Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/47

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— C’est du pain fendu, c’est tout ce que je désirais savoir.

— Peut-être bien, opina Mme Vergognat.

— Ah ça, s’écria Mme Bavoil, lorsqu’elle fut partie, est-ce qu’elles sont toutes ainsi, au Val des Saints ?

— Non, les autres sont pis ; celle-là est la mieux ; vous voyez par cet exemple s’il est facile d’extirper un non ou un oui à ce monde-là !

— Eh vrai, notre ami, le confesseur doit avoir de l’agrément avec ce genre de paroissiennes ; ce qu’elles doivent ruser avec lui et tourner autour du pot !

— Elles ne tournent autour de rien du tout, attendu qu’elles ne se confessent point.

— Comment, dans un pays monastique, les habitants ne pratiquent pas !

— Je suis un bon républicain, c’est pourquoi je ne vais pas à la messe, est une phrase que vous entendrez souvent prononcer ici ; quant aux mœurs des paysans, elles sont tellement ignobles que mieux vaut n’en point parler. Ils ont été pourris par les placiers en politique des villes, jusqu’aux os !

— Seigneur ! s’exclama Mme Bavoil en joignant les mains, où sommes-nous ? Me voilà maintenant obligée de vivre au milieu des compagnons de malheur de l’Enfant prodigue, car si ce que raconte notre ami est exact, ce n’est pas autre chose que ces gens-là !