Page:Savinien Cyrano de Bergerac - La mort d'Agrippine - 1654.djvu/26

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Du bras qu’à ton malheur ce ſang fera lever ;
Oſe donc, ou permets, quand on joindra noſtre âme,
Que ie ſois ton mary, ſi tu n’es que ma femme.


Seianus

Du precipice affreux preſt à nous engloutir,
Agrippine & ſon rang nous peuvent garantir ;
Prodiguons ſa puiſſance à terracer Tybere ;
Quand elle aura ſans nous deſtruit noſtre Adverſaire,
Nous trouverons par elle un trhône dans le port,
Et ſerons en eſtat de ſonger à ſa mort.


Livilla

Tu m’en donnes parole, hé bien ie ſuis contente,
L’eſpoir que i’en auray, flattera mon attente,
À Iupiter vengeur ie vais offrir des vœux ;
Si pourtant d’un tel coup i’oſe parler aux Dieux :
Car le crime eſt bien grand de maſſacrer Tybere.


Seianus

Tybere ce Tyran qui fit mourir ton Pere.


Livilla

Ha ! le traiſtre en mourra, fais, fais moy ſouvenir
Quand d’iniuſtes remords viendront m’entretenir,
Afin de s’oppoſer au meurtre de Tybere,