Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges. Tome I

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NOBILIAIRE

DU DIOCÈSE ET DE LA GÉNÉRALITÉ
DE LIMOGES
PAR L’ABBÉ JOSEPH NADAUD
CURÉ DE TEYJAC
PUBLIÉ
SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE
ET HISTORIQUE DU LIMOUSIN
PAR

L’ABBÉ A. LECLERC

Ne turbata volent rapidis ludibris ventis.
Virgile





TOME I

DEUXIÈME ÉDITION

LIMOGES
Ve H. DUCOURTIEUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR

7, RUE DES ARÈNES, 7
––
1882


Sommaire

[modifier] Corps du document

[modifier] ALBANI-ALESME, p. 26

26 NOBILIAIRE

ou des Chadauds, damoiseau de Montbrun, fils de feu Pierre de Casalibus, damoiseau, par contrat du 20 février 1364.

II. – André Albani, damoiseau du bourg du dit Champagnac, épousa Jeanne Roux de Cramaud, par contrat du 15 décembre 1368, auquel étaient présents Pierre de Cramaud, chevalier, et Simon, son frère, depuis cardinal. De ce mariage sont nées : 1° Marguerite, femme (1404) de Boscofreno (Bosfran), damoiseau de la ville de Châlus-Chabrol ; 2° Catherine, femme (1404) de Élie Chantareau, damoiseau du bourg de Lagayrac.

ALBUSSAC (1). – Pierre d’Albussangis et le vicomte de Ventadour, bienfaiteurs du monastère de La Valette, diocèse de Tulle, 1294.

[Guillaume d’Albussac, chantre de Rouen, est témoin dans un acte du 11 septembre 1342.]

SOURCES : Gallia christiana nov., T. II, col. 682 ; – BALUZE, Histoire de la maison d’Auvergne, T. II, p. 604.

ALÈGRE, Sr de Busset (2) de Puisagut. – Portait : de gueules à la tour carrée d’argent, accompagnée de six fleurs de lis d’or. – Extrait de l’armorial de Lamy.)

ALESME.

Noble Antoine d’Alesme, conseiller du roi et général à la cour des monnaies de Paris, épousa Anne Braillon, dont Moïse, qui, tonsuré à Paris, sa patrie, 1552, épousa depuis une veuve, et fut ordonné prêtre avec dispense en 1599.

Jean Alesme, conseiller au parlement de Bordeaux, fut nommé, en février 1561, vieux style, par le roi, le premier des deux commissaires pour connaître des cruelles et inhumaines entreprises, force, violences, meurtres, homicides, crimes commis dans la Guyenne sous ombre de religion. Il se transporta sur-le-champ en Agenais.

[Guillaume d’Alesme, conseiller-doyen et garde des. sceaux du parlement de Guyenne, marié avec Catherine Des Cars de Merville, fut père de Marie d’Alesme, alliée avec Charles d’Alogny, Sgr de La Roffie.]

Henri d’Alesme, écuyer, Sr de Plantadis, paroisse de Saint-Martin-Terressus (3), habitant de la ville de Saint-Léonard, épousa Léonarde de Baulx, qui mourut le 25 septembre 1645.

Jacques-Urbain Dalesme Sr de Voultret, épousa (1766) Anne Chapelle de Jumilhac.

Jean-Marie d’Alesme, écuyer, Sr du Pic, paroisse de Saint-Michel-des-Lions de Limoges, épousa 1° ..... ; 2°, en 1766, Anne-Françoise de Pichard, paroisse de Châtelus (4).

Pierre Dalesme, chevalier, Sr de Rigoulène (5), lieutenant-général d’épée

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1. Arrondissement de Tulle, canton d’Argentat (Corrèze)
2. Busset, arrondissement de La Palisse, canton de Cusset (Allier).
3. Saint-Martin-Terressus, canton de St-Léonard, arrondissement de Limoges (Hte-Vienne).
4. Châtelus-le-Marcheis, canton de Bénévent, arrondissement de Bourganeuf (Creuse).
5. Près St-Léonard (Haute-Vienne). – Plusieurs Dalesme de Rigoulène ont été trésoriers de France au bureau de la généralité de Limoges.


[modifier] AUBOUX-AUBUSSON, p. 44

44 NOBILIAIRE

Louis Auboux, Sr d’Esteveny, Sr de La Maison-Rouge, paroisse de....., fut maintenu par M. d’Herbigny, intendant.

Jean-Claude d’Auboust, Sgr des Vergnes de Saint-Maurice et de Bagueville (1) demeurant dans la paroisse du dit lieu de Saint-Maurice, près Crocq, diocèse de Limoges, province de la Marche, fut maintenu dans la qualité d’écuyer par ordonnance de l’intendant de Moulins du 9 novembre,1700. Il fut marié, le 18 avril 1692, avec Françoise du Pouyet, dont il eut Claude-René Auboust des Vergnes, né le 22 avril 1697, reçu page du roi dans sa grande écurie le 30 janvier 1712 (2).

AUBUSSON. – [Les vicomtes d’Aubusson tirent leur nom de la ville d’Aubusson dans la Marche, dont ils étaient anciennement vicomtes. Cette maison, de laquelle sont sortis un grand-maître de Rhodes et cardinal, un archevêque d’Embrun et évêque de Metz, un évêque de Limoges, deux de Tulle, un de Conserans, un abbé de Saint-Martial. de Limoges, deux Maréchaux ducs et pairs de France, un commandeur et un chevalier du Saint-Esprit, est l’une de celles dont on prouve le mieux l’ancienneté, puisque par des titres elle parait déja illustre dès la fin du IXe siècle, où Ranulphe, frère aîné de Turpin ou Turpion, évêque de Limoges en 898, fut établi vicomte de cette partie du Limousin qu’on appelle la Marche par le roi Eudes, en 888 (3). (Tabl. hist., 4e part., p. 300 301.)

La Feuillade (4) est une seigneurie de l’ancien domaine des vicomtes d’Aubusson, qui fut donnée en partage, dans le XIIIe siècle, avec celles de La Borne et de Monteil-au-Vicomte, à Ranulfe, deuxième fils de Reynaud VI. (Ibid., p. 301,)]

D’Aubusson porte : d’or à la croix de gueules ancrée ou nillée.

Tout ce qui rend une maison très illustre se trouve avec avantage dans celle d’Aubusson. L’antiquité et l’origine en est inconnue et incertaine comme celle des plus grandes maisons du monde. Ce qu’il y a d’assuré, c’est que, au temps de Charlemagne, les Aubusson étaient déja célèbres dans la France ; car, les rois de la deuxième race ayant établi des comtes pour gouverner chaque province, et ces comtes choisissant toujours les plus grands seigneurs de leurs provinces pour leurs lieutenants, Geoffroi,

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1. Peut-être Basville, près Crocq.
2. Le Cabinet de d’Hozier parle d’un autre Auboux des Vergnes, né en 1733, également page du roi en 1749.
3. Le père Anselme (Hist. généalogique, t. V) dit, d’après Baluze, que dans lé Limousin, ces vicomtes furent Faucher de Ségur pour le Haut-Limousin ; Adhèmar des Echelles pour le Bas-Linousin, et Ranulfe d’Aubusson pour la partie de cette province que l’on nomme la Marehe, Quoique ces emplois de vicomte ne fussent que personnels, leurs descendants s’en firent depuis un titre d’honneur
4. La Feuillade dans la paroisse de Faux-la-Montagne, canton de Gentioux, arrondissement d’Aubusson (Creuse). – Il y a vingt ans a peine que la famille d’Aubusson a vendu cette terre. L’antique manoir est depuis longtemps en ruines. – La Borne est près d’Aubusson, – Le Monteil-au-Vicomte est une paroisse du canton de Royère, arrondissement de Bourganeuf (Creuse), où l’on voit encore le donjon du château. – La Chassagne, dont on parle un peu plus bas, est une terre située dans la paroisse de Saint-Quentin, près Felletin, arrondissement d’Aubusson (Creuse).


[modifier] AUBUSSON, p. 45-84

DU LIMOUSIN 45

premier comte de la Marche (1), prit un lieutenant dans la maison d’Aubusson, environ l’an 860. Ce lieutenant, dont nous ne savons point le nom, fut appelé vicomte d’Aubusson à cause que ces lieutenants des comtes, pour se distinguer les uns des autres, et se faire connaître chacun en particulier, ajoutaient au titre de leur dignité celui de la terre principale qu’ils possédaient. Ainsi les seigneurs d’Aunay, de Limoges, de Rochechouart, de Comborn, de Turenne, de Polignac, qui étaient vicomtes de Poitou, de Quercy, de Périgord et d’Auvergne, comme les vicomtes d’Aubusson étaient vicomtes de la Marche, se faisaient appeler, du nom de leurs terres, les vicomtes d’Aunay, de Limoges, de Rochechouart, de Comborn, de Turenne et de Polignac.

Il n’est point vrai, comme vient de le dire le P. Bouhours, que la maison d’Aubusson doive les commencements de son illustration au comte de la Marche : c’est à Eudes, roi de France, qui, voulant faire gouverner le Limousin par des vicomtes, établit un vicomte d’Aubusson dans cette partie de la province qu’n appelait la Marche. Ce fut donc le roi qui l’établit, et non le comte de la Marche : aussi les descenclants ne sont jamais qualifiés vicomtes de la Marche. Dans un acte de l’an 958, Rainald, vicomte d’Aubusson, est nommé avant Boson marquis ou comte de la Marche. Ainsi c’était avec juste titre que Gérard-Hector, évêque de Cahors, écrivant, vers l’an 1170, a l’empereur Frédéric, le prie de faire restituer ce qu’on a pris à son cousin, vicomte d’Aubusson, marquis de ce pays. Dans la suite, les comtes de la Marcle étant devenus puissants par leurs alliances, les vicomtes d’Aubusson n’eurent plus le même rang : ils furent soumis a ceux dont ils avaient antérieurement partage l’autorité et l’éclat.

Turpin, qui fut élu évêque de Limoges l’an 898, et qu’Adémar, dans sa Chronique, ne loue pas moins pour la splendeur de sa naissance que pour la sainteté de sa vie, était fils de ce premier vicomte d’Aubusson et frère de Renaud Ier, qui fut vicomte après son père sous Sulpice lI, comte de la Marche, fils de Geofroy.

La dignité de vicomte demeura plus de quatre cents ans dans la maison d’Aubusson, et passa toujours de père en fils, jusqu’a ce que Raymond Ier, n’ayant point d’enfants, vendit sa vicomté à Hugues, comte de la Mrche, au désavantage de Ranulfe d’Aubusson, son frère, qui épousa Dauphine de La Tour, et continua la postérité.

La piété et la libéralité qui en ces temps-là distinguaient fort les grands seigneurs des gens d’une condition commune étaient dans cette maison comme des vertus héréditaires ; car, sans parler du saint évêque Turpin, si magnifique en tout ce qui regardait le culte des autels, selon le témoignage d’Adémar, et si zélé pour la gloire de Dieu qu’il rétablit plusieurs monastères ruinés, et rebâtit entiêrement celui de Saint-Augustin de Limoges, où il fit refleurir la discipline monastique sous la règle de saint Benoît, les vicomtes d’Aubusson furent des seigneurs très religieux, et firent presque tous, à plusieurs églises, des donations considérables. Les abbayes de Saint-Martin de Tulle, de Saint-Pierre d’Uzerche, de Saint-

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1. Dans l’Art de vérifier les dates, les bénédictins font Geofroi premier comte, non de la Marche mais de. Charroux, en… C’eat Boson Ier qui fut premier comte de la Marche vers le milieu du Xe siècle.

46 NOBILIAIRE

Barthélémy de Bénévent, sont encore des monuments authentiques de leur piété libérale. Je ne dis rien du monastère de Fontevraud, auquel Ramnulphe III donna le village de Blessac (1) lorsque sa fille en était prieure, ni du monastère même de Blessac, que Renaud VI fonda environ l’an 1100, et où, sur la fin de ses jours, il se rendit religieux. (Voyez mes Mémoires, T. I, p. 93.)

Ces seigneurs et leurs descendants se signalèrent en diverses occasions où il s’agissait des intérêts de la France. Témoin Guy d’Aubusson, Sgr de La Borne, qui fit, tant de belles actions dans la guerre des Anglais, sous le règne de Charles V, et qui, après avoir reçu plusieurs blessures en défendant son château de Monteil-au-Vicomte, fut fait prisonnier, avec sa fémme et ses enfants, par les ennemis de l’État. Tëmoins encore Jean d’Aubusson, Sgr de La Borne ; Antoine d’Aubusson, Sgr de La Villeneuve, et Antoine d’Aubusson, Sgr du Monteil, qui firent paraître leur fidélité et leur zéle au service de Charles VII, dont ils étaient chambellans au temps où la maison du roi n’avait guère d’autres officiers que des seigneurs de qualité.

Enfin ce qui relève infiniment la maison d’Aubusson, et ce qui la distingue peut-être de toutes les autres, c’est que, étant si ancienne, elle ne s’est jamais mésalliée, et que, dans le même pays, elle a toujours conservé les mêmes terres ; de sorte que François d’Aubusson, duc et pair, maréclal de France et colonel des gardes-françaises, possédait encore, en 1676, la terre de La Feuillade, qui a été possédée de tous temps par les vicomtes d’Aubusson, ses ancétres.

Ce qui reste des grosses tours de la démolition d’un vieux château d’Aubusson marque assez la puissance des seigneurs du lieu, dit Moreri.

A Voué, diocèse de Bourges, deux lieues de Saint-Benoît-du Sault, on trouve des tombeaux des seigneurs d’Aubusson avec des inscriptions. II y a encore une terre d’Aubusson dans le diocèse de Saint-Flour.

I. – N..... d’Aubusson n’est connu que par ses enfants, qui furent : 1° Ranulfe, qui suit ; Turpion, évêque de Limoges, mort en 944 ; 3° Aimon, abbé de Saint-Martial, mort en 942 ; 4° Martin, abbé de Saint-Gyprien de Poitiers.

II. – Ranulfe, premier du nom, mentionné dans une charte de l’abbaye de Beaulicu (2) [établi vicomte d’Aubusson ou de la Marche par le roi Eudes en 887], épousa Godolinde, dont il eut : 1° Robert ; 2° Rainald, qui suit ; 3° Boson, abbé laïque de Moutier-Rouzeille (3) et d’Evaux (4) en 945 [Mansion, abbé de Mansac en Auvergne].

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1. Blessac, canton et arrondissement cd’Aubusson (Creuse). La Ville-Neuve, dont il est parlé quelques lignes plus bas, est un château situé dans la paroisse de Valliêre, canton de Felletin, arrondissement d’Aubusson (Creuse) : depuis quelques années, il appartient, avec ses dépendances, à M. du Miral, député au Corps législatif pour le département du Puy-de-Dôme, et il sert de ferme-modèle.
2. Beaulieu, chef-lieu de canton, arrondissement de Brive (Corrèze).
3. Moutier-Rozeille, canton de Felletin, arrondissement d’Aubusson (Creuse).
4. Evaux, chef-lieu de canton, arrondissement d’Aubusson (Creuse)

DU LIMOUSIN 47

Robert [qualifié vicomte d’Aubussoan sur la fin du Xe siècle (1) donna, en qualité de vicomte d’Aubusson, deux mas au monastère de Tulle pour la sépulture d’un de ses fils, mort enfant vers l’an 950, ou mieux 930, puisque son frère Rainaud était. déjà qualifié de vicomte. On présume qu’il mourut peu après (2) sans enfants mâles. Il fut vraisemblablement père d’Officine, petite-nièce de l’évêque Turpion.

III. – Rainald, premier du nom, vicomte d’Aubusson, fit du bien aux monastères de Tulle et de Beaulieu en 936. Il signa une charte l’an 958. Il épousa Alsinde, ainsi nommée dans deux chartes de Rainald, son mari ; vers 943, il eut de cette femme Ramnulphe, qui suit.

IV. – Ramnulphe, vicomte d’Aubusson, deuxiéme du nom, surnommé Cabridellus, celui peut-être qui, avant 997 et la tenue du concile de Limoges, fut tué et inhumé dans le monastère d’Uzerche. [On dit a Jourdain, évêque de Limoges, que l’abbé d’Uzerche avait enseveli dans son monastère le vicomte d’Aubusson, Albuciensenm, excommunié, et qui avait été tué en faisant la petite guerre. Jourdain en porta ses plaintes au concile de Limoges en 1031. L’abbé s’excusa en disant que les soldats du vicomte avaient porté son corps au monastère d’Uzerche, mais qu’il ne l’avait ni reçu ni enseveli ; qu’il n’avait point fait d’office pour lui, et qu’au contraire il avait fait reporter le corps au delà de l’eau, où les soldats eux-mêmes l’avaient enterré, sans qu’aucun des clercs y assistât.] Ce Ramnulphe épousa Ainarde, fille de Bernard, vicomte de Turenne, dont il eut : 1° Rainald II, vicomte, qui suit ; Ramnulphe, qui continua la postérité ; 3° Farelde, femme d’Adémar de La Roche.

V. – Rainald, deuxiéme du nom, vicomte d’Aubusson, fils de Ramnulple tilt Cabridellus, fit, avec sa femme Adélaïde, fille de Humbaud de Uriaco en Berri, vivante en 1092, une donation au monastère de Saint-Denis-de-la-Chapelle en Berri, 997. Il restitua Moutier-Rauzeille, Saint-Irier. On le dit vivant en 1048 et mort sans enfants ; d’autres disent qu’il eut ;1° Ramnulphe, qui n’eut point d’enfants d’Alix de Magnac, sa femme, en 1085., vivante encore encore en 1110 ; 2° Willaume, qui continua la descendance.

V bis. – Ramnulphe [ou Arnulple], troisième du nom, vicomte d’Aubusson, après la mort de son frère Rainald, se trouva a la dédicace d’Uzerche en 1048. [Il donna, en 1049, à sa fille, la terre de Blessac pour le monastère dont elle était supérieure.]

Il épousa....., dont il eut 1° Rainald, qui suit ; 2° Agnès, mariée a Gulpherius de Las Tours, auquel elle porta la moitié du château de Gimel ; [3° la supérieure de Blessac, dont on vient de parler].

VI. –Rainald, troisième du nom, qui rétablit le monastcre de Moutier-Rauzeille, en 1070, épousa....., dont Agnès, mariée à Bernard de La Roche-Aymon, dite sœur de Gui.

Eborus, vicomte d’Aubusson, revenant de Jérusalem, tomba malade au Mont-Cassin. Gérald-Hector, évêque de Cahors, son parent, alla le voir. – Voyez la lettre qu’il écrivit de sa prison vers 1153, Spicilegium, T. II, p. 403.

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1. On remarque de a contradiction entre 1es notes de Nadaud et celles de Legros ; nous ne nous chargeons pas de l’expliquer.
2. Voir la note précédente.

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Gérald, évêque de Cahors, dans une lettre a l’empereur Frédéric, le priede faire mettre en liberté son cousin, vicomte d’Aubusson, de Albucione, marquis de ce pays, et tous les autres, avec restitution entière de ce qu’on leur a enlevé.

VII. – Guillaume, premier du nom, vicomte d’Aubusson, succéda a son frère Ranulphe lV. Il épousa Agnès, dont il eut Reynaud IV, qui suit ; devenue veuve, elle se fit religieuse a Fontevraut. Elle devint première prieure de Tusson en 1112.

VIII. – Rainald, quatrième du nom, vicomte d’ Aubusson, fit quelques donations au monastére de Bonlieu (1), 1121, et à celui de Bénévent (2). Il prit l’habit de Fontevraut à Blessac, qu`il avait fondé en 1120. Il épousa Hélis, qu’on croit fille d’Archambaud, troisième du nom, vicomte de Comborn, et il en eut : 1° Raynaud, qui suit ; 2° Guillaume ; 3° Gui ; 4° Ranulphe ; 5° Ahel, femme de Pierre Ebrard ; 6° Rohilde, femme de Guillaume de Saint-Marc.

IX. – (3) Renaud, cinquiéme du nom, vicomte d’Aubusson, surnommé le Lépreux, partit pour Jérusalem, et fut fait prisonnier au retour. Il fit divers dons au monastère de Bonlieu en 1184 et en 1200. En 1201, il donna encore à cette abbaye des villages et autres choses. Il était marié à Matebrune de Ventadour, fille d’Eble, dont il eut : 1° Gui, premier du nom, qui suit ; 2° Ranulfe, 1192 ; 3° Guillaume, peut-être abbé de Clermont, où l’on fait son anniversaire le 7 décembre ; 4° Agnès, femme de Bernard de La Roche-Aymon en 1179. – Jean, moine de Notre-Dame-du-Palais en 1199, pouvait être fils de ce Raynaud.

– Les anciens vicomtes d’Aubusson Rainaldus et Gui, son fils, insignes bienfaiteurs de l’abbaye de Bonlieu vers 1121 et 1174.

X. – Wido ou Gui, premier du nom, vicomte d’Aubusson, Albucio, vivait en 1174, 1191 et 1194. Il fit le voyage de la Terre-Sainte. Il épousa Assalide de Comborn, fille d’Archambaud, cinquième du nom, vicomte de Comborn et de Jordaine de Périgord. EIle avait à sa cour Pons de Capdeuil, natif de Valai, jongleur. D’eux sont nés : 1° Renaud, qui suit, sixiéme du nom ; 2° apparemment Rodolphe, doyen de Chartres, mort en 1276. Serait-ee le chanoine d’Evreux que quelques-uns de ses confrères élurent pour leur évêque en 1256, et qui, n’étant agréable ni au roi ni au pape, se démit, trois ans après, en faveur de son compétiteur, et fonda, à Paris, en 1264, le collège d’Aubusson ?

[Gui fit de grands biens à l’abbaye de Bonlieu en 1194. C’est de lui, selon quelques-uns, que sont sorties les branches des comtes de La Feuillade,

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1. Bonlieu, commune de Peyrat-la-Nonoère, canton de Chénerailles, arrondissement d`Aubusson (Creuse)
2. Bénévent, chef-lieu de canton, arrondissement de Bourganeuf (Creuse).
3. Le père Anselme ne parle des armoiries de la famille d’Aubusson qu’en nommant Raynaud V ; comme tout le monde sait que les armoiries proprement dites ne sont pas antérieures aux croisade, nous laissons celles de cette famille comme celles des autres, en tête de la généalogie,

DU LIMOUSIN 49

des barons de La Borne, des marquis de Cassain-Grimond, des seigneurs de Bausson ou Bansson en Auvergne et de Reillat, en Périgord.] (1).

– Le nouveau dictionnaire de Moreri ne commence la généalogie, des d’Aubusson, qu’a Gui Ier. –

– B. vicomte d’Aubusson en 1218. –

XI. – Renaud ou Reymond, sixième du nom, vicomte d’Aubusson en 1201, se croisa contre les Albigeois en 1225. Etant sur le point de partir pour la croisade, il visita l’abbaye de Bonlieu, en faveur de laquelle il confirma tous les dons que lui et les siens avaient faits. Par acte du 4 des calendes de mai 1221, il prie son fils Guido de protéger, après sa mort, les religieux de ce monastère.

Il fit hommage de sa vicomté, par ordre du roi, au comte de La Marche, en 1226. (Voyez mes Mémoires, T. I, p. 93.) Il mourut avant l’an 1249. Il avait épousé Ahel, dite aussi Marguerite, dont on ignore le surnom, et dont il eut : 1° Gui, deuxièmie du nom, qui suit ; 2° Guillaume, mort en 1260 et enterré a Blessac ; 3° Ranulphe, qui a fait la branche des seigneurs de La Borne, et qui eut en partage la seigneurie de La Feuillade avec celles de La Borne et du Monteil-au-Vicomte ; il fut le neuvième aïeul de Georges d’Aubusson, dont il sera parlé plus bas ; 4° Agnès, mariée, avant l’an 1244, a Aymon, Sgr de La Roche-Aymon, morte après l’an 1263 ; 5° Assalide, religieuse à Blessac en 1259 ; 6° Raoul d’Aubusson, élu évêque d’Evreux en 1259 ; 7° Elie d’Aubusson, de l’ordre des frères Prêcheurs en 1276. Ces religieux portaient le surnom du lieu de leur naissance.

Geraud d’Aubusson, élu abbé de Sarlat, en 1254 et 1256, pouvait être aussi fils de Renaud VI, qui mourut lui-même avant 1249.

Renaud VI et sa femme prenaient un insigne plaisir a la poésie provençale : ils gardèrent longtemps chez eux un de ces poètes, nommé Gui d’Uzez, son frère Pierre et leur cousin Elie, qu’ils récompensèrent largement. Gui le troubadour mourut en 1230.

XII. – Gui, deuxième du nom, qualifié vicomte d’Aubusson, vivait en 1260 ; il était chevalier en 1225 ; il épousa Ahci ou Ahaci, dont il eut 1° Raynaud, septième du nom, qu’on dit avoir vendu la vicomté d’Aubusson ; 2° Alengarde d’Aubusson, dame de Massignat, mariée : 1°, l’an 1262, à Erric de Beaujeu, Sgr d’Hermant, qualifié par quelques auteurs de maréchal de France, mais sans preuve, et mort en 1270 ; mariée 2° à Guillaume, Sgr de La Roche d’Agout (2), avec lequel elle vivait l’an 1290. Gui et Ahci

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1. Jusqu’au numéro XI de cette généalogie, Nadaud et Legros ont entassé notes sur notes avec une confusion incroyable. Sans rien ajouter au manuscrit, nous avons recours a l’Histoire généalogique des grands officiers de la couronne, par le P. Anselme, pour établir les numéros d’ordre, qui ne nous paraissent pas encore complètement exacts, puisqu’ils renferment un collatéral, et qu’on a négligé, dans les autres cas, les vicomtes qui ne se succèdent pas de père en fils.
2. « Du consentement duquel, et se qualifiant dame de Felletin, elle donna au prieuré de Blessac la moitié de la leyde du blé que l’on vendoit dans sa ville de Felletin. L’acte est du 27 mars 1273. Elle y parle de Raynaud, son aïeul », dit le P. Anselme (Histoire des grands officiers de la couronne, T. V. : Généalogie des d’Aubusson). – Cette Alengarde, connue dans la Marche sous le nom d’Orengarde, et faussement estimée femme d’Audebert III, comte de la Marche, avait un château à Felletin. La tradition locale rapporte que cette pieuse darne remplaça l’odieux impôt qu’on prélevait sur chaque femme de la ville, après ses couches, par une offrande d’huile, qui, servant a l’entretien de la lampe de l’autel, ne fut plus qu’une action de grâces envers Dieu à l’occasion des nouveau-nés.

50 NOBILIAIRE

eurent pour troisième enfant Guillelme d’Aubusson, dite de La Borne, femme de Pierre Vigier, damoiseau, Sgr de Saint-Severin au diocèse de Périgueux ; elle vivait en 1275.

Les tombeaux des barons de La Borne étaient dans une chapelle de l’église de B1essac, qu’on a démolie pour faire le chœur des religieuses.

Branche des segneurs de La Borne, qui est la première baronnie de la Marche.

XII. – Ranulfe d’Aubusson, fils puiné de Renaud,. vicomte d’Aubusson, fut Sgr de La Borne, du Monteil-au-Vicomte, La Feuillade, Pontarion (1), Les Poux. Il était chevalier en 1278. Par son testament, il donna a l’université dé Paris, vers 1260, une place : l’université la céda aux moines de Saint-Germain-des-Prés.

Il épousa Séguine de Pierrebuffière, dont 1° Raynaud d’Aubusson, Sgr de La Borne, qui suit ; 2° Guillaume, qui continua la descendance ; 3° Pierre (1281), père de Marguerite, veuve, en 1348 ; de Géraud de Saint-Amand ; 4° Ranulfe, Frère-Mineur en 1281 ; 5° Gérald, qualifié frère de Guillaume, et qui fut mis in pace (2), a Montpellier, à cause de l’erreur des Albigeois, en 1263.

XIII. – Raynaud d’Aubusson, Sgr de La Borne, que l’on dit avoir vendu la vicomté d’Aubusson à Hugues, comte de la Marche, épousa, en 1275, Dauphine de La Tour, fille de Bernard, septième du nom, Sgr de La Tour d’Auvergne et de sa femme Goland. Bertrand de La Tour, chanoine de Clermont, oncle de Dauphine, lui donna, dans son testament de 1280, son château de Rota. Ramnulfe, père de Raynaud, donna quittance de 10,000 sols tournois de la dot de Dauphine, le vendredi après la Purification de la sainte Vierge, en 1275 (vieux style) : le sceau de Ramnulfe est au bas de l’acte.

Dauphine épousa., en secondes noces, l’an 1285, Aymeric de La Roche, damoiseau, qu’on dit Sgr du Monteil et de La Rochefoucaud. Elle fit son testament en 1299, le lundi avant l’Ascension, et voulut être enterrée dans l’abbaye de Grosbosc, diocèse d’Angoulême. Elle nomme ses enfants en cet ordre sans expliquer s’ils sont du premier ou du second mariage ; Gui, Géofroi, Agnès, Aymeri, Marguerite, et sans faire mention de son premier mari. Elle donna 2 sols de rente à l’église de Cevena (peut-être Savenes) ; 12 deniers à celles de Saint-André et de Saint-Martial-du-Monteil ; 6 deniers à celle de Sainte-Marie de Sobreloys (mieux Soubrebosc) (3) ; 6 deniers a cele de Sainte-Anne ; diocèsé de Limoges (4).

Du premier mariage elle eut : 1 ° Guillaume d’Aubusson, Sgr de La Borne ; 2° Géraud d’Aubusson.

XIII bis. – Guillaume d’Aubusson, chevalier, Sgr de La Borne, vendit à

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1. Chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Bouraneuf (Creuse).
2. C’est-à-dire dans la prison ecclésiastique.
3. Soubrebost, canton et arrondissement de Bourganeuf (Creuse).
4. Sainte-Anne, canton d’Eymoutiers, arrondissement de Limoges (Haute-Vienne).

DU LIMOUSIN 51

Pierre de La Chapelle, évêque de Carcassonne, quantité de rentes dans la ville de Peyrat (1) et les environs, le dimanche Reminiscere, 1293, 1294.

Il épousa Guillelme de La Borne, qui, étant veuve, voulut, par son testament du 15 des calendes d’août 1330, étre inhumée chez les frères Mineurs de Limoges. D’eux sont nés : 1° Renaud, qui suit ; 2° Gérard vivant en 1342, et mort sans postérité ; 3° Robert, 1342 ; 4° Guillaume, que l’on prétend avoir fait la branche des seigneurs de Banson.

Aubert Aycelin, évêque de Clermont, fit un accord ares Eustache de Mont–Boissier, l’an 1310, pour les limites de Croupières et autres lieux de l’église de Clermont, avec les châteaux d’Aubusson, de Montilis, etc.

XIV. – Renaud d’Aubusson, Sgr de La Borne, du Monteil-au-Vicomte et La Feuillade, était mort en 1358. Au chapitre provincial des frères Prêcheurs, tenu a Limoges en 1327, on ordonna une messe pour M. Bornis, sa femme et leurs enfants, pour sa mère et ceux de leur famille. Ce Renaud avait épousé Marguerite....., dons iI eut 1° Gui, qui suit ; 2° Anne, mariée à Pierre, Sgr de Maumont, dont Pierre, deuxième du nom, Sgr de Maumont, en 1373.

XV. – Gui d’Aubusson, Sgr de La Borne, servait en 1356. Les Anglais l’ayant pris dans son château du Monteil-au-Vicomte, l’emmenèrent avec sa femme et ses enfants, après avoir fait de grands dégâts dans cette terre. Forcé de payer une rançon de 3,000 florins pour obtenir sa délivrance, et ne pouvant la donner, il mourut prisonnier de guerre des Anglais avant l’an 1367.

Il épousa, l’an 1332, Marguerite de Ventadour, fille de Geraud, Sgr de Donzenac : elle vivait encore en 1396. D’eux sont nés : 1° Louis, mort sans postérité, de Guérine de Diene, qu’il avait épousée le 24 mars 1354 ; 2° Gui, deuxième du nom, Sgr de La Borne, mort sans enfants après l’an 1373 ; 3° Jean, qui suit ; 4° Guillemette, mariée à Pierre Vigier, Sgr de Saint-Sévérin, dont un neveu la fit noyer ; 5° Jeanne, alliée le 24 mars 1354, à Joubert, Sgr de Diene ; 6° Alix, mariée à Dauphin, Sgr de Maleval.

[ Il parait que ; la vicomté d’Aubusson appartenait aux dauphins d’Auvergne vers 1366. – Durand d’Aubusson vivait en.....]

XVI. – Noble et puissant Jean d’Aubusson, chevalier, Sgr de La Borne, du Monteil-au-Vicomte et de La Feuillade après son frère Gui, mourut l’an 1420. Lui-même il fut surnommé Gui.

Il épousa Guyonnette de Monteruc, fille d’Etienne, chevalier du diocèse de Limoges, neveu, par sa mére, du pape Innocent VI, et de Madeleine de Meauleco, du diocèse de Nevers. Le contrat fut passé dans le château épiscopal de Mensignan, le 4 octobre 1378. Jean d’Aubusson donna quittance finale, signée Pastoris, au château de Belleville, de Feuillade (2), diocèse d’Angoulême, de la somme de 3,500 livres d’or qu’on lui avait promise en mariage, par acte du 3 juin 1382, passé dans la maison du cardinal de Pampelune, à Avignon.

De Jean d’Aubusson et de Guyonnette de Monteruc sont nés : 1° Jean,

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1. Vraisemblablement Peyrat-le-Château, paroisse dans le canton d’Eymoutiers arrondissement de Limoges. – Le dimanche Reminiscere, ainsi nommé du premier mot de la messe de ce jour, est le deuxième dimanche de carême.
2. Feuillade, canton de Montbron, arrondissement d’Angoulême (Charente).

52 NOBILIAIRE

deuxième du nom, qui suit ; 2° Raynaud, qui a fait la branche des seigneurs du Monteil-au-Vicomte ; 3° Guillaume, chevalier, duquel descendent les seigneurs et ducs de La Feuillade, lui-même étant Sgr de Vilhac et de La Folhade en 1445 ; 4° Gui, damoiseau, aussi Sgr de Vilhac et de La Folhade en 1445, et tige des seigneurs de Villac ; 5° Louis, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, précepteur de Charreyras et de Gentioux, 1445, 1468 (1) ; 6° Jacques, prieur de Blessac pour les hommes, 1468 ; 7° Giles, religieux célerier en l’abbaye de Tulle, 1428, 1445 ; 8° Antoine, prieur de Breffons en 1474 (c’est tort qu’on l’a dit évêque de Bethléem en 1468, car l’évêque de Bethléem, diocèse de Nevers d’alors, s’appelait Antoine Buisson, et était Carme) ; 9° Jeanne, mariée avant 1416, à Bertrand, Sgr de Saint-Avit, chevalier, morte en 1452, et dont il eut des enfants ; 10° Catherine, alliée à Nicolas, Sgr de Maumont, veuve avec des enfants en 1455 ; 11° Marguerite, femme....., Sgr de Touzelles, veuve en 1441 ; 12° Marie, prieure de Blessac en 1435 ; 13° Philippe, marié, le 25 novembre 1451, à Jean de Gontaut, baron de St-Gerniez et de Badefol, chambellan du roi Charles VII.

XVII. – Jean d’Aubusson, deuxième du nom, chevalier, Sgr de La Borne et du Doignon, fut reçu, le 23 octobre 1439, chevalier du Camail, ordre institué par les ducs d’Orléans. Il vivait le 8 mai 1445 ; il mourut avant le mois de février de 1446, et fut enterré a Blessac. Il avait épousé, par contrat du 27 octobre 1394, Marguerite Chauveronne, dame du Doignon, paroisse du Châtenet (2), fille de noble Audoin Chauveron, prévôt de Paris, et de Guillemine Vigier ; elle vivait en 1407, et eut : 1° Jean, troisième du nom, qui suit ; 2° Audoin, abbé de Sainte-Marie du Palais, 1445-1463, prieur de Bobiac d’Aubusson ; 3° Antoine, tige des seigneurs de La Villeneuve ; 4° Guyot, vivant en 1471 ; 5° Guillaume, religieux Bénédictin [Sgr de La Feuillade, frère de Guyot, vivait le 20 juin 1468] : un de ce nom, chevalier en 1443, fut commandeur de Belle-Chassagne, 1481, 1490 ; 6° Olivier, religieux de l’ordre de Saint-Antoine de Viennois ; 7° Souveraine, mariée, le 24 janvier 1425, à Guillaume Daniel, Sgr du Murault, près la ville de Saint-Léonard et du Mazet ; 8° Louise, alliée Louis de Pierrebuffière, chevalier, Sgr de Châteauneuf, Peyrat-le-Château, par contrat du 6 février 1445, vivait en 1470 ; 9° Dauphine, religieuse en l’abbaye de La Règle, 1445 ; 10° Marguerite, femme d’Antoine de La Feuillée.

XVIII. – Jean d’Aubusson, troisième du nom, Sgr de La Borne, du Doignon et d’Aleirac, chambellan du roi, vivait en 1463, était mort en 1471.

Il épousa, par contrat du 22 juin 1432, Agnès, dame de Champaignolle, fille d’Oliver, Sgr de Saint-George, et de Catherine de Rochechouart, qui vivait en 1478.

Il eut de cette femme : 1° Jacques, qui suit ; 2° Pierre, prieur de Boubiac en 1487 ; 3° Gui dit Guinot, prieur de Blessac et de La Villedieu, 1509 ; 4° Marguerite, alliée, le 6 juillet 1464, à André Foucault, Sgr de Saint-Germain-Beaupré ; 5° Dauphine, mariée avec François de Chamborent, écuyer d’écurie du roi, qui vivait en 1478 ; 6° Isabelle, mariée : 1° à Guil-

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1. Dans l’église de Gentioux, arrondissement d’Aubusson (Creuse), et dans celle de Vallière, on remarque aux clefs de voûte et dans les murs de construction la croix ancrée des d’Aubusson.
2. Le Châtenet, canton de Saint-Léonard, arrondissement de Limoges (Haute-Vienne).

DU LIMOUSIN 53

laume de Rochefort, Sgr de Châteauverd ; 2° à Amauri de Fontenai, baron de Fontenai en Berry, Elle vivait en 1500.

XIX, – Jacques d’Aubusson, Sgr deLa Borne et du Doignon, d’Aleirac, de La Farge, Chavaignac, sénéchal de la Marche, conseiller et chambellan du duc de Bourbonnais en 1475, mourut avant le 9 mars 1505.

Il avait épousé : 1° Jeanne de Vivonne, dont il eut Jean, qui fut accordé, avant le 13 février 1499, à Jeanne, dame de Vouhet, agée de sept a huit ans. Il mourut peu après son père.

Il avait épousé : 2° Damiane du Puy, fille de Pierre, Sgr de Vazan, et de Madeleine de Gaucourt, avant le 13 février 1499. Elle se remaria avec Jacques de La Volpilière, après avoir eu de Jacques d’Aubusson : 1° Charles, qui suit ; ° Jean, doyen de La Chapelle-Taillefer en 1525, et prieur de Blessac en 1540 ; 3° Marguerite, alliée, le 9 avril 1522, a Déodat de Saint-Julien, Sgr de Saint-Marc et des Ecurettes, veuve en 1571 ; 4° Jeanne, mariée à Foucault ou Bos de Pierrebuffière en 1490, Sgr de La Faye ; 5° Catherine, mariée à Gui Brachet, Sgr de Pérusse, dont elle était veuve en 1553.

Pierre-Franois et Claude d’Aubusson furent déclarés bâtards de Jean, fils de Jacques d’Aubusson et Damiane du Puy.

XX. – Charles d’Aubusson, Sgr de La Borne et du Doignon, comparu le 27 avril 1521, à Guéret, à la réformation de la coutume de la Marche. Il fonda une messe haute dans l’église paroissiale de La Borne, le 9 octobre 1528. Ayant fait plusieurs violences à quelques monastéres de son voisinage et sur ses propres vassaux, il fut emmené prisonnier au Petit-Châtelet de Paris, et condamné, par arrêt du grand conseil du roi, à avoir la tête tranchée pour ses excès et divers crimes ; ce qui fut exécuté, le même jour, au pilori, à Paris, le 23 février 1533. Il fut ensuite mis à quartiers.

Il avait épousé, le 9 mars 1525, Jeanne de Montal, fille d’Aimeri Sgr de Montal, et de Jeanne de Balzac. Une généalogie manuscrite, dressée en 1657 par Pierre Robert, président et lieutenant-général de la Basse-Marche au siège du Dorat, porte que les galanteries de cette dame, pour lesquelles son mari l’avait maltraitée, furent cause de sa mort, elle-même ayant fait rechercher la conduite de son mari, et que ses poursuites le conduisirent à l’échafaud. De ce mariage est née Jeanne d’Aubusson, dame de La Borne ou du Doignon, qui était sous la tutelle de sa mère lorsque le roi François Ier ordonna qu’elle serait mise entre les mains de Raoul de Coucy, Sgr de Vervins, qui l’épouserait quand elle serait nubile, et, à cet effet, le roi lui fit don de la confiscation des biens de son père, le 11 août 1535 ; mais cette alliance ne se fit pas, et, étant devenue majeure, elle épousa, le 9 septembre 1539, René Brachet, Sgr de Montagut-le-Blanc, dont elle n’eut point d’enfants. Elle fut maltraitée par son mari, qui la retenait prisonnière ; mais, à la requête de la mère et des autres parents de cette dame, il fut condamné, à peine de 10,000 livres d’amende, et d’être déclaré, lui et ses officiers, rebelles et désobéissants au roi, de la remettre entre les mains de Joseph de Beaune, lieutenant et juge magistrat au siège présidial de Limoges, par sentence du 23 mai 1555. Elle testa le 10 mars 1569, son mari vivant, et elle mourut peu après.

Enfants naturels de Charles, Sgr de La Borne cet de Françoise d’Aubusson,


54 NOBILIAIRE

de la branche de Villac : 4° Charles ; 2° Jeanne, mariée a René Brachet ; 3° François ; 4° Claudine ; 5° Françoise.

[La branche des barons de La Borne finit en Charles d’Aubusson en 1580, et ses biens furent possédés par les seigneurs de Saint-Marc, de Saint-Georges, et par les religieuses de Blessac.]

Branche des seigneurs de Poux (1) et de Banson, diocèse de Clermont.

Au 1 et au 4, d’Aubusson ; aux 2 et 3 de gueules au bois de cerf d’or, les andouillers ou cornichons de même, qui est Banson. –

XIV. – Guillaume d’Aubusson, que l’on dit, mais sans preuve, dernier des enfants de Guillaume d’Aubusson, Sgr de La Borne, et de sa femme Guillemette, fut Sgr de Poux et de Banjeux en la Marche, et servit le roi Jean en ses guerres de Guyenne, 1350.

II épousa....., dont 1° Guillaume, qui suit ; 2° Roger d’Aubusson, qui servit sous Robert de Sancerre, Sgr de Ménetou, en 1370 et 1371.

XV. – Guillaume d’Aubusson, Sgr de Poux et de Banjeux, servait en Guyenne avec son frère en 1370 et 1371, il épousa, avant l’an 1350, Simone de La Vallière, dont : 1° Aymar, qui suit ; 2° Antoinette d’Aubusson, mariée a Guillard Ogier, chevalier.

XVI. – (Le P. Anselme, édité par le P. Simplicien, ne commence qu’ici la généalogie des d’Aubusson de Poux, et avec des numéros distincts, parce qu’ils ne les voit pas clairement se rattacher a la souche.)

I. – Ayrnar d’Aubusson, Sgr de Poux et de Banjeux, mourut avant l’an 1423. Il avait épousé, vers 1380, Comptour de Montvert, qui vivait en 1440, et dont il eut 1° Guillaume, qui suit ; 2° Roger, vivant en 1423 ; 3° Louis, Sgr de Poux, qui se maria Marguerite Rochette, veuve en 1467. ; Marguerite d’Aubusson, alliée à Antoine de La Feuillée, 1419 ; 5° Catherine, mariée, le 17 février 1428, Louis de Saligier, Sgr du Chier (2) ; 6° Souveraine, 1423.

II. – Guillaume d’Aubusson dit Carados, Sgr de Poux, fut institué héritier d’Evard, Sgr de Banson, à condition d’en porter le nom et les armes, et mourut vers l’an 1465.

Il épousa, en 1437, Gabrielle du Pui de Vatan, fille de Louis, Sgr de Barmont (3) et de Jeanne Vaulce, vivante en 1485, dont 1° Antoine, Sgr de Banson, écuyer d’écurie des rois Louis XI et Charles VIII, mort sans postérité, 1520 ; 2° Louis, qui suit ; 3° Catherine, mariée à Antoine de Vinai, Sgr d’Anches, diocèse de Chartres ; elle vivait en 1482 ; 4° Marguerite

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1. Poux, castel modeste, dans la Haute-Marche, sur le territoire de l’ancienne paroisse de Saint-Amand, aujourd’hui réunie a celle de Saint-Maixent, près Aubusson (Creuse). En 1623, il était habité par François d’Aubusson et par Teanne de Froment, sa femme. Il est encore debout.
2. Probablement paroisse de Saint-Avit-de-Tardes, canton d’Aubusson (Creuse). – On y voit encore les ruines d’un château.
3. Château situé dans la paroisse de Mautes, canton de Bellegarde, arrondissement d’Aubuson (Creuse).

DU LIMOUSIN 55

d’Aubusson, alliée a Jacques de Rochedragon, Sgr de Marsillac (1) ; elle vivait en 1507.

III. – Louis d’Aubusson, Sgr baron de Banson et de Poux, comparut, le 27 avril 1521, à Guéret, à la réformation de la coutume de la Marche. Il avait été échanson du roi Louis XI, Il épousa, le 22 février 1505, Dauphine d’Estaing, fille de Guillaume dit Guillot d’Estaing, Sgr de Luzarde et de Valentine, baron de Landorre, et d’Anne d’Esparroux. Il en eut Jacques, qui suit. Dauphine se remaria à Jean, Sr de Peuchant en Auvergne, et testa en 1521 ; elle vivait encore en 1529.

IV. – Jacques d’Aubusson, Sgr de Basson, fut envoyé par le roi Henri II en ambassade vers les princes d’Allemagne, et fut assassiné en sa maison par ses domestiques en 1554.

Il épousa, en 1526, Antoinette de Langheac, fille d’Alire, Sgr de Dalet, et de Catherine de Chaseron, dont 1° Louis, mort sans alliance ; 2° Pierre, mort de même ; 3 Gilbert, qui suit ; 4° Jeanne d’Aubusson, mariée, le 28 janvier 1547, à Louis de Bosredon, Sgr de Salles et d’Hermant en partie.

V. – Gilbert d’Aubusson, Sgr de Banson, guidon de la compagnie du vicomte de Turenne en 1569 ; vivant en 1582, 1586 et 1597, épousa, en 1561, Jeanne de Rivoire, fille de Philippe, Sgr du Palais, et d’Antoinette de La Fayette, dont : 1° Pierre, mort jeune ; 2 Etienne, mort de même ; 3° François, Sgr de Poux, mort en 1545, ayant eu de Jeanne de Froment Ambroise d’Aubusson, mort sans alliance avant son père ; 4° Louis, qui suit ; 5° Gabrielle, mariée, le 30 décembre 1606, à Jean de La Roche, Sgr de La Motte–Morgon, morte sans postérité ; 6° Catherine, alliée, le 13 février 1643, à Florimon du Truchet, Sgr de Chamberliac en Vivarais.

VI. – Louis d’Aubusson, Sgr de Banson, épousa en 1625 Marie de Baude, veuve en 1645. Il en eut : 1° François, qui suit ; 2° autre François, Sgr de Chalon, vivant en 1669, sans avoir eu d’enfants de Jeanne de Froment, sa femme, veuve de Louis d’Hautefort, Sr de Chassain. Elle et François d’Aubusson, son deuxième mari, vendirent, le 18 avril 1626, aux religieuses de Blessac, la baronnie de La Borne, acquise, le 28 mai 1602, de Gabriel Foucaud, Sgr de Saint-Germain, par Louis de Froment, écuyer, Sr de Saillant, et Madeleine de Muraut, sa femme, père et mère de Jeanne de Froment, qui se remaria en troisièmes noces a Jacques Doyron, Sgr de Cherignac (mieux Charnhac), et enfin en quatrièmes noces à Germain Saunier, Sgr de Champagnac. Robert Doyron, baron de La Borne et de Cheriguac, fils de Jacques, vivant, et de feue Jeanne Froment, fit cession, le 4 février 1682, au maréchal duc de La Feuillade, du droit qu’il avait de rentrer dans la possession de la baronnie de La Borne, vendue par ses père et mère ; Louis d’Aubusson et Marie de Baude eurent : 3° Jean, Sgr de Servières, mort sans postérité ; 4° Gilbert, Sgr de Chalusset, prieur de Peyrols en 1669 ; 5° Pierre, mort sans postérité ; 6° Anne, mariée à François de Chalus, Sgr de Prondines ; 7° Gabrielle ; 8° Françoise.

VIl. – François d’Aubusson, Sgr de Banson, de La Malerie, de Cébazac et de Servières, produisit ses preuves de noblesse pour lui et ses frères Gilbert, François et Jean, en 1669, devant M. d’Aguesseau, intendant

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1. Paroisse du Compas, canton d’Auzances, arrondissement d’Aubusson (Creuse).

56 NOBILIAIRE

en Limosin ; il épousa, le 23 mai 1646, Gabrielle d’Aureille de Colombine, dont 1° François, qui suit ; 2° Jean-Marie, Sgr de Servières, enseigne dans le régiment du roi, et qui fit le voyage de Candie en 1669 : il vivait en 1690 ; 3° Hyacinthe, qui étudiait a Riom en 1669 ; 4° Joachim ; 5° Pierre ; 6° Antoine ; 7° Marie-Catherine, peut-être simplement Marie d’Aubusson de Banson, née a Saint-Georges d’Agelles, diocèse de Clermont, le 16 mai 1659, et morte abbesse nommée à La Règle de Limoges le 9 juin 1705 ; 8° Gabrielle-Marguerite.

VIII. – François d’Aubusson, Sgr de Banson.

Branche des seigneurs du Monteit-au-Vicomte.

XVII. – Renaud d’Aubusson, second fils de Jean, premier du nom, et de Guyonne de Monteruc, eut en partage les seigneuries du Monteil-au-Vicomte, de Pelletanges et de Pontarion (1). Il mourut avant l’an 1433. Il avait épousé, le 14 septembre 1412, Marguerite de Comborn, fille de Guichard et de Louise d’Anduse ; elle était veuve en 1433. Il en eut : 1° Antoine, qui suit ; 2° Hugues (2), évêque de Tulle en 1451, mort en septembre 1454 ; 3° Louis (3), élu évêque de Tulle après son frère [confirmé en 1465. – V. mon Abrégé man. des Annales du Limousin, p. 423] ; il mourut en septembre 1471 ; 4° Guichard, conseiller au parlement du roi, et successivement évêque de Conserans, Cahors et Carcassonne, mort en 1497 ; 5° Pierre, grand-maître de Rhodes et cardinal, mort en 1503. Au siège de Rhodes, il se chargea de garder la plus hasardeuse brèche, secondé de ses deux neveux et de quatre autres soldats. Tous combattirent vaillamment : quoiqu’on eût tué, à diverses charges, les soldats qui venaient au secours les uns à la place des autres, et quoiqu’il eût été blessé en cinq endroits, son harnais de guerre étant faussé et rompu, néanmoins les Turcs ne purent rien gagner sur lui, et furent contraints de lever le siège. Frère Antoine, Fradin, cordelier, et quelques autres religieux du même ordre se jetèrent dans Rhodes pendant le siège, encouragèrent les soldats et les chevaliers, portèrent la hotte sur les remparts, se présentèrent souvent à la brèche, et la défendirent : pour reconnaître ces bons offices, le grand-

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1. Pontarion, chef-lieu de canton, arrondissement de Bourganeuf (Creuse).
2. D’abord prieur claustral de l’abbaye de Tulle, il fit sont entrée solennelle, comme évêque de cette ville, le 25 juillet 1451. Baluze raconte que Charles VIl l’envoya bientôt après, avec Jacques de Comborn, évêque de Clermont, intimer, à Lyon, au cardinal d’Estouteville, légat de Nicolas V, « défense de faire aucunes fonctions de son ministère de légat avant que d’avoir obtenu l’agrément de Sa Majesté ». Il fut inhumé dans sa cathédrale.
3. Religieux bénédictin et prieur de Montagne, qui dépendait de l’abbaye de Saint-Michel-en-l’Herm, fut élu évêque de Tulle à la majorité des voix, et confirmé par sentence de l’official de Bourges le 22 mai 1455. Guichard de Comborn, abbé d’Uzerche, qui avait eu un tiers des suffrages, fit opposition, et en appela au Saint-Siège ; mais le roi reçut le serment du nouvel évêque, qui fit son entrée solennelle le 29 juin, et se fit sacrer après que le pape Calixté III eut confirmé son élection, le 27 décembre de la même année ; ce qui n’empêcha point le turbulent Guichard d’intenter un procès, que le généreux évêque arrêta, en accordant au compétiteur une pension viagère de 300 livres. Baluze assure que le pape Nicolas V avait nommé à l’évêché d’Alet, le 4 décembre 1454, Louis d’Aubusson, qui y renonça, préférant étre élu à Tulle.

DU LIMOUSIN 57

maître d’Aubusson leur fit bâtir un couvent dans la ville ; 6° Souveraine [ou Subérane], mariée, l’an 1446, à Gui de Blanchefort [homme très noble, issu de la maison de Comborn] ; 7° Marguerite, seconde femme de Mathelin Brachet, Sgr de Montagut, bailli de Troyes et sénéchal du Limousin ; 8° Catherine, abbesse de La Règle a Limoges [en 1461], morte en 1473.

XVIII. – Antoine d’Aubusson, chevalier, Sgr du Monteil-au-Vicomte, Pontarion et Peletanges [homme très illustre, dit Baluze], était ambassadeur du roi de France à la cour de Rome en 1456. Cette même année, il fit bâtir, à Tours, dans l’église des Frères-Mineurs, auxquels il était fort dévoué, une belle chapelle en l’honneur de saint Bernardin. Il fut bailli d’Anjou, de Tourraine (1451), puis du pays de Caux en Normandie de 1454 a 1474. Il servit le roi Charles VIl contre les Anglais et les Bourguignons. On trouve dans un extrait de la chambre des comptes que Louis XI l’honora d’une pension de 2,400 livres en septembre 1466 ; il eut aussi en pur don, pour lui et pour sa femme, Marguerite de Villequier, la terre de Saint-Blancay en Touraine et les ponts de la ville de Tours, le 20 novembre 1458 ; il fut maintenu dans sa possession contre le comte du Perche par arrêt du 6 septembre 1481. En 1480, il mena ses dépens plus de 3,000 hommes pour secourir son frère, grand-maître de Rhodes, qui le fit général de ses troupes, honneur dont il se rendit digne par sa valeur. Peu après son retour, il mourut, dans son château du Monteil, le 8 décembre.

Il épousa : 1° Marguerite de Villequier, dame d’honneur de la reine, fille de Robert, Sgr de Villequier et de Marie de Gamaches, Il en eut : 1° Marie, dame du Monteil, mariée a Gui d’Arpajon, Sgr de Caumont, vicomte de Lautrec, chambellan du roi, fils de Jean et de Blanche de Chauvigni : par son testament du 2 décembre 1544, elle porta le Monteil-au-Vicomte dans la maison d’Arpajon ; 2° Louise, alliée, vers l’an 1473, a Jacques de Rochechouart, Sgr du Bourdet et de Charroux, fils de Geoffroi et d’Isabelle Brachet ; elle était morte en 1495 ; 3° Catherine, mariée à Antoine, Sgr de Saint-Georges, vivait en 1503 ; 4° Marguerite, abbesse de La Règle, morte en 1481 ; 5° Françoise, mariée a Guillaume d’Esteing, Sgr de Savresac, de Saint-Chely et de Vitrac, fils de Bec ou Begon d’Esteing, gouverneur de la ville et du château de Pèzenas, et de Marguerite de Lestrange ; il mourut sans postérité ; 6° Louise, prieure de Nouic, sa sœur, l’avait reçue religieuse au couvent de La Règle en 1480.

Il épousa : 2° Louise de Peyre, fille d’Astorg, Sgr de Peyre, et de Louise de Saignes, dont : 1° Antoine, Sgr du Monteil, mort sans alliance après l’an 1500 ; 2° Jeanne, mariée a Foucaud, Sgr de Pierrebuffière : elle est dite dame de Pontarion et de La Faye, et mariée à Pierre Luz, comte d’Uzez, par contrat que reçut Texier.

François, baron de Montboissier, Sagnes, Aubusson, Le Monteil, en 1553,

Branche des seigneurs, comtes et ducs de La Feuillade.

On dit que MM. de La Feuillade ne sauraient prouver qu’ils sont venus des anciens vicomtes d’Aubusson, ni même que le grand-maître cardinal d’Aubusson fût de leur famille : « Je laisse, disait M. Amelot de La


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Houssaie en 1722, l’examen de ce fait aux généalogistes, moi qui ne le suis point, et qui aime trop la vérité pour avoir envie de l’être (1). »

XVII. – Guillaume d’Aubusson, troisième fils de Jean, premier du nom, Sgr de La Borne, et de Guyonne de Monteruc, eut en partage la seigneurie de La Feuillade et de Faux. Il vivait en 1473.

Il avait épousé, en 1420, Marguerite Hélie, fille de Gulfier, Sgr de Villac en Périgord, et de Jeanne de Roffignac, dont 1° Louis, qui suit ; 2° Jacques, abbé de Château–Landon, mort en 1519 ; 3° Gilles, religieux et receveur d’hôtes en l’abbaye d’Aurillac, l’an 1473 ; 4° Guichard, vivant l’an 1473, prieur de Breflons, ordre de St-Benoît ; 5° Jean, religieux d’Ahun (2) en 1482 ; 6° Louise, mariée, le 25 janvier 1463, à Guillaume de La Roche-Aymon, Sgr de Saint-Maixent (3).

XVIII. – Louis d’Aubusson, Sgr de La Foulhade, né en 1440, fut gouverneur de Guise, en 1483, pour Jean d’Armagnac, duc de Nemours, comte de Guise.

Il épousa, le 28 décembre 1473, Catherine de Rochechouart, fille de Geoffroi, Sgr du Bourdet, et d’Isabeau Brachet ; elle était veuve en 1506. Ilen eut : 1° Jean qui suit ; 2° Jean, surnommé de Menou, abbé de La Colombe (4) en 1528, et prieur de La Chapelle-Dieu en 1531 ; 3° Jeanne, mariée, le 6 novembre 1498, a Hugues de Malleret, Sgr de La Roche-Guillebaut ; 4° Anne, alliée le 4 mars 1500, à Jean d’Ussel, Sgr de La Garde. Geoffroi d’Aubusson, curé de Saint-Yrieix, pouvait être bâtard.

XIX. – Jean d’Aubusson, chevalier, Sgr de La Feuillade, La Ville-Dieu, Gentioux, et par sa femme de Vouhet et Le Sollier, dans la paroisse de la ville de Magnac (5), fut fait prisonnier dans la journée des Éperons en 1513. Il est appelé Pierre et seigneur propriétaire de la seigneurie de La Feuillade dans la publication de la réformation de la coûtume de la Marche, pour laquelle il comparut à Guéret le 27 avril 1521. Cette même année, il acquit la terre de Pelletanges. Il mourut en 1551, après avoir testé le 5 juillet.

Il épousa, en 1506, Jeanne, dame du Vouhet, du ressort de Montmorillon en Poitou. Elle était fille unique de Jean, Sgr du Vouhet, et de Jeanne de La Ville ; elle vivait en 1554. D’eux sont nés : 1° Gui, mort sans postérité, de Renée Gracay, fille de Jacques, Sgr de Champeroux, et de Madeleine Baraton : Renée se remaria, en 1537, avec Jean de La Roche-Aymon ; 2° Jean, qui suit ; 3° Madeleine, femme, en 1530, de Claude de Trémouille, Sgr de Fontmorand ; 4° Jeanne, mariée, le 20 mai 1544, à François, Sgr de Dienne, veuve en 1597 : 5° Anne, alliée, le 12 juillet 1545, à Pierre Estourneau, Sgr de

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1. Cette branche de la famille d’Aubusson a porté sans conteste les armoiries des ancêtres : d’or a la croix ancrée de gueules, et le maréchal de France François de la Feuillade doutait si peu d’être un descendant direct qu’il a, comme on sait, donné prétexte à cette plaisanterie de Louis XTV : « Je serais heureux que La Feuillade m’estimât aussi bon gentilhomme que lui. »
2. Cette abbaye, située près de la petite ville d’Ahun, dans l’arrondissement de Guéret, et devenue paroisse elle-même sous le nom de Moutier-d’Ahun, était de l’ordre de Saint-Benoît. Jean d’Aubasson en fut élu abbé en 1510.
3. Saint-Maixant, canton et arrondissement d’Aubusson (Creuse). Le château est resté debout avec ses tours crénelées au milieu d’un large fossé qui l’entoure.
4. La Colombe, monastère de l’ordre de Citeaux au diocèse de Limoges ; aujourd’hui commune de Tilly, canton de Belabre, arrondissement du Blanc (Indre).
5. Le Sollier ou Le Soulier, paroisse de Magnac-Laval, arrondissement de Bellac (Haute-Vienne).

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Tersannes. Georges de La Feuillade, Sgr de La Ganiêre en 1537, pouvait être un bâtard.

XX. – Jean d’Aubusson, Sgr de La Feuillade, chevalier, plaidait contre Jean Berrnondet, chantre et chanoine de l’église cathédrale de Limoges, on ne dit pas quel sujet. Par arrêt du parlement de Paris (20 février 1548), les parties furent renvoyées en une des chambres des enquêtes.

Il épousa, le 11 août 1538, Jacqueline de Dienne, fille de Jean, Sgr de Dienne, et d’Héléne de Chabannes, morte après le 30 mars 1567. D’eux naquirent : 1° François, qui suit ; 2° Jeanne, alliée, en 1555, René, Sgr de Beaufort et de Chaume ; 3° Gabrielle, mariée, l’an 1555, à Jean de Saint-Julien, Sgr de Saint-Marc : ils vivaient tous deux en 1564 ; 4° Anne, qui épousa, le 31 mars 1561, Honoré de L’Age, Sgr de Puylaurens.

XXI. – François d’Aubusson, Sgr de La Feuillade, Mouhet, Soulier et Pelletanges, chevalier de l’ordre du roi, chambellan du duc d’Anjou en 1580. Il fut envoyé à Bourges par le duc de Mayenne, au mois d’août 1591, pour féliciter le duc de Guise sur son évasion du château de Tours, où il était prisonnier. Il mourut le 24 mai 1611.

Le 30 juillet 1554, il avait épousé Louise Pot, fille de Jean, Sgr de Cheimeaux et de Rhodes, maître des cérémonies de France, et de Georgette de Balsac. Elle vivait encore en 1613. D’eux naquirent : 1° Georges, qui suit ; 2° Guillaume, qui fit la branche de Chassingrimont ; 3° François, prévôt de Saint-Benoît-du-Sault, puis religieux recollet, en 1619, sous le nom de père Raphaël ; 4° Robert, abbé du Palais et prévôt de Saint-Benoît-du-Sault après son frère ; 5° Hardouin, chevalier de Malte, commandeur de Sainte-Anne en 1621 ; 6° Anne, mariée : 1° à François Faulcon, Sgr de St-Pardoux ; 2° à Vigant de Scorailles ; 7° Madeleine, alliée à Gabriel, Sgr de Soudeille ; 8° Honorée, mariée : 1°, le dernier février 1588, à François de Lezay, Sgr de Beauregard, veuf d’Anne d’Allery, dont ne vint qu’une fille, alliée au Sr de Villepreaux ; 2°, le 9 novembre 1593, à Louis Doyron, d’Ajain dans la Haute-Marche, veuf de Claude de Colemberg ; 9° Jacqueline, mariée, le 29 juin 1590, à Bonaventure de Razès, Sgr de Monîmes ; 10° Jeanne, mariée : 1°, le 17 octobre 1605, à Gui Brachet, Sgr de Peyrusse, chevalier de l’ordre du roi ; 2°, par contrat du 6 juin 1614, Gabriel de Pierre-Buffière-Châteauneuf, Sgr de Villeneuve.

XXII. – Georges d’Aubusson, comte de La Feuillade, chevalier de l’ordre du roi, conseiller en ses conseils d’Etat et privé, capitaine de cinquante hommes d’armes de ses ordonnances, maréchal de camp, nommé à l’ordre du Saint–Esprit, sénéchal de la Haute et Basse-Marche, lieutenant des chevau-légers de la garde de la reine Marie de Médicis, etc., en faveur duquel la baronnie de La Feuillade fut érigée en comté par lettres du mois de novembre 1615, demeurait au bourg de Voicet en la Marche. Il mourut, en 1628, a Grenoble.

Il épousa : 1°, le 21 mai 1595, Jacqueline de Lignières, morte en février 1610, fille d’Antoine, Sgr de Lignières en Combraille, et de Françoise de Courtenay, dame de La Grange-Bleneau. D’eux naquirent : 1° François, deuxième du nom, qui suit ; 2° Louis, prévôt de La Souterraine en 1613, qui résigna le prieuré de La Villedieu (1), en 1649, à Georges d’Aubusson,

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1. La Villedieu, annexe de Faux-la-Montagne, canton de Gentioux, arrondissement d’Aubusson (Creuse).

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depuis évêque de Metz ; 3° Jacqueline, alliée, le 21 décembre 1613, à Louis Ajasson, Sgr de Vot et de Villebussière ; 4° Marie, carmélite à Ypres en Flandre ; 5° Louise, mariée à Louis Chauveron, Sgr de La Motte-sur-Indre en Touraine, sénéchal de la Marche, par contrat du 20 juin 1621.

Il épousa : 2°, le 7 novembre 1615, Olympe Grain de Saint-Marsaut, vicomtesse de Rochemaux, veuve de Jean, comte des Cars, et fille de Jean, Sgr de Parcouf, et de Françoise de Saint-Maure. Elle mourut, à Paris, en 1633, après avoir testé le 10 décembre. D’eux naquirent : 1° Jean-Marie Grain de Saint-Marsaut d’Aubusson, substitué aux biens de Saint-Marsaut à condition du nom et des armes, appelé le vicomte de Rochemaux, mort jeune en 1635 ; 2° Jacqueline d’Aubusson, née le 21 mars 1621, baptisée à Vouhet en Poitou. Elle prit l’habit de Sainte-Claire à Limoges le 7 octobre 1635, fit profession le 19 mars 1637. Quoique son frère, le vicomte de Rochemaux, fût mort trois mois auparavant, et qu’elle recueillit toute sa succession, elle ne changea point de dessein. Elle voulut être déclarée fondatrice de ce couvent des urbanistes, que ses armes fussent gravées ez lieux éminents de l’église, légua aux religieux 49,000 livres, dont 23,000 furent effectivement payées, donna encore 2,000 livres aux cordeliers de Limoges, qui avaient alors la juridiction spirituelle sur ce couvent, et, pour tout le reste, elle fit héritier Achille de Salaignac, comte de Rochefort, près Aixe, son frère utérin.

Julie de Salaignac ; femme de Philippe, marquis de Meillars, sœur utérine de Jacqueline d’Aubusson, fut reçue aux requêtes du palais, en 1639, à vérifier la suggestion et captation de ce testament, et, ayant justifié qu’il avait été porté tout dressé et dicté par le couvent des religieuses, il fut cassé par sentence du 22 juin 1640, nonobstant les sollicitations rapportées par les religieuses au profit de leur couvent et du comte de Rochefort. Celui-ci fit appel de cette sentence au parlement en 1641. Il obtint un bref pour faire déclarer nuls les vœux de Jacqueline d’Aubusson comme faits par crainte, violence, défaut d’âge lors de la profession, et le custode des cordeliers, malgré l’opposition de l’official, déclara les vœux nuls.

Jacqueline se maria : 1°, dans l’église de Saint-Pierre de Limoges, par devant un prêtre qui n’avait aucune juridiction, le 28 septembre 1644, avec Philibert de La Roche-Aymon, marquis de Saint-Maixent de la paroisse de Vie. Lui et son frère le baron de La Farge furent condamnés à mort comme ravisseurs de Jacqueline d’Aubusson. Cependant le parlement de Toulouse, auquel la cause fut renvoyée, déclara le mariage validement contracté, et le chapitre provincial des cordeliers tenu a Penès en Agénois commit, en 1647, pour aller faire excuse à l’évêque de Limoges de la sentence rendue par le custode.

Jacqueline d’Aubusson épousa : 2°, le 20 août 1650, François de Beaupoil de Saint-Aulaire, marquis de Lanmari. Elle mourut a Lanmari en Périgord, âgée de quatre-vingt-trois ans, en janvier 1704.

De Georges d’Aubusson et d’Olympe de Saint-Marsaut naquit 3° Marie d’Aubusson.

Jean de La Feuillade, gendarme du roi, anobli en 1652, pouvait être bâtard de Georges.

XXIII. – François d’Aubusson, deuxième du nom, comte de La Feuillade, chevalier, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, fut élevé enfant


DU LIMOUSIN 61

d’honneur du roi Louis XIII ; il fut premier chambellan de Monsieur, duc d’Orléans, en 1631, puis maréchal de camp des armées du roi. Il fut tué a la première décharge de la bataille de Castelnaudary, le 1er octobre 1632, en suivant le parti de Montmorency. Le chevalier de La Feuillade fut tué avec le comte dans ce même combat.

Le 15 septembre suivant, le parlement de Toulouse déclara, à la réquisition du procureur général, tous les biens de La Feuillade acquis et confisqués au roi. Le maréchal fut exécuté en effigie pour le fait du duc de Montmorency, et, le 8 janvier 1633, René de Voyer d’Argenson, intendant de la Marche et du Limousin, eut commission de faire démolir et raser le château d’Aubusson.

François d’Aubusson épousa, le 24 septembre 1611, Isabeau Brachet, fille unique de Gui, Sgr de Pérusse et de Montagut, et de Diane de Maillé de La Tour-Landri. Elle se remaria, en 1637, à René Gaspard de La Croix, marquis de Castries en Languedoc, et elle mourut en novembre 1638, n’ayant pas eu d’enfant de ce second mariage. De François d’Aubusson et d’Isabeau Brachet naquirent : 1° Léon, comte de La Feuillade, lieutenant-général des armées du roi, et lieutenant au gouvernement d’Auvergne du temps de la minorité de Louis XIV. En 1643 on n’avait qu’à lui demander pour obtenir ce que l’on souhaitait, et c’est à cette occasion que M. de La Feuillade, frère du maréchal, disait qu’il n’y avait plus que quatre petits mots dans la langue française : La reine est si bonne ! Il fut tué à la bataille de Lens, en 1647, sans alliance, le 3 octobre. Le marquis de La Feuillade, colonel d’infanterie, fut tué à la bataille de Marfée, le 6 juillet 1641 ; 2° Georges d’Aubusson de La Feuillade, archevêque d’Embrun, puis évêque de Metz, créé commandeur de l’ordre du Saint-Esprit le 31 décembre 1661, et qui mourut le 12 mai 1697 (1) ; 3° Gabriel, marquis de Montégut, premier chambellan de Monsieur, duc d’Orléans, mort célibataire à l’attaque du fort de Wal, pendant le siège de Saint-Omer, l’an 1638 ; 4° Paul, chevalier de Malte. On l’appelait encore M. de Verdille. Après la défaite de dix vaisseaux turcs à quelque distance de l’île de Rhodes, le 2 août 1644, il eut ordre de conduire un gallion de 1,200 tonneaux de port qu’on avait pris sur les Turcs, et qui ne pouvait suivre les galères. Candie s’étant trouvée sur leur route, ils y descendirent ou pour y prendre quelques rafraîchissements, ou pour s’y défaire de quelque chose. L’empereur Ibrahim, après en avoir fait de grandes plaintes a la république de Venise, comme si elle eût eu sa part du butin, ne chercha plus que l’occasion de se venger, ce qui occasiona le siège de Candie. Ce chevalier fut tué au siège

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1. Il avait d’abord pris l’habit de jésuite, dit le père Anselme. En 1639, il se qualifiait abbé de La Souterraine. Il devint docteur de Sorbonne puis abbé de Solignac près Limoges. Député deux fois a l’assemblée du clergé, en 1645 il en fut élu promoteur ; en 1650 il en fut d’abord second président, puis, vers la fin de la même année, premier président à cause de la maladie de l’archevêque de Reims. Il eut l’honneur de porter quatre fois la parole au roi au nom du clergé de France, ce qu’il fit avec dignité. Il prononça aussi l’oraison funèbre de l’archevêque de Reims. En 1648, sur le refus de l’évêque de Gap, qu’il devait remplacer dans ce siège, il devint archevêque d’Embrun. Cette même année, il se qualifiait abbé de Saint-Jean-de-Laon et de Saint-Loup de Troyes, prévôt de La Fonteraie et prieur de la Ville-Dieu. Il fut ambassadeur à Venise, puis ambassadeur extraordinaire en Espagne. Nommé enfin évêque de Metz en 1668, il mourut dans cette ville a l’âge de quatre-vingt-cinq ans.

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de Mardick le 24 août 1646. On dit qu’il avait demandé à un astrologue judiciaire ce qu’il deviendrait, et que celui-ci avait répondu qu’il serait tué dans sa première campagne, ce qui arriva ; 5° François, qui suit ; 6° Elisabeth, abbesse de La Règle à Limoges, morte le 12 mars 1704 (1) ; 7°, 8°, 9°, 10° Marie, Thérèse, Claudine-Elisabeth et Anne, religieuses. Une d’elles fut religieuse chez les Grandes-Claires, à Limoges ; une autre fut abbesse de Real-Lieu en 1682. Claudine-Elisabeth fut nommée, en 1676, à l’abbaye de Long-Champs, diocèse de Paris, par le roi, qui voulait priver les religieuses urbanistes du droit d’élire, mais qui ne suivit pas son dessein.

XXIV. – François d’Aubusson, vicomte du dit lieu, duc de La Feuillade, par le don que lui fit de cette terre son frère aîné l’archevêque d’Embrun [duc de Roannais en Forès par acquisition (2)] ; marquis de Boisy, lieutenant-général des camps et armées du roi, pair et maréchal de France, colonel des gardes françaises, chevalier des ordres du roi, gouverneur de la province de Dauphiné, naquit a Courpalay, diocèse de Sens, le 21 août 1631. Dès 1650, à la bataille de Réthel, où il se trouvait comme capitaine de cavalerie, et où il reçut trois grandes blessures, il donna des preuves de courage.

[ll acquit du roi, par échange, la vicomté d’Aubusson, qui avait été vendue anciennement (on ne fixe pas l’époque) aux vicomtes de Limoges, et pour laquelle il céda au roi la seigneurie de Saint-Cyr, près Verssailles (3)].

Devenu maréchal de camp, et faisant travailler sur la contrescarpe du fort Saint-Philippe à Gravelines, il fut blessé d’un coup de mousquet au talon le 11 juin 1644 ; il se signala au siège de Mardick en 1646 ; il se conduisit au siège de Lens (1647) avec sa valeur ordinaire. Etant maître de camp de cavalerie, il servit au siège de Mouzon, où il fut blessé à la tête le 28 septembre 1653.

La même année, il fit amitié avec le comte de Bussi-Rabutin ; il servait alors Hesdin comme maître de camp d’un régiment d’infanterie qui fut envoyé à Sainte-Menehould. Son régiment poussa vivement les ennemis au siège d’Arras, où il força des premiers les retranchements (1654).

Il servait au siège de Landrecies, en 1655, lorsque, le 4 ou le 14 juillet, voulant passer, pendant l’obscurité de la nuit, de Saint-Quentin à l’armée, il trouva un parti des ennemis par lequel il fut blessé àa la tête. Les chirurgiens qui lui mirent alors le premier appareil pour le trépaner lui dirent que le coup était dangereux, et qu’on voyait sa cervelle. « Ah !

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1. C’est sous son administration que fut reconstruit le monastère qui sert aujourd’hui au grand séminaire de Limoges, et près duquel les deux ailes qu’on a dû ajouter sont mesquines. On voit sur cet édifice les armes des d’Aubusson, avec la crosse posée en pal derrière l’écu, et au bas d’une des piles du cloitre on lit :
D. ABBATISSA ELISAB
D’AUBUSSON de LA
FEUILLADE
2. Le père Anselrne nous apprend que le roi approuva cette vente, et de nouveau érigea cette terre en duché-pairie par ses lettres datées d’avril 1667. Alors parlant de La Feuillade, le même auteur la qualifie simplement de comté.
3. Ce fut en 1686 que François d’Aubusson échangea la terre de Saint-Cyr contre la châtellenie royale de Felletin et autres terres de la Marche. Ces terres avaient été vendues au duc de Bourbon, comte de la Marche, en 1365.

DU LIMOUSIN 63

parbleu, dit-il, messieurs, prenez-en un peu, et l’envoyez dans un linge au cardinal Mazarin, qui me dit cent fois le jour que je n’en ai point. »

Le 13 du même mois, son régiment, qui était de garde, n’eut pas plus tôt favorisé l’attaque des mineurs que les assiégés de Landrecies demandèrent à capituler. Au siége de Valenciennes, un cavalier qui ne le connaissait pas lui tira, le 8 juillet 1656, un coup de mousqueton sans le blesser.

François d’Aubusson fut disgracié pour avoir dit quelque chose mal à propos du mariage du roi célébré en juin 1660. Il était superbement vêtu et monté, le 26 août suivant, à l’entrée du roi et de la reine à Paris.

En 1662, au mois d’octobre, il alla rejoindre sur la frontière les troupes commandées pour l’Italie. Comme maréchal de camp, il conduisit, en 1664, du secours que le roi de France envoya à l’empereur contre les Turcs. On lui doit la gloire de la fameuse victoire de Raab en Hongrie. Sa valeur et conduite lui méritèrent les louanges du roi lorsqu’il vint lui faire le récit de cette glorieuse action. Il fit en effet l’office de brave soldat et de grand capitaine, et son exemple fit tant d’impression sur les Français qu’avec un petit nombre ils arrêtèrent la fureur de leurs ennemis. Passant comme un foudre au milieu des escadrons de ces infidèles, il acheva par un sanglant carnage leur défaite : il demeura des leurs plus de cinq mille morts sur la place ; il prit cinq pièces de canon, tous les étendards et toutes les timbales, qu’il emmena en France.

Il écrivit une lettre où est la relation de cette bataille, et qui était conservée dans la bibliothèque de M. le chancelier d’Aguesseau.

Un écrivain dit pourtant que La Feuillade, à force de parler haut, se donna en entier cette victoire, et que le comte de Coligni méritait au moins d’en avoir pour sa part la moitié. A la suite de cette action, le roi nomma François d’Aubusson lieutenant-général de ses armées, et lui accorda, en août 1666, de nouvelles lettres qui érigeaient sa terre de Roannes en duché, lettres qui furent enregistrées au parlement le 30 du même mois.

Le roi, ayant considéré qu’il était nécessaire, pour les éditions du recueil de ses ordonnances, de commettre quelque personne d’autorité et de considération à la fidélité et à l’intelligence de laquelle Sa Majesté pût prendre une entière confiance, chargea le comte de La Feuillade d’en prendre soin, et celui-ci y fit travailler, comme le dit le privilège, pour l’impression de l’ordonnance de 1667.

La guerre s’étant renouvelée, cette même année, contre l’Espagne, il se trouva aux sièges de Berghes, de Founes et de Courtray.

Après la paix d’Aix-la-Chapelle, une véritable grandeur d’âme fit paraître son zèle pour la religion. Dès que le roi lui eut permis d’aller secourir Candie, assiégée par les Turcs, ce jeune seigneur, d’une bravoure qui allait jusqu’à la témérité, se fit chef de l’expédition avec le comte de Saint-Paul, jeune seigneur de la maison de Longueville. La Feuillade se rendit à Toulon avec deux cents gentilshommes, la plupart cadets, qui étaient l’élite de la noblesse française, quatre cents soldats qu’il entretenait à ses propres frais, et quelques autres dont on peut voir le détail dans Nani ; ce qui faisait en tout huit cents hommes. Ce secours, dont il était chef, arriva à Candie le 29 mai ou le 3 novembre 1668. Les Turcs en voulaient bien plus à ces nouveaux venus qu’à tout le reste. Ils jetaient dans leur quartier une quantité prodigieuse de bombes, de grenades, de pots empoisonnés et d’autres feux


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d’artifice. Avec cela le duc de La Feuillade ne laissait pas de s’exposer comme le moindre soldat, et de chercher les occasions périlleuses avec plus de courage que de prudence. C’était bien plus par l’exemple que par ses discours qu’il animait ses gens. Les volontaires français n’avaient point passé à Candie pour se renfermer dans une ville. Voulant seulement donner des marques de leur valeur, et se retirer ensuite, ils demandèrent tous de faire une sortie générale. Les officiers généraux y consentirent, excepté quelques-uns que M. de La Feuillade ramena dans son opinion par l’espoir de la gloire. Il y en eut de si impatients qu’ils sortirent avant d’avoir reçu l’ordre. Le chevalier de Tresmes eu fut un : il donna seul dans les travaux des assiégeants, et retourna dans la place avec son épée ensanglantée. M. de La Feuillade, quoique irrité d’une telle imprudence, se contenta néanmoins de lui en faire une courte réprimande, et de lui dire qu’il aimait autant voir un boucher. Cela ne fit point impression sur les autres : rien ne put modérer l’ardeur de ces esprits bouillants : les généraux furent contraints de leur lâcher la bride. Ils sortirent en effet le lendemain 16 décembre. Le grand visir, en ayant été averti, avait fait dresser une batterie qui donnait du côté où ils étaient postés. Il y fit jeter quantité de bombes et de grenades, ce qui obligea M. de La Feuillade à donner le signal de l’attaque plus tôt qu’il n’aurait fait. Les chrétiens et les infidèles furent mêlés et confondus en un moment, et l’on vit la terre, couverte de morts de l’un et l’autre parti. M. de La Feuillade, s’apercevant que le peu de Français qui restaient serait enfin accablé par la multitude des ennemis, que soutenaient de nouvelles troupes, fit battre la retraite ; mais les brigades étaient tellement animées au combat qu’on ne pouvait plus les en faire revenir. Les aides-de-camp qui portaient les ordres n’étaient même pas écoutés. La Feuillade fut oblige de courir de tous côtés pour ordonner aux Français de faire volte-face, et il s’emporta contre le P. Paul, capucin, qui, par un zèle indiscret, un crucifix à la main, les avait engagés trop avant dans la mêlée. Pourtant ils rentrèrent en très bon ordre dans la ville. D’Aubusson se signala dans cette guerre avec beaucoup d’éclat, et fit tout ce qu’on pouvait espérer des plus grands capitaines de son siècle ; mais il ne lui resta que deux cent trente des hommes qu’il avait amenés, et il les ramena en France. Le courage de la noblesse française retarda un temps considérable la perte de cette importante place. On lit avec plaisir dans l’histoire de François Morosini, doge de Venise, par Antoine Arrighius, en 1749, ce qu’il raconte de la valeur de ces six cents Français commandés par le duc de La Feuillade au siège de Candie.

Le roi le pourvut, en janvier 1672, de la charge de colonel de ses gardes-françaises. Il se signala, la même année, dans la guerre contre la Hollande et contre l’Espagne ; il se trouva aux sièges d’Orsoi, de Rhimberg et de oesbourg.

En 1674, il suivit le roi à la conquête de la Franche-Comté. Le 6 mars, il ouvrit la tranchée de Besançon avec deux bataillons des gardes-françaises qu’il commandait ; il attaqua le fort de Saint-Etienne par un chemin presque impraticable, et l’emporta l’épée à la main. Il se signala et donna des preuves de sa valeur au siège de Dôle en mai et juin : ce fut lui qui monta presque toutes les tranchées. Le 22 juin, il prit Salins après huit jours de tranchée ouverte, et, dans les campagnes suivantes, il fit des actions d’une


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valeur extraordinaire, si bien qu’il acheva d’assurer la conquête de cette province.

Le roi l’envoya, en 1675, avec seize escadrons, dix bataillons et quatre pièces de canon, ruiner tout le pays aux environs de Louvain, de Malines et de Bruxelles ; il se saisit de Saint-Tron, petite ville du pays de Liège, où le prince d’Orange avait mis garnison. Ces éminents services furent récompensés par la dignité de maréchal de France, que Louis XIV lui conféra par lettres du 30 juillet suivant, et il est le premier auquel ce prince ait accordé de porter le bâton toute l’année. Un écrivain prétend qu’il fut moins redevable de cette dignité au mérite d’une naissance illustre, d’une bravoure tout extraordinaire et de beaucoup d’esprit, qu’à ses flatteries pour le roi qui allèrent jusqu’a l’extravagance.

La Feuillade eut commission au mois de mars 1676 pour commander l’armée de Flandre en qualité de lieutenant–général en l’absence du duc d’Orléans. Il partit de Versailles avec le roi le 16 avril, et se trouva au siège de Condé. Comme colonel du régiment des gardes, il devait faire combattre l’infanterie dans la bataille que Sa Majesté voulait donner au prince d’Orange. Celui-ci s’était retranché dans son camp, et le roi mit en délibération dans le conseil de guerre s’il devait l’aller forcer dans ses retranchements. Le maréchal de Lorges en détourna Sa Majesté ; le maréchal de La Feuillade, plus complaisant et plus vif, fut d’avis de combattre ; mais son avis fut refusé avec une extrême prudence par le maréchal de Schomberg.

Le père Bouhours lui dédia, la même année, son histoire de Pierre d’Aubusson, grand-maître de Rhodes, où il lui dit :

« Vous ressemblez par tant d’endroits au grand homme dont j’écris l’histoire que je ne puis me dispenser de vous présenter mon ouvrage. Outre le nom et le sang que vous avez de luy, les principales actions de vostre vie ont tant de rapport avec les siennes que, en les regardant de près les unes et les autres, et les comparant ensemble, j’y trouve le mesme caractère, et presque les mesmes circonstances.

» On ne peut lire ce que fit mon heros dans la Hongrie pour défendre les interests de l’empire et de l’Eglise contre les forces ottomannes, sans se souvenir de ce que vous y avez fait pour la mesme cause ; et je vous avoûë que je n’ay pû considérer Pierre d’Aubusson en la fleur de son âge, tout couvert du sang des barbares, sans vous voir au mesme temps sur les bords du Raab tailler en pieces l’armée infidelle, et remporter une victoire memorable, aussi avantageuse pour l’Allemagne que glorieuse pour la France.

» Le siege de Rhodes, qui fait le plus bel endroit de l’histoire du grand-maistre, a rappelé en ma memoire le siege de Candie où vous allastes chercher la guerre, lors que toute l’Europe jouïssoit d’une paix profonde. C’est là que, à la teste de la noblesse françoise, qui se soumit à vostre commandement par une déférence volontaire, vous fistes ces deux fameuses sorties qui cousterent si cher aux Turcs, qui rétablirent les affaires des Vénitiens, et retarderent de huit mois la perte du rempart de la chrétienté.

» Mais ce n’est pas seulement en ce qui regarde l’ennemi commun des chrétiens que vos avantures ressemblent à celles du grand d’Aubusson. Vous avez signalé l’un et l’autre vostre valeur contre les ennemis de la


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France dès vos premières années ; avec cette différence néanmoins que vous avez trouvé de plus belles occasions que luy de servir vostre prince et vostre patrie.

» Car, pour passer sous silence tant de perils tant de blessûres, tant d’actions particulieres de vos premieres campagnes ; pour ne rien dire des sieges de Bergh, de Courtray, de Dixmude, où vous eustes tant de part ; sans remarquer ni les rapides conquestes de la Hollande, ni les prises de Dole et de Salins, où vous vous êtes si fort distingué : que ne fistes-vous point à Besançon ? La seule action du fort Saint–Estienne attaqué en plein jour par un chemin inacessible, et emporté en peu d’heures malgré tout le feu des ennemis, n’égale-t-elle pas les plus merveilleux évenements des temps héroiques ?

» Je ne m’étonne pas après cela que ce sage prince, qui se connoist mieux que personne en veritable merite ; vous ait honoré du baston de maréchal de France. Comme vous avez toûjours cherché à luy plaire, et et que vous avez esté assez heureux pour attirer sa bienveillance, de mesme que mon heros gagna celle de Charles VII et de Louis XI, il a voulu faire voir à tout le monde que vostre zele luy estoit agréable, et que la dignité dont il a comblé toutes les graces qu’il vous a faites estoit tout ensemble un effet de sa bonté et de sa justice.

» Mais les vertus guerrieres ne sont pas les seules qualitez qui vous rendent semblable à l’illustre Pierre d’Aubusson. Cette conduite délicate et honneste que vous avez sceû accorder avec une fierté généreuse ; cet esprit si éclairé et si agréable, qui vous sert si bien dans les rencontres ; cet air noble qui paroist jusques dans vos moindres actions, sont d’autres traits que je pourrois ajouster à la peinture que j’ay commencée. Mais cela me porteroit trop loin, et seroit peut-estre assez inutile : pour peu qu’on y fasse de reflexion, on n’aura pas de peine à vous reconnoistre dans le grand-maistre de Rhodes. »

En 1677, le jvûr du Vendredi-Saint, devant commander l’assaut de la citadelle de Cambrai, il alla reconnaître la brêche dès la pointe du jour ; et, comme il ne la trouva pas assez grande, on dressa une nouvelle batterie, qui en peu d’heures l’élargit de quarante pieds, et les assiégés battirent la chamade (1). Il avait servi au siège de Valenciennes, le 12 mars, avec toute la satisfaction que Sa Majesté pouvait désirer.

Au mois de mars 1675, il reçut les ordres du roi pour faire sortir les troupes françaises de Messine, et pour évacuer les pl