Page:Villiers de L'Isle-Adam - Contes cruels.djvu/24

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définitif à l’objet d’une joie coupable et immodeste.

En réalité, c’était seulement le crime de ce jeune homme qu’elle repoussait, — et ce crime était de n’être pas « sérieux ».

Mais au moment où l’auguste pardon descendait sur elle, un sourire céleste illumina ses traits innocents : le prêtre pensa qu’elle se sentait sauvée et que d’obscures visions séraphiques transparaissaient pour elle sur les mortelles ténèbres de la dernière heure. — Olympe, en effet, venait de voir, vaguement, les pièces du métal sacré reluire entre les doigts transfigurés de Maxime. Ce fut, seulement, alors, qu’elle sentit les effets salutaires des miséricordes suprêmes ! Un voile se déchira. C’était le miracle ! Par ce signe évident, elle se voyait pardonnée d’en haut, et rachetée.

Éblouie, la conscience apaisée, elle ferma les paupières comme pour se recueillir avant d’ouvrir ses ailes vers les bleus infinis. Puis ses lèvres s’entr’ouvrirent et son dernier souffle s’exhala, comme le parfum d’un lis, en murmurant ces paroles d’espérance : — « Il a éclairé ! »