Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/26

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II


Eh bien, Madame Bavoil, vous n’êtes pas étonnée de vous trouver assise, ici, à deux pas d’un cloître, avec moi ?

— Mais, notre ami, pourquoi serais-je étonnée ? Il y a longtemps que le lot des surprises ne se tire plus pour moi. Quand le cher abbé Gévresin est mort, j’ai dit à Dieu : faut-il demeurer à Chartres, retourner à Paris ou aller rejoindre le brave Durtal qui m’offre un gîte ? Que vous en semble ? Puisque vous vous êtes constitué l’intendant des biens de ma pauvre âme, régissez-les à votre guise et dirigez-moi sur ma nouvelle route, sans trop d’à-coups. Cependant, si c’était un effet de votre bonté, mon diligent seigneur, je voudrais bien ne pas me dépiter en de longues attentes ; agissez donc, s’il vous plaît, vite.

— Et vous voilà.

— Dame, sauf erreur, c’est la réponse que j’ai cru entendre ; mais ce n’est point tout cela. Si je suis, ici, auprès de vous, au Val des Saints, c’est pour m’occuper de votre ménage et vous servir ; causons donc un peu