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du sol fut défrichée et ils y élevèrent d’humbles cellules auteur d’un oratoire, dans le voisinage d’une source qui coule encore aujourd’hui. Plus tard, ce premier établissement, ayant justifié par sa prospérité le nom prophétique de claire vallée, Clairvaux, donné par saint Bernard à cette gorge, appelée antérieurement vallée d’absinthe, vit ses habitants, trop à l’étroit, transférer leur demeure à l’entrée du vallon.

C’est à côté de ces secondes constructions, qu’au xvie siècle on en éleva de riches et étendues, comprenant église, chapitre, bibliothèque et autres édifices dont la majeure partie se voit encore aujourd’hui[1].

La grande renommée de saint Bernard attira a Clairvaux, comme précédemment à Cîteaux, de nombreux novices. En 1118, Clairvaux donnait déjà le jour à deux nouveaux essaims, qui fondèrent les monastères de Trois-Fontaines et de Fontenay. Sept ans après, arrivait du fond du Dauphiné le jeune Amédée, fils du seigneur d’Hauterive, dont saint Bernard devait faire un des premiers abbés d’Hautecombe.

Au commencement de l’année suivante (1119), saint Étienne, le vénérable abbé de Cîteaux, convoqua tous les abbés de sa filiation, alors au nombre de douze, pour fixer définitivement les statuts du nouvel Ordre. Cette assemblée mémorable, connue sous le nom de Premier Chapitre général de Cîteaux, donna une forme définitive aux constitutions, en rédigeant la grande Charte de charité et arrêta les usages des monastères cisterciens, qui furent ainsi transmis à la postérité[2].

Malgré les agrandissements successifs des bâtiments, qui

  1. Voir, aux Notes additionnelles, le n° 3.
  2. Ce recueil porte le litre de Livre des us.