Nahum
Version Chanoine Crampon - 1923
[modifier] Chapitre 1
- Oracle sur Ninive. Livre de la Vision de Nahum d’Elqosch.
- C’est un Dieu jaloux et vengeur que Yahweh ; vengeur est Yahweh et connaissant le courroux ; Yahweh se venge de ses adversaires, et garde rancune à ses ennemis.
- Yahweh est patient et grand en force, et il n’accorde pas l’impunité. Yahweh marche dans la tempête et dans l’ouragan, et la nuée est la poussière de ses pieds.
- Il menace la mer et il la dessèche, et il fait tarir tous les fleuves. Basan et le Carmel sont flétris, flétrie est la végétation du Liban.
- Les montagnes tremblent devant lui, et les collines se fondent ; la terre se soulève devant sa face le monde et tous ceux qui l’habitent.
- Devant sa fureur qui subsistera, qui tiendra contre l’ardeur de sa colère ? Son courroux se répand comme le feu, et les rochers se brisent devant lui.
- Yahweh est bon ; il est un refuge au jour de la détresse, et il connaît ceux qui se confient en lui.
- Par un flot débordant il détruira entièrement ce lieu, et il poursuivra ses ennemis jusque dans les ténèbres.
- Quelles sont vos pensées sur Yahweh ? Il consommera la ruine ; la détresse ne surgira pas deux fois.
- Car, entrelacés comme des épines, et comme ivres de leur vin, ils seront consumés comme de la paille toute sèche.
- De toi est sorti celui qui médite le mal contre Yahweh, celui qui forme des desseins criminels.
- Ainsi parte Yahweh : Bien qu’ils soient intacts et nombreux, ils seront moissonnés et disparaîtront. Je t’ai humiliée et je ne t’humilierai plus.
- Et maintenant, ô Juda, je briserai son joug de dessus toi, et je romprai tes liens.
- Quant à toi, voici ce qu’a ordonné Yahweh : Il n’y aura plus de postérité de ton nom ; je détruirai de la maison de ton Dieu les images taillées et celles de fonte ; je prépare ton sépulcre, parce que tu as été léger.
[modifier] Chapitre 2
- Voici sur les montagnes les pieds d’un messager de bonnes nouvelles, qui annonce la paix. Célèbre tes fêtes, ô Juda, accomplis tes vœux ! Car il ne passera plus chez toi ; le méchant est entièrement détruit.
- Un destructeur s’avance contre toi ; garde la forteresse, surveille le chemin, affermis tes reins, ramasse toute ta force !
- Car Yahweh rétablit la gloire de Jacob, ainsi que la gloire d’Israël, parce que des pillards les ont pillés, et ont détruit leurs ceps.
- Le bouclier de ses guerriers est teint en rouge, ses hommes d’armes sont vêtus d’écarlate ; dans le feu des aciers ses chars apparaissent, au jour où il prépare la bataille, et les lances s’agitent.
- Dans les rues les chars s’élancent avec furie ; ils se précipitent sur les places. Leur aspect est celui des flammes, des éclairs qui courent.
- Il se souvient de ses nobles ; eux trébuchent dans leur marche. Ils se précipitent vers les murs ; on se prépare à la défense.
- Les portes des fleuves s’ouvrent, et le palais s’effondre.
- C’en est fait, elle est mise à nu, elle est emmenée, et ses servantes poussent des gémissements, pareils aux plaintes des colombes ; elles se frappent la poitrine.
- Ninive est comme un bassin d’eau depuis son origine... Ils s’enfuient !... Arrêtez ! Arrêtez !... Pas un ne se retourne !
- Pillez l’argent, pillez l’or ! Car il n’y a pas de fin à ses richesses, à l’amas de tous ses objets précieux.
- Vidée, pillée, mise à sec ! Les cœurs défaillent, les genoux tremblent ; tous les reins sont dans l’angoisse, tous les visages sont livides.
- . Où est-il, le repaire des lions, qui était un lieu de pâture pour les jeunes lions ; où se retiraient le lion, la lionne et le lionceau, sans que personne les effrayât ?
- Le lion ravissait ce qu’il fallait à ses petits, il étranglait pour ses lionnes, Il remplissait de proie ses cavernes, et ses antres de dépouilles.
- Me voici contre toi ! - oracle de Yahweh des armées ; je vais réduire tes chars en fumée ; l’épée dévorera tes jeunes lions ; j’arracherai du pays ta proie, et l’on n’entendra plus la voix de tes messagers.
[modifier] Chapitre 3
- Malheur à la ville de sang, toute pleine de fraude, de violence, et qui ne cesse pas ses rapines !
- on entend le bruit du fouet, le bruit du fracas des roues, le galop des chevaux, les chariots qui bondissent !
- Cavaliers qui s’élancent, épée flamboyante, lance fulgurante ! Multitude de blessés, masse de morts, des cadavres à l’infini... On trébuche sur leurs cadavres.
- C’est à cause des nombreuses prostitutions de la prostituée, pleine d’attraits, habile aux enchantements, qui vendait les nations par ses prostitutions, et les peuples par ses enchantements.
- Me voici contre toi ! - oracle de Yahweh des armées ; je vais relever les pans de ta robe jusque sur ton visage, je montrerai aux nations ta nudité, et ta honte aux royaumes
- Je jetterai sur toi des ordures et je t’avilirai, et je te donnerai en spectacle.
- Quiconque te verra, fuira loin de toi, et dira : " Ninive est détruite ! " Qui la plaindra ? Où te chercherai-je des consolateurs ?
- Vaux-tu mieux que No-Amon, qui était assise sur les fleuves, que les eaux environnaient, qui avait la mer pour rempart, et dont la mer était la muraille ?
- L’Ethiopie était sa force, ainsi que l’Egypte, et ils étaient innombrables ; Phut et les Libyens étaient tes auxiliaires.
- Pourtant, elle est allée en exil, elle a été captive ! ses petits enfants aussi ont été écrasés, à l’angle de toutes les rues ; on a jeté le sort sur ses nobles, et tous ses grands ont été chargés de chaînes.
- Toi aussi, tu seras enivrée et tu disparaîtras ; toi aussi, tu chercheras un refuge devant l’ennemi.
- Toutes tes places fortes sont des figuiers aux figues mûres ; on secoue, et elles tombent dans la bouche de qui veut les manger.
- Voici que ton peuple est comme des femmes au milieu de toi ; devant tes ennemis s’ouvriront toutes grandes les portes de ton pays ; le feu dévore tes verrous.
- Puise-toi de l’eau en vue du siège, restaure tes forts, pétris l’argile et foule la terre glaise, saisis le moule à briques.
- Là le feu te dévorera, l’épée t’exterminera, elle te dévorera comme le yéléq, quand tu serais nombreux comme le yéléq, nombreux comme la sauterelle.
- Tu as multiplié tes marchands, plus que les étoiles du ciel ; le yéléq ouvre ses ailes et s’envole.
- Tes gardes sont comme le yéléq et tes chefs comme un amas de sauterelles ; elles se posent sur les haies en un jour froid ; dès que le soleil paraît, elles fuient, et l’on ne connaît plus leur séjour ; où sont-elles
- Tes pasteurs sont endormis, roi d’Assyrie ; tes vaillants hommes sont couchés, ton peuple est dispersé sur les montagnes, et il n’y a personne qui les rassemble.
- Ta blessure est sans remède, ta plaie est grave ; tous ceux qui entendront raconter ton sort battront des mains à ton sujet ; car sur qui ta méchanceté n’a-t-elle pas passé sans trêve ?