Page:Klaproth - Tableaux historiques de l'Asie, 1826.djvu/271

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Un des princes cha tho rendit, vers 869, de grands services à la Chine; ils lui valurent de nouvelles dignités et surtout le nom de famille Li (qui était celui des empereurs de la dynastie des Thang) et le surnom de Koue tchhang ( splendeur de l’empire ). Cependant lui et son fils Li khe youngencoururent plus tard la disgrâce du monarque chinois ; ils furent battus et obligés de se sauver chez les Tatar, branche de la nation mongole, alors fixée sur le versant méridional de la chaîne des monts Inchan. Ce ne fut que quand l’empereur de la Chine se vit à deux doigts de sa perte, qu’il accepta les offres réitérées de leurs services, et leur pardonna. Li koue tchhang dépêcha alors son fils à la tête des Turcs Cha tho et Hoei hue pour secourir ce prince contre le rebelle Houang tchhao, et apaiser la révolte, comme nous l’avons vu plus haut. Il paraît donc que le roi de Taghazghaz, mentionné par l’auteur arabe, est Li koue tchhang, et que son fils, qu’il envoya à la tête de ses troupes pour sauver l’empire, n’est autre que Li khe young, que nous avons vu aux prises avec les rebelles. — Quant à la ville où l’empereur se réfugia quand il s’enfuit de Tchhang ngan, son nom se trouve deux fois dans l’original arabe; il y est écrit j-x* Madhou. L’abbé Renaudot l’a mal lu par Hamdou. C’est sans doute Tchhing tou capitale du pays de Chou, où ce prince se retira effectivement AnarcLiegénérale. L’empire n’avait point encore été dans une si grande agitation depuis que la dynastie de Thang subsistait. Les gouverneurs, affectant l’indépendance, vidaient leurs différents par la voie des armes, sans respecter les ordres de l’empereur ; plusieurs même cherchèrent à profiter de ces troubles pour s’élever jusqu’au trône ( 1 ). La ville impériale de Tchhang ngan, et surtout le palais, avaient été tellement endommagés par les soldats de Houang tchhao, que la cour ne pouvait plus les habiter : l’empereur, après les avoir fait un peu réparer, arriva de

[\),Abou zéid, le voyageur arabe que j’ui déjà cité, dit de ces troubles : « La Chine se «trouva alors dans un état presque semblable à celui de l’empire d’Alexandre, après la défaite «etla mort de Darius, lorsqu’il distribua les pays conquis sur les Perses à différents princes , » qui établirent autant de royaumes ; car chacun des princes de la Chine commença à se joindre «avec quelque autre, pour faire la guerre a quelqu’un d’entre enz, sans la permission de i’em«pereur ; et lorsque le plus fort avait défait le plus faible, et s’était rendu maître de la province «que l’autre gouvernait, il la ravageait entièrement, en emportait tout ce qui s’y trouvait, et » mangeait tous les sujets de son ennemi. Cette- cruauté leur est permise, selon les lois de leur

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