Les Innocents

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Victor HugoL'Année terrible

Les Innocents



                       XVIII 

Mais les enfants sont là. Le murmure qui sort 
De ces âmes en fleur est-il compris du sort ? 
L'enfant va devant lui gaiement ; mais la prière, 
Quand il rit, parle-t-elle à quelqu'un en arrière ? 
Le frais chuchotement du doux être enfantin 
Attendrit-il l'oreille obscure du destin ? 
Oh ! que d'ombre ! Tous deux chantent, fragiles têtes 
Où flotte la lueur d'on ne sait quelles fêtes, 
Et que dore un reflet d'un paradis lointain ! 
Les enfants ont des coeurs faits comme le matin 
Ils ont une innocence étonnée et joyeuse ; 
Et pas plus que l'oiseau gazouillant sous l'yeuse, 
Pas plus que l'astre éclos sur les noirs horizons, 
Ils ne sont inquiets de ce que nous faisons, 
Ayant pour toute affaire et pour toute aventure 
L'épanouissement de la grande nature ; 
Ils ne demandent rien à Dieu que son soleil ; 
Ils sont contents pourvu qu'un beau rayon vermeil 
Chauffe les petits doigts de leur main diaphane 
Et que le ciel soit bleu, cela suffit à Jeanne.
Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils