Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/32

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du lieu, figure une impérieuse baderne, plus ou moins blasonnée, qui aime à chanter les morceaux d’opéras ajustés par les scélérats de la piété, au culte ; à diverses reprises, ce baron des atours a tenté d’obtenir, au moment du mois de Marie, la permission de roucouler ses falibourdes dans l’église ; les moines l’ont, naturellement, rabroué, la musique des sous-Gounod et des sous-Massenet n’étant pas encore, dieu merci, admise dans les cloîtres. Alors, ses amis ont pris fait et cause pour lui et ils ne pardonneront jamais à l’abbaye d’avoir empêché ladite baderne de souiller avec le filet saumâtre de sa voix les murs du sanctuaire ; second grief ; et celui-là n’est pas le moindre !

— Eh bien, ils sont de jolis cocos, vos nobles !

— Ce sont des coulis d’imbécillité, des sublimés de sottise ; nous sommes en province, Madame Bavoil.

— Et les paysans sont-ils aussi mal disposés pour le couvent ?

— Ils vivent de lui ; ils en reçoivent des bienfaits et par conséquent ils le haïssent.

— Mais c’est un pays de brigands dans lequel vous m’avez amenée !

— Non, répondit, en riant, Durtal ; il n’y a pas de brigands au Val des Saints, mais des parangons de vanité et des modèles de bêtise ; après tout, c’est peut-être pis ; mais vous n’avez qu’à m’imiter, à refuser absolument de les connaître et vous aurez la paix.

— Qu’est-ce qui sonne là ? Interrogea Mme Bavoil qui écoutait le tintement prolongé d’une cloche.

— Ce sont les premier coups des vêpres. Il doit être