Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/40

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sandales et s’affubla de la défroque d’un pauvre ; ce après quoi, il franchit sans difficultés la pente du Calvaire et replaça la croix au lieu même où Khosroës l’avait prise.

Cela n’empêche que ce brave Héraclius a mal fini, conclut Durtal, car il a propagé l’hérésie des monothélites, c’est-à-dire de ceux qui, tout en reconnaissant la nature divine et la nature humaine de Jésus, n’attribuaient à ces deux natures distinctes qu’une seule opération… qu’une seule volonté… et il est mort, laissant des successeurs demeurés célèbres par leurs dévergondages et par leurs crimes.

Et en voilà assez ; revenons à notre office. Il lui fut facile cette fois de se récupérer ; le chœur chantait l’hymne de Fortunat, le « Vexilla Regis » et l’envolée superbe de cette séquence, le défilé de ces strophes charriant d’impétueux trophées, le saisissaient aux moelles. Il écoutait, extasié, ces cris de triomphe : « l’étendard du Souverain s’avance, voici que resplendit le mystère de la croix » et ces apostrophes débellatoires, ces clameurs d’allégresse :« arbre éblouissant que rougit le sang d’un dieu » « balance aux bras de laquelle se suspend la rançon du monde, salut, ô croix, unique espoir ! »

Et ce fut la longue antienne du Magnificat, répétant les acclamations et les louanges du poète : « ô croix, plus radieuse que les astres, doux bois, doux clous, soutenant un poids plus doux encore… » et le magnificat, entonné sur le ton solennel, et le salve regina rappelant la créature à la réalité du péché, implorant, après les hourras liturgiques, sa grâce…

— Savez-vous qu’ils sont très attrayants vos offices,