondit le temps, creuse la volupté,
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- Et de plaisirs noirs et mornes
- Et de plaisirs noirs et mornes
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Remplit l’âme au-delà de sa capacité.
Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
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- De tes yeux, de tes yeux verts,
- De tes yeux, de tes yeux verts,
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Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers ;
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- — Mes songes viennent en foule
- — Mes songes viennent en foule
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Pour se désaltérer à ces gouffres amers.
Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
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- De ta salive qui mord,
- De ta salive qui mord,
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Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
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- Et, charriant le vertige,
- Et, charriant le vertige,
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La roule défaillante aux rives de la mort !