Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/69

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propreté partout ; il a obligé les novices au travail manuel, indispensable pour la santé et prescrit par le patriarche, alors qu’avant lui, ce travail se bornait à leur faire cirer les chaussures des pères, le samedi. Il a enfin plié tous ses élèves à une discipline excellente et pour le corps et pour l’âme !

— C’est un adjudant de caserne, ronchonna M. Lampre.

— Eh ! ils sont nécessaires. Moi, je deviens vieux et si je vaux encore pour les conférences, pour les directions, pour la partie spirituelle, je suis absolument incapable de m’occuper de la partie pratique. Ce serait le laisser-aller, la malpropreté, le désordre si je n’étais secondé par ce zélateur qui peut être scrupuleux et étroit, mais qui n’en est pas moins, au demeurant, un très saint moine.

— Enfin, dit, en riant, Durtal, ils seraient trop heureux vos élèves s’ils ne l’avaient pas pour les morigéner ; le cloître serait un éden, alors !

La cloche sonna. Voici le premier coup des vêpres, adieu, fit Dom Felletin qui se retira.

Après l’office, une fois sortis de l’église, M. Lampre accompagna Durtal, un bout de chemin, et reprit la conversation, là où l’avait arrêtée le père.

— Croyez-moi, dit-il, Dom Felletin aura, à son tour, de gros ennuis s’il persévère à vouloir conserver ce zélateur. Je le connais à fond, moi, son Emonot ; c’est un religieux modèle, c’est un saint homme j’y consens. Je sais de lui des détails que vous qualifierez d’admirables. Il n’hésite pas à se mettre les membres en sang pour détourner la tentation de ses disciples ; il va prier,