Page:Savinien Cyrano de Bergerac - La mort d'Agrippine - 1654.djvu/43

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agrippine.

Et par un ſi grand coup ne redoutant plus rien,
Elle voudra du ſang, & peut-eſtre le tien :
Peut-eſtre qu’en ton lict aux bras de l’Hymenée,
Le fer de ſon Eſpoux attend ta deſtinée,
Que ſa douleur ſecrette eſpere, en te tuant,
Vanger ſon mary mort ſur ſon mary vivant,
Et qu’à ce cher Eſpoux qui regle ſa colere,
Elle veut immoler le vainqueur de Tibere :
Donc pour ſauver ta teſte abandonne la Cour,
Tu connois la Fortune & ſon funeſte amour.


Seianus

Mettre les voilles bas n’ayant point perdu l’Ourſe,
Ie ſuis trop esbranlé pour retenir ma courſe,
Ie veux monter au Thrône, ou m’en voir accabler :
Car ie ne puis ſi tard commencer à trembler.


Terentius

Superbe, ta naiſſance y met un tel obſtacle,
Que pour monter au Thrône il te faut un miracle.


Seianus

Mon ſang n’eſt point Royal, mais l’heritier d’un Roy
Porte-t’il un viſage autrement fait que moy ?
Encor qu’un toict de chaume eût couvert ma naiſſance,
Et qu’un Palais de marbre eût logé ſon enfance,