Page:Villiers de L'Isle-Adam - Tribulat Bonhomet, 1908.djvu/144

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l’odeur saine de la mer nous imprégnait les poumons.

— Nous voici au théâtre : on donne, ce soir, La Mer, grand opéra, musique de Dieu, murmura Mme Lenoir.

— Le fait est, répliquai-je en souriant, que, si j’ose m’exprimer ainsi, la houle va faire une basse « divine » à l’harmonie de nos pensées.

Je m’engouffrai dans le canapé : Mme Lenoir s’appuya contre le balcon, à demi tournée vers la vague ; le docteur s’installa dans un fauteuil, en face de moi, plongeant des yeux singulièrement clairs et brillants au plus profond des miens, avec une fixité presque gênante.

— Mon ami, lui dis-je, mon seul, mon vieux compagnon d’armes, j’ai besoin, tout d’abord, du secours de vos lumières sur un point de physiologie qui m’intrigue.